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Lire les réserves de change des banques centrales (COFER et part de l'or)
Lire le COFER du FMI : composition des réserves, effet de change, imputation depuis 2025 et différence entre réserves de devises et or monétaire.
La part du dollar dans les réserves peut baisser sans qu’une banque centrale ait vendu de dollars. Une appréciation des autres devises suffit à modifier leur poids dans un portefeuille exprimé en monnaie américaine. Une révision de méthode peut aussi déplacer la série que l’on compare. Lire le COFER consiste à identifier ces effets avant d’attribuer une intention aux détenteurs de réserves.
Le périmètre du COFER
Le COFER du FMI publie chaque trimestre la composition en devises des réserves de change officielles. Il exclut l’or monétaire, les droits de tirage spéciaux et la position de réserve au FMI. La part de l’or dans les réserves totales utilise donc un autre dénominateur.
La devise et l’instrument constituent également deux classements distincts. Les réserves en dollars ne se réduisent pas aux obligations du Trésor américain. Une comparaison avec les Treasuries exige une source qui identifie ces titres ; on ne peut pas renommer ainsi la colonne dollar du COFER.
La rupture de méthode de 2025
À partir de la publication portant sur le troisième trimestre 2025, le FMI a supprimé la catégorie publiée « non allouée » en estimant sa composition en devises. L’historique a été révisé jusqu’au premier trimestre 2000, et le FMI publie la part des réserves imputées. La présentation officielle du jeu de données décrit cette évolution.
Les parts couvrent désormais l’ensemble des réserves de change. Une couverture complète du total ne signifie toutefois pas que toutes les devises ont été directement déclarées. La note méthodologique de novembre 2025 explique les méthodes d’estimation et les contraintes de confidentialité.
Pour construire un historique, il faut utiliser une même version de la série. Juxtaposer une ancienne part des réserves allouées à une nouvelle part incluant les imputations crée une comparaison de périmètres différents. Un ancien communiqué reste valable comme description de l’estimation publiée à sa date, à condition de conserver cette précision.
Un exemple vérifiable d’effet de change
Dans sa publication du 2 octobre 2025, le FMI indiquait que la part du dollar dans les réserves allouées était passée de 57,79 % à 56,32 % entre les deux premiers trimestres de 2025, soit une baisse de 1,47 point de pourcentage. À taux de change inchangés, il estimait cette baisse à seulement 0,12 point.
À quantité d’euros inchangée, une appréciation de l’euro augmente leur valeur exprimée en dollars. Leur part progresse et celle du dollar peut diminuer sans vente de dollars. Le FMI détaille ce mécanisme dans sa note technique.
Neutraliser le change resserre l’analyse, mais ne transforme pas la variation restante en relevé exhaustif des transactions. Les prix des titres, les revenus, la couverture statistique ou des révisions peuvent encore intervenir. Le résidu ne suffit pas non plus à établir l’intention politique d’un détenteur.
L’or demande deux lectures
Pour l’or, il faut distinguer la quantité détenue de sa valeur. La première renseigne sur les mouvements de métal déclarés ; la seconde dépend aussi du cours et permet d’évaluer son poids dans un portefeuille défini. Ces deux mesures répondent à des questions différentes.
Puisque l’or est hors COFER, sa progression dans les réserves totales ne se lit pas directement dans la part du dollar de cette base. Affirmer qu’il a dépassé un autre actif exige la même date de valorisation et des périmètres explicites. Notre analyse des achats d’or des banques centrales traite ce sujet séparément.
Ce que les agrégats laissent inconnu
La confidentialité empêche de reconstruire les choix de chaque pays à partir du seul agrégat mondial. L’absence de ventilation publique par devise ne prouve pas qu’un pays ne fournit aucune donnée confidentielle au FMI. La note méthodologique précise cette limite.
Un stock trimestriel de réserves ne mesure pas davantage la facturation du commerce, les prêts bancaires internationaux ou les messages de paiement. Ces dimensions de l’usage d’une monnaie disposent de sources distinctes. Notre lecture des récits de dédollarisation les replace dans leur contexte.
Sources et révision
La lecture doit conserver le trimestre observé, le millésime de publication, l’unité et le dénominateur, puis vérifier les imputations et les révisions. Lorsque les données ne permettent pas de séparer valorisation et transactions, cette séparation reste inconnue.
La révision du 8 octobre 2026 corrige l’ancien périmètre limité aux réserves allouées et remplace une estimation issue d’un courtier par l’exemple historique du FMI. Sources : base COFER, méthode de novembre 2025, publication du 2 octobre 2025.
Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.
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