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SCPI : la dette impose son calendrier

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Analyse complète

SCPI : mesurer le risque, volet 5 sur 6. Enquête arrêtée au 13 septembre 2026.

Un immeuble vendu peut rapporter de l’argent sans rendre un euro disponible pour les associés. Dans son bulletin du deuxième trimestre 2026, Primopierre indique que les produits de cession sont affectés au remboursement des établissements créanciers. Au même arrêté, deux actifs sont sous promesse de vente, mais aucune opération n’a été conclue pendant le trimestre. Le calendrier des encaissements compte autant que le prix annoncé. Bulletin Primopierre, p. 2

Chez LF Grand Paris Patrimoine, le gestionnaire envisage un pas supplémentaire : consacrer une partie des revenus locatifs au remboursement de la dette, avec une possible réduction de la distribution prévue au second semestre. Le gestionnaire présente cette affectation comme une possibilité. Les documents consultés ne permettent pas de dire qu’elle a été mise en œuvre. Bulletin LF Grand Paris Patrimoine, p. 3 du PDF

Après les files d’attente, les prix de revente et les loyers, notre enquête arrive donc au passif. L’épargnant peut décider d’attendre une amélioration du marché immobilier. Un emprunt, lui, possède une échéance. Le risque se précise lorsque la SCPI doit trouver des ressources avant d’avoir retrouvé des conditions satisfaisantes de location ou de vente.

La trésorerie des associés et celle des immeubles

Une SCPI est un véhicule qui détient des immeubles, directement ou par l’intermédiaire de sociétés immobilières. L’associé possède des parts de ce véhicule. Les revendre demande une contrepartie ou un mécanisme de remboursement. La note d’information de LF Grand Paris Patrimoine distingue le retrait compensé par une souscription, le fonds de remboursement éventuel et la cession de parts à un autre investisseur. Note d’information, introduction et modalités de sortie

Cette distinction permet de comprendre une limite du marché secondaire étudié dans le deuxième volet. Lorsqu’un acheteur reprend des parts existantes, le règlement de la transaction permet de payer le vendeur, après les frais applicables. Il ne constitue pas, par lui-même, une augmentation des capitaux disponibles pour rembourser un emprunt immobilier de la SCPI. Une meilleure circulation des parts peut soulager des épargnants sans réparer le financement du patrimoine. Note d’information, chapitre 2

Vendre un immeuble produit un autre effet : l’argent entre dans la société propriétaire. Mais il faut ensuite savoir à quoi il sert. Travaux, remboursement d’un prêt, nouvel investissement ou paiement aux associés ne sont pas des emplois interchangeables. Un même euro ne peut les financer tous.

Le remboursement du principal, c’est-à-dire du capital emprunté, diminue à la fois la trésorerie et la dette. Les intérêts constituent une dépense distincte. Une SCPI peut ainsi afficher un bénéfice tout en devant réserver du cash pour rembourser son crédit. Pour le lecteur, la question utile devient : combien reste-t-il après les dépenses et remboursements à effectuer ?

Un plafond de levier déjà dépassé dans un rapport annuel

Le rapport annuel 2025 de LF Grand Paris Patrimoine contient un avertissement explicite. Page 16, le gestionnaire constate que le plafond de levier de 1,54 fois l’actif net, prévu par la note d’information, n’est pas respecté au 31 décembre 2025. Il publie un levier AIFM, calculé selon la méthode brute, de 166 %, attribue le dépassement à la baisse des valeurs immobilières et indique étudier les moyens d’y remédier. Le gestionnaire reconnaît donc lui-même le dépassement. Rapport annuel, p. 16

Le levier mesure ici l’exposition du fonds relativement à sa valeur nette : la part du patrimoine qui demeure après prise en compte du passif. Lorsque cette valeur nette diminue, l’exposition peut devenir plus importante relativement à elle, même sans emprunt supplémentaire. La définition précise et les retraitements doivent être lus dans les documents du fonds. Note d’information, § 3.2

Ce dépassement doit être distingué d’un défaut de paiement bancaire. Le dépassement d’un plafond de levier inscrit dans la documentation du fonds, le non-respect d’une clause d’un contrat de crédit et une échéance impayée sont des événements distincts. Les pièces consultées ne permettent pas de les confondre.

La version de juin 2026 de la note d’information conserve la limite de 1,54 fois l’actif net. Nous n’avons pas trouvé, dans les documents réunis, de calcul actualisé établissant le retour sous ce plafond, ni de confirmation publique d’une exigibilité anticipée des prêts liée à cet épisode. L’état du ratio au 31 décembre est documenté ; sa situation exacte au 13 septembre ne l’est pas. Note d’information de juin 2026, § 3.2

Le dénominateur change la lecture de la dette

La même page du rapport LF Grand Paris Patrimoine donne 32,07 % de dettes et engagements sur une base de coûts d’acquisition, pour une autorisation de 35 %, et 42,50 % selon la méthode ASPIM. Ces deux résultats portent sur le même arrêté de fin 2025. Ils ne se contredisent pas : le dénominateur change. Rapport annuel, p. 16

Le coût d’acquisition renvoie aux montants investis dans les actifs. Une valeur d’expertise cherche à estimer leur valeur à une date donnée. Quant au ratio de dettes et engagements selon l’ASPIM, ou RDAE, il rapporte ceux-ci à la valeur de réalisation augmentée de ces mêmes dettes et engagements. Un ratio calculé sur les coûts d’achat peut donc paraître contenu alors qu’un indicateur fondé sur des valeurs réévaluées se tend. Rapport LF, p. 16 ; définition du ratio

Au 30 juin 2026, LF publie un ratio de 29,14 % sur la base des acquisitions. Ce chiffre n’est pas une version actualisée du 42,50 % ASPIM, et sa baisse ne démontre pas, à elle seule, la résolution du dépassement de levier. Chez Primopierre, le ratio ASPIM passe de 38,8 % fin 2025 à 41,3 % fin juin 2026, soit 2,5 points supplémentaires. Cela ne suffit pas non plus à établir une hausse du montant des emprunts : une diminution des valeurs peut relever le ratio. Bulletin LF, p. 10 du PDF ; rapport Primopierre, p. 27 ; bulletin Primopierre, pp. 3 et 6

Il n’existe donc pas, dans ces tableaux, une échelle unique sur laquelle ranger mécaniquement toutes les SCPI. L’article 422-225 du règlement général de l’AMF prévoit un maximum d’emprunt décidé en assemblée et compatible avec les capacités de remboursement à partir des recettes ordinaires. Il ne pose pas une limite universelle de 40 % applicable à tous les indicateurs. Règlement général de l’AMF

Primopierre : une grande partie des emprunts se trouve dans les filiales

La dette doit aussi être lue au bon étage. Dans son tableau économique incluant les sociétés contrôlées, en quote-part de détention, Primopierre publie au 31 décembre 2025 328,20 millions d’euros d’emprunts immobiliers au niveau de la SCPI et 618,23 millions au niveau des filiales. Total non arrondi : 946 425 975,61 euros. Les filiales représentent environ 65,3 % de ce total. Rapport annuel, p. 33 ; calcul l0g

La dette de PrimopierreEmprunts immobiliers en quote-part des sociétés contrôlées, au 31 décembre 2025 : 328,20 M€ au niveau de la SCPI et 618,22597561 M€ dans les filiales, soit 65,3 % du total de 946,42597561 M€. Les garanties ne se déduisent pas de ces montants. l0g / SCPI / 05 La dette de Primopierre Au 31 décembre 2025 Emprunts immobiliers · M€ 0 350 700 Dans la SCPI 328,20 M€ Filiales contrôlées 618,23 M€ Total : 946,43 M€ 65,3 % dans les filiales Filiales : quote-part détenue Garanties de la société mère : à examiner prêt par prêt.
Primopierre, exercice 2025, emprunts affectés à l’immobilier. Sociétés contrôlées uniquement, en quote-part de détention. Montants affichés arrondis à deux décimales ; total exact : 946 425 975,61 €. Ce périmètre ne décrit pas toutes les garanties. Source : rapport annuel 2025, p. 33.

Les filiales portent ainsi près des deux tiers de ces emprunts. S’arrêter au bilan de la seule SCPI laisserait de côté une grande partie de l’exposition économique publiée. À l’inverse, additionner ces dettes ne permet pas de présumer que la société mère en est personnellement garante dans tous les cas. Pour connaître les recours du prêteur, il faut identifier l’emprunteur et les garanties de chaque financement.

L’échéancier de la page 57 porte précisément sur 328,20 millions d’euros : aucun emprunt dans la catégorie de maturité résiduelle jusqu’à un an, 153 millions entre un et cinq ans, 175,20 millions au-delà de cinq ans. Il ne ventile pas les 618,23 millions des filiales. Rapport annuel, p. 57

Échéances de la SCPI seulePrimopierre au 31 décembre 2025, classement par maturité résiduelle des emprunts hypothécaires de la seule SCPI : 0 M€ jusqu’à un an, 153 M€ entre un et cinq ans, 175,20 M€ au-delà de cinq ans. Les 618,23 M€ des filiales ne sont pas ventilés. Ce tableau ne détaille pas tous les remboursements intermédiaires. l0g / SCPI / 05 Échéances de la SCPI seule Primopierre · fin 2025 Stock par maturité résiduelle · M€ 0 100 200 Jusqu’à un an 0 M€ Entre un et cinq ans 153 M€ Au-delà de cinq ans 175,20 M€ Total SCPI : 328,20 M€ Échéances des filiales : non détaillées dans ce tableau. Remboursements intermédiaires : calendrier complet nécessaire.
Maturité résiduelle des emprunts hypothécaires au 31 décembre 2025. Périmètre : SCPI seule, hors filiales. Les catégories classent un stock de prêts ; elles ne constituent pas un calendrier exhaustif d’amortissement. Source : rapport annuel 2025, p. 57.

On ne peut donc utiliser ce tableau ni pour annoncer une échéance massive de l’ensemble du groupe en 2026, ni pour assurer que rien n’y arrive à échéance. De plus, classer les emprunts par maturité résiduelle ne fournit pas nécessairement le calendrier de tous les remboursements intermédiaires d’un prêt amortissable. Une absence dans une catégorie ne remplace pas un échéancier complet.

Refinancer : négocier le taux et le montant

Le bulletin LF Grand Paris Patrimoine donne deux nombres identiques avec des unités différentes : 2,53 % de taux moyen pour les financements hypothécaires et 2,53 ans de durée moyenne résiduelle pondérée. Ni l’un ni l’autre ne constitue une offre de refinancement. La moyenne des échéances ne signifie pas davantage que tous les prêts se terminent à la même date. Bulletin, p. 10 du PDF

Au renouvellement, deux questions se posent séparément : à quel coût emprunter, et pour quel montant ? Même une baisse du taux proposé ne comble pas un manque de capital si le nouveau prêteur accepte de financer une fraction d’une valeur immobilière devenue plus faible. L’atelier ci-dessous isole cet effet, sans prétendre connaître les offres reçues par les SCPI étudiées.

Les protections contre les taux ont elles aussi un périmètre. Un cap plafonne un taux de référence selon les paramètres du contrat ; il ne rembourse pas le principal. Sa valeur comptable n’est pas le montant de dette protégé. Le bilan de Primopierre présente ainsi 5,19 millions d’euros de valeur d’instruments de type cap au 31 décembre 2025, arrondis à partir du montant publié : ce nombre ne permet pas de calculer la proportion du crédit couverte. Il faut connaître le notionnel, c’est-à-dire le montant de référence auquel s’applique la couverture, sa durée et ses conditions. Rapport annuel, p. 57

Enfin, le rapport indique l’existence de tests annuels de ratios LTC et ICR dans les financements. Le LTC (loan-to-cost) rapporte le financement à une base de coût ; l’ICR (interest coverage ratio) mesure la couverture des intérêts par un revenu défini au contrat. Ces familles de ratios figurent notamment dans les définitions de l’Autorité bancaire européenne, annexe p. 27. Les conventions contractuelles exactes sont déterminantes. Nous ne disposons pas des seuils et calculs détaillés permettant de mesurer la marge de sécurité de chaque prêt. La présence de clauses est établie ; leur violation ne l’est pas dans les pièces réunies. Rapport annuel, p. 58

Pour 2025, Praemia indique n’avoir relevé aucun dépassement de limites réglementaires, contractuelles ou internes susceptible de modifier le profil de risque de Primopierre. Cette appréciation annuelle ne fournit ni les calculs détaillés de chaque crédit, ni l’état des tests en septembre 2026. Rapport Primopierre, p. 34

Ce qu’une vente change pour les revenus

Une cession utilisée pour rembourser réduit la dette, mais retire aussi un actif. Son effet sur les revenus futurs dépend de ce que cet actif rapportait après ses dépenses, des intérêts économisés et des coûts évités. Se séparer d’un immeuble vide qui exige de lourds travaux peut améliorer la situation. Vendre un immeuble loué peut réduire le revenu récurrent si celui qui disparaît dépasse l’économie de financement.

La comparaison doit porter sur le produit net réellement affecté à la dette, pas sur un prix affiché ou une promesse. Il faut tenir compte des frais, de la fiscalité éventuelle, des indemnités de remboursement et du coût de dénouement des couvertures. Les dossiers publiés ne permettent pas de reconstituer ce calcul pour chaque cession examinée. Le montant des loyers qui disparaissent avec les actifs vendus reste à établir, cession par cession.

Les transactions réalisées donnent aussi des résultats plus nuancés. Le tableau des trois cessions de LF Grand Paris Patrimoine en 2025 totalise 55,3722 millions d’euros de prix bruts, contre 55,901759 millions d’expertises de référence, en quote-part du fonds. L’écart calculé est de −0,95 %. Les expertises datent de décembre 2024 pour la vente du premier semestre et de juin 2025 pour celles du second. Rapport annuel, p. 10 ; calcul l0g

Ce rapprochement ne reconstitue ni le cash net encaissé, ni le prix auquel le reste du portefeuille pourrait être vendu. Les biens ayant trouvé un acheteur ne sont pas un échantillon aléatoire des immeubles encore détenus. Sur cette sélection, le prix brut total reste proche des dernières expertises publiées.

Atelier : le bilan s’allège, le revenu peut diminuer

Tout ce qui suit est fictif. Les montants sont en millions d’euros. Le modèle ne décrit aucune SCPI nommée. Il exclut les autres actifs et passifs, frais, impôts, indemnités, effets de couverture et réinvestissements. La valeur nette utilisée est une soustraction économique simplifiée, pas une valeur comptable publiée.

Vendre et rembourserExemple entièrement fictif, en millions d’euros. Les actifs passent de 100 à 80 après réévaluation, puis à 60 après une vente de 20 affectée à la dette. La dette vaut successivement 40, 40, 20 ; la valeur nette 60, 40, 40. Un revenu annuel net immobilier perdu de 1,2, avec 0,8 d’intérêts économisés, donne un solde annuel diminué de 0,4. l0g / SCPI / 05 Vendre et rembourser Exemple entièrement fictif Actifs = dette + valeur nette · M€ 0 50 100 Départ : actifs 100 Dette 40 Valeur nette 60 Réévaluation : actifs 80 Dette 40 Valeur nette 40 Après vente : actifs 60 Dette 20 Valeur nette 40 La vente rembourse 20 de dette. La valeur nette reste à 40. Revenu net perdu : 1,2 par an Intérêts économisés : 0,8 par an Solde annuel : −0,4 M€
Calcul l0g sur les hypothèses fictives de l’atelier. Chaque barre représente les immeubles, répartis entre dette et valeur nette économique simplifiée. Vente de 20 au prix estimé, entièrement affectée au remboursement ; intérêt annuel de 4 % sur la dette remboursée. Frais, impôts, indemnités, couverture et réinvestissements exclus. Le scénario de refinancement est présenté séparément dans l’atelier.
1. Une baisse de valeur peut augmenter le poids de la dette sans nouvel emprunt

Au départ : 100 d’immeubles, 40 de dette, donc 60 de valeur nette. La dette représente 40 % des immeubles.

Les mêmes immeubles sont ensuite estimés à 80. La dette reste à 40 ; la valeur nette tombe à 40. Le ratio dette/immeubles monte à 50 %. Une baisse de 20 % des actifs entraîne ici une baisse de 33,3 % de la valeur nette. Aucun argent n’a encore quitté la caisse.

Ce ratio simplifié n’est ni la formule ASPIM complète ni un test de contrat bancaire.

2. Une vente peut réduire le levier tout en diminuant le revenu annuel

Dans ce patrimoine désormais évalué à 80, un immeuble vaut 20. Il est vendu à ce prix et les 20 sont intégralement affectés au remboursement. Il reste 60 d’immeubles, 20 de dette et toujours 40 de valeur nette. Le ratio dette/immeubles descend à 33,3 %. Le remboursement n’a pas, à lui seul, recréé les 20 de valeur perdus lors de la réévaluation.

Supposons que le bien vendu procurait 1,2 de revenu annuel après dépenses immobilières, avant financement. Rembourser 20 d’une dette coûtant 4 % économise 0,8 d’intérêts par an. Le solde récurrent diminue donc de 0,4 par an, avant les coûts exclus du modèle.

Variante : si le bien ne procurait aucun revenu net et que les autres hypothèses demeuraient identiques, l’économie d’intérêts améliorerait le solde de 0,8. Le choix du bien vendu importe autant que le montant de dette effacé.

3. Au refinancement, un taux acceptable ne suffit pas toujours

Autre scénario, à la place de la vente : les immeubles valent toujours 80 et la dette à remplacer est toujours de 40. Un prêteur n’accepte de financer que 40 % de la valeur actuelle. Il propose donc 32. Il faut trouver 8 ailleurs pour rembourser intégralement l’ancien crédit.

Le plafond de 40 % est une hypothèse fictive d’offre bancaire, pas une règle universelle. Un taux plus bas sur les 32 ne finance pas les 8 manquants. Vendre un actif, conserver du cash, obtenir des capitaux supplémentaires ou renégocier sont des voies possibles, pas des solutions supposées acquises.

Taux fixes et amortissement : les protections d’Immorente

Immorente offre un contrepoint documenté. Au 30 juin 2026, Sofidy publie une dette bancaire de 792 millions d’euros, 98,7 % à taux fixe, une maturité moyenne de quatre ans et 50 % de dette amortissable. Son ratio de 19,0 % rapporte la dette à la valeur du patrimoine : ce n’est pas directement le même indicateur que les ratios précédents. Bulletin Immorente, p. 2 du PDF

Un taux fixe limite l’effet immédiat d’un mouvement des taux sur les emprunts concernés. Un amortissement progressif réduit le principal à refinancer, mais consomme aussi des ressources avant l’échéance finale. Ces protections ne rendent pas les immeubles liquides et ne garantissent pas les conditions d’un crédit futur. Elles justifient de distinguer les structures de financement, plutôt que d’appliquer le même diagnostic à tous les fonds.

Au deuxième trimestre, Immorente déclare également neuf ventes pour 12,5 millions d’euros net vendeur, à des prix supérieurs en moyenne de 12 % aux expertises du 31 décembre 2025, selon Sofidy. Cette donnée du gestionnaire, non vérifiée à partir des actes notariés, constitue un contre-exemple à l’idée que toute vente actuelle serait nécessairement une vente de détresse. Bulletin, pp. 1 et 3 du PDF

Pour poursuivre l’enquête sur un véhicule, nous chercherions d’abord quatre rapprochements : dette et échéances par emprunteur ; clauses financières et résultats des derniers tests ; ventes signées et produit net encaissé ; revenus perdus et économies de financement. Un chiffre isolé de collecte, de distribution ou de levier ne remplace aucun de ces rapprochements.

Le signal d’alerte est une contrainte de calendrier

Les situations étudiées appellent une lecture au cas par cas. L’ASPIM et l’IEIF publient un ratio moyen de dettes et engagements de 18,3 % pour 2025, contre 18,4 % en 2024. La Banque de France jugeait encore le risque de crédit immobilier commercial contenu dans son rapport de juin 2026. Ni la moyenne sectorielle ni cette appréciation datée ne permettent toutefois de certifier la situation d’une SCPI particulière. ASPIM, publication du 15 mai 2026 ; Banque de France, rapport publié le 24 juin

Les documents consultés décrivent une affectation des cessions aux créanciers chez Primopierre, une éventuelle utilisation des loyers pour la dette chez LF Grand Paris Patrimoine et un dépassement de plafond de levier reconnu dans son rapport 2025. Ils ne permettent pas de mesurer un besoin national de refinancement, de constater un défaut bancaire sur ces seuls éléments ou de dater toutes les échéances des filiales.

Le point à surveiller est la liberté de choisir : conserver l’immeuble, attendre un meilleur prix, financer les travaux ou distribuer. Lorsque plusieurs emplois du cash deviennent urgents en même temps, cette liberté se réduit. Le désendettement peut protéger les associés ; sa réussite doit se mesurer aussi aux revenus et aux actifs qui leur restent après les remboursements.


Cette enquête repose sur des documents publics. Les données de gestion sont attribuées à leurs émetteurs et n’ont pas été vérifiées à partir des contrats de prêt ou des actes de cession. Les exemples chiffrés sont pédagogiques et ne constituent ni une prévision ni une recommandation de vente ou d’achat.

Dans la série : les registres de retrait, les prix de revente, le rendement et les euros, la facture des locaux vides.

La série se poursuit avec SCPI : qui porte les pertes ?, consacré aux liens entre les fonds, l’assurance-vie et les banques.

Sources et méthode

Les situations comptables portent sur le 31 décembre 2025 ou le 30 juin 2026, selon les passages ; elles ne sont pas présentées comme des bilans au jour de publication. Les ratios ne sont comparés dans le temps qu’à définition identique. Les montants de la dette en filiales sont en quote-part de détention, et les promesses de vente ne sont pas comptabilisées comme des encaissements. Les dates de mise en ligne non confirmées restent inconnues.

Un autre tableau de Primopierre, p. 27, retient 951 534 001 € de dette pour son ratio d’endettement, contre 946 425 975,61 € d’emprunts immobiliers dans le tableau par entité, p. 33. Nous ne disposons pas du rapprochement détaillé entre ces montants. Le premier graphique reprend uniquement la seconde ligne et ne prétend pas reconstruire tous les ratios du rapport. Rapport Primopierre, pp. 27 et 33

Les dix sources et leurs périmètres
  1. Praemia REIM France: Primopierre : Bulletin trimestriel, deuxième trimestre 2026. Au 30 juin 2026 : affectation des cessions aux créanciers, absence d’opération conclue au trimestre, deux promesses et ratio dettes/engagements. Jour de mise en ligne non confirmé.
  2. La Française REM: LF Grand Paris Patrimoine : Bulletin trimestriel au 30 juin 2026. Éventuelle affectation de loyers au remboursement ; ratio au coût d’acquisition, taux hypothécaire et durée moyenne. Le conditionnel de la communication est conservé.
  3. La Française REM: LF Grand Paris Patrimoine : Rapport annuel 2025. Plafond de levier non respecté selon le gestionnaire, ratios de périmètres différents, tableau des trois ventes. L’AG du 24 juin 2026 n’est pas traitée comme une date de publication.
  4. La Française REM / Moniwan: LF Grand Paris Patrimoine : Note d’information et statuts, juin 2026. Version de 66 pages portant « juin 2026 ». Limites de financement et de levier ; instruments de couverture autorisés. Une autre URL du gestionnaire renvoie à une version de février : ne pas les confondre.
  5. Praemia REIM France: Primopierre : Rapport annuel 2025. Dette en quote-part des sociétés contrôlées, échéancier de la seule SCPI, ratios et clauses financières. Les données des comptes sociaux ne couvrent pas automatiquement les filiales.
  6. Sofidy: Immorente : Bulletin trimestriel, deuxième trimestre 2026. Structure de dette et ventes conclues : données du gestionnaire, non contrôlées à partir des contrats bancaires ou des actes de cession.
  7. ASPIM / IEIF: Collecte au T1 2026 et principaux indicateurs des SCPI en 2025. Ratio moyen de dettes et engagements, 18,3 % en 2025 contre 18,4 % en 2024. Statistique d’une association professionnelle et de l’IEIF ; pas un audit individuel.
  8. Banque de France: Rapport sur la stabilité financière : Juin 2026. Risque de crédit immobilier commercial jugé contenu à cette date. Ce jugement agrégé n’est ni un certificat individuel ni une garantie pour septembre.
  9. AMF / Légifrance: Règlement général de l’AMF : Article 422-225. Montant maximal décidé en assemblée ; compatibilité avec la capacité de remboursement sur recettes ordinaires. L’article ne fixe pas un plafond universel de 40 %.
  10. European Banking Authority: Final report on draft RTS on crowdfunding. Rapport du 29 avril 2022, annexe p. 27 : exemples de définitions des ratios LTC et ICR. Cette référence explique le vocabulaire ; elle ne décrit pas les clauses propres aux SCPI étudiées.

Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.

// historique des révisions

  • publication
  • révision

Les corrections substantielles suivent la politique de correction et sont consignées dans le changelog éditorial.


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