// analyse
L’argent d’Epstein, 3/4 : client, courtier ou investisseur ?
Garanties de lectureDatée, sourcée, sans tracker
Niveaux de preuveProfondeur 3 : source liée · 4 niveaux détectés
Sommaire et notions16 étapes · 2 notions
Analyse complète
Le 29 décembre 2004, Financial Trust Company reçoit 15 millions de dollars pour des « conseils en fusion-acquisition » liés à la vente de Highbridge à JPMorgan. Dix ans plus tard, deux structures liées à Jeffrey Epstein détiennent 58,4 millions de dollars chez Highbridge. Quelques mois après, elles en retirent 59,45 millions. Trois chiffres, trois opérations, et un piège : les additionner comme si elles mesuraient la même chose.
Le premier montant est un revenu. Le deuxième est un encours à une date donnée. Le troisième est un produit de rachat brut. Une partie du capital avait été versée avant les honoraires de 2004 ; des retraits et transferts intermédiaires restent inconnus. Les 15, 58,4 et 59,45 millions ne forment donc ni une fortune de 132,8 millions, ni un rendement calculable.
Cette confusion traverse toute la fortune d’Epstein. Dans les documents, il apparaît tour à tour comme conseiller payé, apporteur d’affaires potentiel, client de fonds, actionnaire coté et membre de sociétés privées. À proximité d’Apollo, il détient des actions de la société cotée, mais aucune participation identifiée dans un fonds géré par Apollo. Il investit dans deux LLC constituées par des dirigeants du groupe, mais juridiquement distinctes. Chez Valar, 40 millions de dollars désignent d’abord des engagements ; leur valeur estimée atteint 90,44 millions fin 2018, puis environ 172 millions selon un témoignage de 2026. Ce ne sont pas trois couches de richesse à additionner, mais trois états successifs des mêmes participations.
Après avoir examiné l’origine documentaire de la fortune puis ce que les banques voyaient, ce troisième volet suit le capital lui-même. Il repose sur un grand livre dédupliqué : chaque ligne porte une date, une entité, une nature économique, un périmètre et une source. Les brouillons non signés sont exclus des revenus. Les valeurs du fonds entier ne remplacent jamais le compte de son investisseur. Les estimations non réalisées restent des estimations.
Quatre livres, aucune grande addition
Un chiffre financier n’a de sens qu’avec son unité comptable. Nous avons séparé quatre livres :
- les revenus : honoraires et commissions encaissés ;
- le capital : souscriptions, appels de fonds et achats de titres ;
- la propriété : nombre d’actions, pourcentage et véhicule juridique ;
- la valeur ou la liquidité : compte de capital, cours de marché, distribution ou rachat.
Le même actif peut passer d’un livre à l’autre avec le temps. Un apport de 10 millions peut devenir une participation évaluée 30 millions, puis un rachat de 35 millions. Additionner 10 + 30 + 35 créerait 75 millions à partir d’un seul investissement. C’est exactement l’erreur que les pièces d’Epstein invitent à commettre : elles mélangent des relevés, des rapports internes, des déclarations fiscales, des courriels et des estimations séparés par des années.
Highbridge : la facture qui existe
Le point de départ le plus solide est une pièce bancaire. Dans Government of the U.S. Virgin Islands v. JPMorgan Chase, dossier 1:22-cv-10904-JSR, la pièce 246 annexée au document 285-88 contient un écran de virement marqué « processed ». Date : 29 décembre 2004. Montant : 15 000 000 dollars. Destination : Bear Stearns, pour le compte de Financial Trust Company. La page suivante est une facture du 28 décembre adressée à Ron Resnick, de Highbridge, pour des conseils en fusion-acquisition. Son identifiant dans le corpus DOJ est EFTA02816421.
Les écritures déposées au tribunal décrivent le payeur comme Dubin & Swieca Holdings et relient les honoraires à l’acquisition de Highbridge par JPMorgan. Une autre pièce précise qu’Epstein n’a pas reçu de commission de JPMorgan elle-même. La formulation rigoureuse est donc : Financial Trust a reçu 15 millions dans le cadre de la transaction Highbridge, non « JPMorgan a payé Epstein 15 millions ».
Ce paiement n’explique pas ce que Financial Trust a concrètement livré. La facture ne détaille ni heures, ni équipe, ni livrable. Elle établit le montant et le motif déclaré, pas la valeur du travail.
Un contrat à 2,25 millions qui reste un brouillon
Après la vente, Highbridge envisage une relation plus durable. Un courriel interne du 15 février 2005, EFTA02811823, propose un arrangement de cinq ans : 100 000 dollars par an directement, plus l’accès de certains placements aux tarifs réservés aux employés. À 7 milliards de dollars d’actifs sous gestion, l’auteur estime la valeur actualisée de la remise tarifaire à environ 8 millions.
Le même courriel affirme qu’Epstein a alors environ 35 millions directement chez Highbridge et entre 200 et 300 millions principalement chez D.B. Zwirn, montant que l’auteur pense constitué pour l’essentiel d’argent de clients. Cette phrase ne permet pas d’identifier les bénéficiaires réels. Elle montre surtout qu’aux yeux de Highbridge, la relation potentielle mêlait capital propre, capital de tiers et accès commercial.
Le projet révisé de convention porte les honoraires directs à 2,25 millions, en cinq versements de 450 000 dollars, du 1er juin 2005 au 31 décembre 2009. Des « Qualified Funds » pourraient investir jusqu’à 0,85 % des actifs de Highbridge Capital Corp aux mêmes conditions tarifaires que les employés.
Mais la copie publique n’est pas signée. Aucun virement correspondant aux cinq échéances n’a été identifié. Les 2,25 millions appartiennent donc au livre des contrats projetés, pas à celui des revenus encaissés. Les inclure transformerait une proposition en argent réel.
Le capital Highbridge précédait les honoraires
Un courriel de Richard Kahn à Epstein du 9 juin 2014 fournit la meilleure passerelle entre les anciens apports et les derniers soldes. Il indique :
- Haze Trust a investi 10 041 666 dollars le 20 avril 1999 et n’avait rien retiré au 9 juin 2014 ;
- Financial Trust a investi 25 044 521 dollars le 11 janvier 2001, puis retiré 25 millions le 28 février 2006 ;
- au 31 mai 2014, Southern Financial détenait 20 472 425 dollars et Haze Trust 37 903 950 dollars, soit 58 376 375 dollars.
Les deux apports documentés sont donc antérieurs à la facture de 2004. Cela contredit toute narration simple selon laquelle les 15 millions auraient créé l’intégralité du portefeuille Highbridge. Il peut y avoir eu réinvestissement d’honoraires, mais les pièces disponibles ne l’isolent pas.
Un relevé séparé au 30 septembre 2006, EFTA01592294, décrit en outre un compte géré « Highbridge - Financial Trust Co. » d’une valeur fonctionnelle de 12,21 millions de dollars. Rien ne permet de le fusionner automatiquement avec les participations de Haze et Southern. Le nom du gestionnaire est le même ; le produit et le périmètre ne le sont pas nécessairement.
Enfin, les avis de rachat donnent une sortie documentée. Au 31 octobre 2014, Haze reçoit 38 485 360 dollars et Southern Financial 20 785 189 dollars. Les paiements finaux de février 2015 ajoutent 113 297 et 62 943 dollars. Total : 59 446 789 dollars bruts.
Ce montant n’est pas un gain. Le retrait de 2006, les éventuels apports supplémentaires, les transferts d’entités, les distributions antérieures et les frais empêchent de calculer un rendement complet.
Valar : les 40 millions ne sont pas une valeur
Chez Valar, le vocabulaire des fonds privés change la signification des chiffres. Southern Trust Company souscrit deux engagements : 15 millions dans Valar Global Fund II, L.P., puis 25 millions dans Valar Global Fund III, L.P. Les 40 millions représentent le capital que Southern s’engage à fournir si le gestionnaire l’appelle. Ils ne disent ni combien a déjà été versé, ni combien la participation vaut.
Les états de comptes de l’associé commanditaire au 30 juin 2018 permettent de séparer ces mesures. Pour Fund II, 14,55 millions ont été versés, 450 000 restent à appeler et le compte de capital vaut 21 000 471 dollars. Pour Fund III, 21 millions ont été versés, 4 millions restent à appeler et le compte vaut 33 345 270 dollars.
À cette date :
- engagements : 40 millions ;
- capital effectivement versé : 35,55 millions ;
- valeur cumulée des deux comptes LP : 54 345 741 dollars.
Ces trois chiffres décrivent les mêmes engagements à trois stades différents. Ils ne totalisent pas 129,9 millions.
Le virement Valar absent du tableau
La reconstitution de Fund III illustre la différence entre une liste d’avocats et un grand livre. EFTA00080250 est un courriel juridique du 13 août 2019 accompagné de tableaux d’opérations sélectionnées. Ses auteurs parlent de transactions qu’ils ont « highlighted » : le tableau n’est pas présenté comme exhaustif.
Les virements Fund III qui y figurent totalisent 22,5 millions, soit 2,5 millions de moins que l’engagement. Le rapport bancaire EFTA01299550 contient le morceau absent : le 4 avril 2017, Southern Trust vire 2,5 millions à Valar Global Fund III, L.P.
Une fois ce virement réintégré, la séquence s’aligne exactement sur les états de compte : 21 millions versés au 30 juin 2018, 2,5 millions supplémentaires en janvier 2019, puis 1,5 million en avril. Total : 25 millions. Ce n’est pas un nouveau flux ajouté au corpus ; c’est un flux manquant qui ferme l’écart.
Fund II demeure légèrement moins précis. Les pièces permettent de suivre 6,3 millions en 2015, puis un sixième appel de 2,25 millions, portant le cumul à 8,55 millions en avril 2016. Les montants individuels des appels n° 7 et 8 ne sont pas présents dans l’OCR examiné ; leur agrégat implicite est de 3,6 millions. Après 1,5 million en février 2017, 600 000 dollars en octobre et 300 000 au premier semestre 2018, l’état LP atteint 14,55 millions. Le grand livre conserve l’agrégat au lieu d’inventer deux montants.
De 54 à 90 puis 172 millions
Trois mois après l’état de juin, les valeurs communiquées sont presque inchangées : 21 166 482 dollars pour Fund II et 33 165 591 pour Fund III, soit 54 332 073 dollars au 30 septembre 2018.
Puis la marche devient spectaculaire. Des courriels de février 2019, dont EFTA01029015, transmettent des estimations non auditées au 31 décembre 2018 : 40,75 millions pour Fund II et 49,69 millions pour Fund III. Total : 90,44 millions.
Le gestionnaire avait déjà communiqué des performances brutes élevées : 3,7 fois le capital et 44,6 % de taux de rendement interne pour Fund II ; 2,6 fois et 63,6 % pour Fund III. Ces indicateurs ne sont pas des distributions encaissées. Ils dépendent des valorisations des participations sous-jacentes et de la définition brute retenue.
Une divergence reste ouverte. L’état LP de juin porte 14,55 millions de capital versé dans Fund II, alors que des rapports internes ultérieurs retiennent un coût de 14,25 millions. La différence de 300 000 dollars peut refléter une convention comptable ou un retard de mise à jour ; aucune pièce identifiée ne permet de choisir. Les deux bases sont donc publiées comme telles.
Le dernier chiffre vient d’un témoignage, non d’un relevé. Lors de sa déposition du 19 mars 2026 publiée par la commission de contrôle de la Chambre, le co-exécuteur Darren Indyke évalue grossièrement les deux intérêts Valar à environ 170 millions, puis précise 172 millions. Il ajoute que ces valeurs ne sont pas réellement significatives avant la liquidation des actifs et que la durée des fonds peut être prolongée.
Indyke estime également la comptabilité courante de la succession à un peu plus de 100 millions et explique qu’elle comprend déjà une valeur attribuée à Valar. Les 172 millions ne peuvent donc pas être ajoutés à ces 100 millions. L’ampleur exacte du chevauchement n’est pas publique.
Apollo : actionnaire de la société, pas investisseur des fonds
Le mot « Apollo » recouvre au moins quatre périmètres. Le premier est Apollo Global Management, LLC, l’émetteur coté en Bourse en 2011. Le deuxième regroupe les fonds privés gérés par Apollo. Le troisième comprend des LLC constituées par certains dirigeants pour des occasions que les fonds avaient déclinées. Le quatrième est constitué d’entreprises extérieures où ces dirigeants, Epstein ou Leon Black ont pu investir.
Le rapport Dechert déposé par Apollo auprès de la SEC en janvier 2021 dit n’avoir trouvé aucune preuve qu’Apollo ait retenu Epstein ni qu’Epstein ait investi dans un fonds géré par Apollo. Cette conclusion vient d’une enquête commandée par le comité des conflits d’Apollo ; ce n’est pas un constat de régulateur. Elle est néanmoins cohérente avec les pièces financières examinées.
Financial Trust a bien acheté des actions cotées Apollo dans le programme dirigé de l’introduction. Le prospectus fixe le prix à 19 dollars. Un rapport interne, EFTA00811897, donne 263 157 actions et un coût de 4 999 983 dollars, exactement 263 157 × 19. Au 30 septembre 2018, la ligne vaut 9 092 074 dollars, soit une plus-value latente de 4 092 091 dollars.
Dechert écrit pourtant 263 257 actions. Le relevé bancaire EFTA01510763 permet de trancher provisoirement : le 30 novembre 2012, Financial Trust reçoit 105 262,80 dollars au taux de 0,40 dollar par action. Le quotient est 263 157. Le nombre de Dechert comporte vraisemblablement une coquille de cent titres, soumise à Apollo pour confirmation.
Selon Dechert, les actions ont été transférées à Southern Financial en 2013 et sont restées détenues au moins jusqu’en septembre 2019. Elles représentent une participation dans le gestionnaire coté. Elles ne donnent aucun droit économique direct dans les portefeuilles des fonds Apollo.
AP SHL et AP Technology : les véhicules qui brouillent la carte
Les pièces mentionnent aussi AP SHL Investors LLC et AP Technology Partners LLC. Des projets d’accords réunis dans EFTA00586106 attribuent à Financial Trust 40 % d’AP SHL et 5,834262 % d’AP Technology. John Hannan est présenté comme gérant d’AP SHL ; Andrew Africk, Hannan, Mark Rowan et Michael Weiner comme managers d’AP Technology.
Le rapport Dechert explique que ces véhicules avaient été constitués par des dirigeants d’Apollo pour investir dans des occasions déclinées par les fonds. Le préfixe « AP », la présence de dirigeants et la proximité du dealflow entretiennent l’ambiguïté. Juridiquement et comptablement, ils ne deviennent pas pour autant des fonds Apollo.
Un K-1 2012 d’AP SHL, EFTA00593329, porte un capital final de 40 864 dollars après une perte courante de 13 867 dollars. Ce chiffre fiscal n’est pas nécessairement la juste valeur de la participation. Là encore, la catégorie gouverne le sens.
ESW : le paiement est certain, le contrat final manque
Le cas ESW, appelé ESWW dans plusieurs documents, révèle ce qu’une reconstruction EDGAR peut établir et ce qu’elle laisse ouvert.
Le Schedule 13G déposé par Financial Trust le 20 juillet 2011 déclare 13 350 205 actions, soit 6,1 % du capital. Financial Trust dispose seul des pouvoirs de vote et de disposition. L’inventaire EFTA00299927 recense un convertible à 9 % de 1 million de dollars financé en mars 2010 et plusieurs certificats qui composent ce bloc.
En novembre 2012, des brouillons organisent une vente groupée d’actions ESW et des participations AP SHL et AP Technology. Le brouillon du 2 novembre fixe encore le paquet à 18 millions, avec une allocation indicative entre les trois actifs. Ceux du 26 novembre nomment Black Family Partners, L.P. comme acheteur et abaissent le prix total à 5,5 millions. Mais les pages de signature retrouvées sont vierges ; une page porte même la date impossible du 31 novembre 2012.
Deux projets d’ordre couvrent 13 198 711 et 151 494 actions ESW. Leur somme égale exactement les 13 350 205 actions du 13G. Les champs de transfert et de signature restent cependant incomplets.
Puis le relevé bancaire tranche un point essentiel. Le 30 novembre 2012, Financial Trust reçoit par CHIPS 5 500 030 dollars de Black Family Partners LP. Ce paiement est cohérent avec le prix de 5,5 millions des derniers brouillons. Les 30 dollars supplémentaires ne sont pas expliqués ; rien ne permet de les qualifier de frais.
On peut donc écrire que Black Family Partners a payé 5,50003 millions à Financial Trust et que les brouillons concordants décrivent un paquet ESW/AP SHL/AP Technology. On ne peut pas présenter l’allocation du brouillon à 18 millions comme l’allocation finale, ni prétendre avoir retrouvé l’accord exécuté.
EDGAR laisse deux écarts ouverts
Le 10-K 2012 d’ESW, déposé en mars 2013, continue d’identifier Financial Trust comme détenteur de 13 350 205 actions, soit 5,85 % du capital. Ce filing postérieur au paiement peut reposer sur une date de référence antérieure, un registre non mis à jour ou une cession encore incomplète. Sans registre d’actionnaires ni accord signé, il serait abusif de choisir l’une de ces explications.
Le 24 mai 2013, ESW effectue un regroupement d’une action nouvelle pour 2 000 anciennes. Le bloc de Financial Trust produit mécaniquement 6 675 actions entières et une fraction. Un S-1/A de février 2014 attribue à Black Family Partners 6 671 actions directes, plus 4 706 actions reçues en paiement d’intérêts. La proximité des 6 671 avec les 6 675 théoriques corrobore le transfert économique ; l’écart de quatre actions reste inexpliqué.
En 2015, le 10-K attribue 14 389 actions, soit 10,63 %, à Black Family Partners. Le Form 15 du 1er avril 2015 met ensuite fin aux obligations de reporting public d’ESW. La piste documentaire s’interrompt.
Le troisième grand livre remet les montants à leur place
Highbridge est le seul ensemble examiné ici où un revenu de conseil important est prouvé par un paiement exact : 15 millions de dollars. Mais les participations Highbridge commencent avant ce paiement. L’histoire n’est donc pas celle d’une commission unique transformée en portefeuille ; c’est celle d’une relation où honoraires, capital propre, argent attribué à des clients et conditions préférentielles envisagées peuvent coexister.
Valar montre une autre phase. Southern Trust ne paraît plus apporter un service ; elle se comporte comme un investisseur de fonds privés, soumis à des appels de capitaux, à des durées longues et à des valorisations non liquides. La hausse apparente de 35,55 millions versés à environ 172 millions estimés serait considérable si elle était réalisée. Elle ne l’est pas dans le dossier public.
Apollo et ESW montrent enfin que les noms sont de mauvais périmètres. « Apollo » peut désigner une action cotée, un fonds, une LLC créée par des dirigeants ou simplement un réseau de personnes. « Black » peut désigner Leon Black comme client personnel, Black Family Partners comme acheteur d’actifs, ou des membres de sa famille au capital d’ESW. Une enquête financière doit suivre l’entité juridique avant de suivre la réputation du nom.
Rien dans ces opérations, prises seules, ne démontre l’origine criminelle des fonds investis. Rien ne permet non plus de transformer une valorisation en liquidité disponible. Ce que les pièces établissent est plus précis : Epstein a disposé d’un accès durable à des gestionnaires sophistiqués, a investi par plusieurs entités, a bénéficié ou envisagé des conditions particulières, et a laissé derrière lui des actifs privés dont la valeur reste en partie enfermée dans les structures.
Le quatrième et dernier volet suivra ces actifs après sa mort : inventaire de la succession, indemnisations, impôts, frais juridiques, ventes et valeur résiduelle. Il faudra appliquer la même règle : une estimation Valar déjà incluse dans les comptes de la succession ne doit pas être ajoutée une seconde fois.
Méthode et contradictions
Cette enquête croise les documents du DOJ, les pièces du contentieux entre les Îles Vierges américaines et JPMorgan, les filings EDGAR de la SEC et les dépositions publiées par la Chambre des représentants. Les identifiants EFTA sont conservés même lorsque l’URL directe d’un PDF du DOJ est intermittente. Les tableaux d’avocats sont traités comme des sélections jusqu’à preuve de leur exhaustivité ; les brouillons non signés ne prouvent pas une exécution.
Le contrôle fait apparaître quatre écarts non résolus : 263 157 actions Apollo dans les relevés contre 263 257 chez Dechert ; 14,55 millions de paid-in Fund II contre 14,25 millions de coût interne ; 6 675 actions ESW théoriques après regroupement contre 6 671 déclarées ; Financial Trust encore déclaré par ESW en mars 2013 malgré le paiement de novembre 2012.
Lire la version anglaise.
Sources
- USVI v. JPMorgan : dossier public n° 1:22-cv-10904-JSR, notamment Document 285-88, pièce 246, EFTA02816421.
- DOJ Dataset 9 : EFTA00589969, projet de convention Highbridge.
- DOJ Dataset 9 : EFTA00640876, soldes et historique d’apports Highbridge.
- DOJ Dataset 9 : EFTA01118143, rachats principaux Highbridge.
- DOJ Dataset 9 : EFTA00590651, paiements finaux des rachats Highbridge.
- DOJ Dataset 9 : EFTA00811791, état LP Valar Fund II.
- DOJ Dataset 9 : EFTA00811797, état LP Valar Fund III.
- DOJ Dataset 10 : EFTA01299550, virement Fund III du 4 avril 2017.
- DOJ Dataset 9 : EFTA01029015, estimations Valar de décembre 2018.
- Commission de contrôle de la Chambre : dépositions vidéo de Richard Kahn et Darren Indyke, mars 2026.
- SEC : prospectus Apollo, 2011 et rapport Dechert, 2021.
- DOJ Dataset 10 : EFTA01510763, distribution Apollo et crédit Black Family Partners.
- SEC : Schedule 13G Financial Trust pour ESW, Form 10-K ESW 2012, Form S-1/A 2014 et Form 15 2015.
Limites
Le paiement Highbridge de 15 millions est établi par un relevé et une facture déposés comme pièce judiciaire ; la copie publique ne fournit pas les livrables sous-jacents. Le rapport Dechert est une enquête commandée par l’entreprise, pas une décision réglementaire. Les courriels et rapports internes EFTA sont contemporains mais peuvent utiliser des définitions comptables non explicitées. Les chiffres Valar de fin 2018 sont expressément non audités et le chiffre de 2026 est un témoignage oral sur une valeur non réalisée. Les conventions d’achat et ordres de transfert ESW publiés sont des brouillons ; le relevé bancaire établit le paiement, mais pas l’allocation finale du prix ni chaque mécanisme de transfert.
Aucun montant n’est présenté comme produit d’infraction. Les valeurs datées et les chiffres du fonds entier ne sont pas additionnés. État du corpus : 7 août 2026.
Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.
// historique des révisions
- publication
- révision
Les corrections substantielles suivent la politique de correction et sont consignées dans le changelog éditorial.
$ cd ..