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SCPI : qui porte les pertes ?

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Analyse complète

SCPI : mesurer le risque, volet 6 sur 6. Enquête arrêtée au 13 septembre 2026.

Une difficulté de SCPI peut atteindre un épargnant qui n’en détient aucune part en direct. Le lien apparaît dans un document de Capimmo, une société civile immobilière proposée à travers l’assurance-vie : dans son reporting du deuxième trimestre 2026, Praemia explique que les premiers prix de confrontation de Primopierre ont participé aux ajustements de valorisation du véhicule. La revente de parts étudiée dans le deuxième volet a donc une conséquence au-delà du seul vendeur. C’est l’explication publiée par le gestionnaire ; nous ne disposons pas de l’inventaire nécessaire pour en reproduire exactement le montant. Source : bulletin Capimmo, p. 1

Le prix d’un fonds peut ainsi se retrouver sur le relevé d’un autre épargnant. Pour savoir jusqu’où la baisse se propage, il faut suivre les engagements de chacun. Entre l’immeuble, le fonds, le contrat d’assurance et la banque prêteuse, les engagements ne sont pas les mêmes. Une moins-value peut revenir à l’épargnant, une obligation de paiement à l’assureur et une exposition de crédit à la banque, sans que ces trois montants soient identiques ni qu’ils constituent trois pertes supplémentaires.

Ce dernier volet suit ces engagements. L’enjeu est de localiser la perte, puis de trouver qui doit avancer du cash quand son propriétaire souhaite sortir.

De Primopierre au contrat d’assurance-vie

Une SCPI, société civile de placement immobilier, détient un patrimoine immobilier pour ses associés. Mais l’épargnant peut aussi choisir, dans son assurance-vie, une unité de compte adossée à une société civile (SC ou SCI) qui possède elle-même des immeubles et des parts d’autres fonds. L’AMF rappelle qu’une SC peut détenir des SCPI, des OPCI (organismes de placement collectif immobilier) et même d’autres SC. Le souscripteur du contrat ne devient pas pour autant associé de cette société civile. Source : AMF

La chaîne n’est pas obligatoire. Un contrat peut proposer directement un support SCPI ; une SCI peut investir sans passer par une SCPI. Il faut reconstituer le parcours propre à chaque support plutôt que dessiner un empilement unique pour tout le marché. Chez Capimmo, la documentation commerciale décrit justement plusieurs modes de détention, dont des fonds gérés par Praemia. Source : Praemia

Le point mis en évidence par le bulletin est précis : un prix formé sur le marché des parts peut entrer dans la valorisation d’un autre fonds qui les détient. Cela ne signifie pas que chaque immeuble de Primopierre est réévalué au même pourcentage, ni que toute la baisse de Capimmo lui est imputable. Les effets propres à la participation, son poids et les autres mouvements du portefeuille doivent être séparés. Source : commentaire de gestion Capimmo

Pour le lecteur du relevé d’assurance-vie, le résultat visible sera une valeur de support. Pour comprendre son origine, il faut descendre d’un étage, parfois de plusieurs. La multiplication des lignes dans un contrat ne permet pas, à elle seule, de connaître la diversification des immeubles auxquels elles donnent accès.

De la SCPI à l’épargnantPraemia décrit la prise en compte des prix de confrontation de Primopierre dans la valorisation de Capimmo. La valeur d’une unité de compte évolue avec celle du support. Ce schéma ne mesure aucun flux de trésorerie ni aucune perte bancaire. l0g / SCPI / 06 De la SCPI à l’épargnant Capimmo · bulletin T2 2026 PRIMOPIERRE Prix des parts en confrontation Selon Praemia REIM CAPIMMO Ajustement de valorisation Valeur du support transmise UNITÉ DE COMPTE Valeur des droits de l’assuré Effet financier non chiffré ici. Schéma de valorisation ; les paiements suivent leur calendrier.
Capimmo, deuxième trimestre 2026. Le premier lien est décrit par le gestionnaire ; le second représente le fonctionnement d’une unité de compte, sous réserve des garanties du contrat. Le poids exact de Primopierre dans cet ajustement reste à reconstituer. Sources : Praemia, p. 1 ; ABE Infoservice.

Ce que l’assureur s’engage à payer

Dans une unité de compte, le montant en euros évolue avec la valeur du support. L’engagement de l’assureur porte sur le nombre d’unités, pas sur le maintien de leur valeur. Le risque de marché revient donc à l’assuré, sous réserve de garanties particulières prévues au contrat. Le nom « assurance-vie » n’est pas une garantie du capital placé sur chaque support. Source : ABE Infoservice

La page de Capimmo expose les deux dimensions : elle indique que la liquidité est portée par l’assureur, tout en signalant l’absence de protection du capital et les difficultés possibles de vente des actifs. Ces deux caractéristiques doivent être lues ensemble. Source : présentation et risques

La différence devient concrète au moment de retirer de l’argent. Le rachat d’un contrat et le rachat des parts détenues par l’assureur sont deux opérations. Pour le contrat, ABE Infoservice rappelle la règle générale : le règlement doit intervenir au plus tard deux mois après réception de l’intégralité des pièces nécessaires. Les conditions contractuelles peuvent prévoir plus court. Ce délai ne promet pas une revente des immeubles en deux mois. Source : ABE Infoservice

L’assureur peut ainsi devoir payer alors que le fonds sous-jacent n’a pas encore remboursé ses propres parts. C’est un besoin de trésorerie : il faut disposer d’argent mobilisable pendant cet intervalle. Il peut être supportable à l’échelle d’un assureur diversifié. Pour le mesurer, il faudrait rapprocher les demandes effectivement payables, les actifs disponibles et les engagements concernés, et non appliquer un pourcentage de baisse immobilière à tout son bilan.

Une baisse de la valeur du support réduit aussi la valeur de l’engagement exprimé dans ces unités. Elle ne devient donc pas automatiquement une moins-value du même montant sur les fonds propres de l’assureur. Cette logique ne supprime ni les coûts de liquidité ni les éventuelles garanties additionnelles. Elle ne vaut pas non plus pour un investissement immobilier détenu pour compte propre, dont le risque n’est pas transféré à un assuré de cette manière.

Le contrat peut aussi subir une restriction ciblée

La protection offerte par l’enveloppe a des limites prévues par la loi. L’article L131-4 du Code des assurances organise, dans les cas prévus de suspension du rachat ou de l’émission des parts, ou de plafonnement temporaire des rachats du fonds sous-jacent, des possibilités de restriction sur la seule partie du contrat concernée. Il prévoit l’information des assurés et de l’ACPR ; dans le cas visé au II, cette autorité peut remettre en cause la décision. Ces dispositions peuvent déroger aux délais ordinaires de règlement. Source : Légifrance, L131-4, I à IV

Cela ne veut pas dire que chaque file d’attente de SCPI déclenche ce dispositif. Il faut vérifier le support, la nature de la mesure prise par le fonds et les conditions légales. Nous n’avons pas trouvé, dans les documents réunis, de confirmation publique d’une activation de cet article concernant des contrats comportant le support Capimmo. Le texte prévoit une possibilité dont l’usage doit être documenté contrat par contrat.

Pour la détention directe, le problème est différent. Le médiateur de l’AMF a rappelé qu’une demande régulière de retrait de SCPI peut rester sans date d’exécution déterminée. Le détenteur ne bénéficie pas, du seul fait de posséder ces parts, du délai de règlement propre à son éventuel contrat d’assurance. Source : AMF, février 2024

Il faut donc lire la bonne promesse : qui est tenu de payer, sur quel montant et dans quelles circonstances ? Une brochure du fonds ne remplace pas les dispositions du contrat qui l’héberge.

Une réserve de liquidité doit être disponible au bon endroit

Capimmo fournit un point d’attention concret. Son allocation au 3 juillet 2026 présente une poche de liquidités de 4,0 %, tandis que le graphique voisin affiche un ratio cible minimum de 10 %. Le gestionnaire déclare également plus de 1,2 milliard d’euros de cessions cumulées dans une stratégie commencée en 2023, destinée notamment à financer les engagements et les retraits. Ce montant n’est pas la trésorerie restante en juillet. Source : bulletin Capimmo, p. 2

L’écart entre l’allocation et la cible mérite une explication. Il ne suffit pas à qualifier un manquement juridique : il faut la définition applicable, les éventuelles dérogations et la documentation contractuelle complète. Il ne mesure pas davantage les liquidités de l’assureur. Un pourcentage de réserve, sans calendrier des décaissements et sans indication sur les actifs réellement mobilisables, ne donne pas une durée de résistance aux retraits.

Le meilleur argument contre une lecture alarmiste figure dans le même bulletin : Praemia estime que le niveau de liquidité couvre les engagements d’investissement identifiés sur vingt-quatre mois, tout en poursuivant les remboursements. Nous rapportons cette appréciation du gestionnaire ; le document ne permet pas de la transformer en test indépendant couvrant tous les scénarios de rachat. Source : bulletin Capimmo, p. 2

L’AMF précise par ailleurs que les SC ne disposent pas de l’agrément applicable aux SCPI et OPCI. Cela n’implique pas que leur gestionnaire et leur assureur seraient dépourvus de supervision. Cela rend nécessaire une lecture distincte des règles du véhicule et de celles du contrat. Source : AMF

Ce que couvrent les 558 milliards d’exposition bancaire

Pour les banques, le point de départ est une autre statistique. L’enquête ACPR couvrant cinq principaux groupes bancaires français recense 558 milliards d’euros d’expositions à l’immobilier commercial au sens large au 31 décembre 2025. Le tableau distingue 527,9 milliards de concours et 30,1 milliards d’investissements pour compte propre. Les 238,7 milliards de concours aux professionnels de l’immobilier sont inclus dans les 527,9 milliards, pas à ajouter. Source : ACPR, tableau 1, p. 4

Le périmètre comprend notamment l’immobilier d’exploitation d’entreprises non immobilières et le logement social. Il dépasse les bureaux, les SCPI et même les biens situés en France. Il serait faux d’en faire une facture bancaire potentielle des seules SCPI. Source : ACPR, périmètre de l’enquête

Le périmètre des banquesACPR, cinq groupes, 31 décembre 2025. 527,9 Md€ de concours et 30,1 Md€ pour compte propre composent 558 Md€. Les 238,7 Md€ aux professionnels sont inclus dans les concours. Axe commun de zéro à 600 Md€. Ce sont des expositions, sans estimation de pertes. l0g / SCPI / 06 Le périmètre des banques Cinq groupes · 31 décembre 2025 Immobilier commercial · Md€ Exposition totale : 558,0 Md€ 0 300 600 Concours : 527,9 Md€ Compte propre : 30,1 Md€ Au sein des concours : Professionnels de l’immobilier 238,7 Md€ Sous-ensemble des 527,9 Md€. Périmètre bien plus large que celui des seules SCPI.
Encours au 31 décembre 2025, milliards d’euros. Le périmètre inclut notamment l’immobilier d’exploitation des entreprises non immobilières, le logement social et des biens hors de France. Les concours aux professionnels sont un sous-ensemble, sans addition au total. Source : ACPR, tableau 1 p. 4 et périmètre p. 22.

Le même encours représente 6,5 % du total de bilan et 134 % des fonds propres CET1, le capital de meilleure qualité réglementaire, selon le tableau de l’ACPR. Ces dénominateurs répondent à deux questions différentes : le poids des engagements parmi les actifs et leur taille face à une ressource d’absorption des pertes. Aucun de ces ratios ne donne le montant qui sera perdu. Source : ACPR, p. 4

Pour passer d’une exposition à une estimation de perte, il faut examiner la capacité de l’emprunteur à payer, les garanties, les rangs des créanciers et les sommes récupérables. Une expertise en baisse peut fragiliser une garantie sans produire immédiatement une perte égale pour le prêteur. Inversement, une hypothèque ne rend pas une créance sans risque lorsque les revenus et les valeurs se dégradent ensemble.

L’ACPR juge le financement bancaire globalement résilient, mais souligne la vulnérabilité spécifique des professionnels de l’immobilier. Fin 2025, les expositions de niveau 3 atteignent 3,4 % sur le périmètre global de crédit et 4,2 % chez ces professionnels. Ce classement de niveau 3 selon IFRS 9 signale des créances dépréciées ; il ne signifie pas que ces pourcentages de l’encours ont été définitivement perdus. Il ne s’agit pas non plus d’un taux propre aux SCPI. Source : synthèse ACPR

Retrouver les propriétaires derrière les fonds

Les chiffres des fonds posent un problème voisin. L’ASPIM publie 86 milliards d’euros de capitalisation des SCPI, 20,3 milliards d’actifs nets des sociétés civiles et 10,5 milliards d’actifs nets des OPCI grand public au 30 juin 2026. Additionner ces trois stocks ne produirait pas une exposition immobilière consolidée : les mesures diffèrent et certains véhicules peuvent détenir des parts des autres. Sources : ASPIM et AMF AMF

Le même risque économique peut traverser plusieurs valorisations successives. Il faut identifier les propriétaires ultimes, éliminer les participations internes et conserver séparément les engagements distincts. Autrement, on compte plusieurs fois le même immeuble ou la même moins-value.

L’inverse serait tout aussi trompeur : les étages intermédiaires ne sont pas sans effet. Leurs frais, leurs dettes éventuelles et leurs propres échéances peuvent modifier les pertes et les besoins de trésorerie. Une consolidation sérieuse les décrit au lieu de supposer qu’ils n’existent pas.

Atelier : suivre la perte et les paiements

Les exercices suivants sont indépendants, en millions d’euros. Ils excluent frais, impôts, garanties additionnelles et autres actifs ou passifs, sauf ceux indiqués. Ils illustrent des identités économiques, pas la comptabilité complète d’un assureur, un stress test ou une prévision sur Capimmo.

1. Une moins-value enregistrée à plusieurs étages

Supposons une SCPI sans dette dont le patrimoine passe de 100 à 80. Une SCI détient toute cette SCPI et rien d’autre ; un assureur détient toute cette SCI en représentation d’engagements en unités de compte, sans garantie supplémentaire.

La moins-value sous-jacente est de 20. Elle se retrouve dans la valeur des parts de SCPI, dans celle de la SCI et dans la valeur des droits des assurés. Ces trois observations ne font pas une perte de 60. L’assureur détient un actif dont la valeur baisse, mais son engagement en unités de compte baisse également dans ce modèle simplifié.

Avec des dettes, des engagements différents ou des transactions à d’autres prix, il faudrait refaire les comptes. La conclusion se limite à l’interdiction de sommer une même moins-value à chaque étage.

2. Un fonds solvable peut manquer de cash

Un fonds détient 90 d’actifs illiquides et 10 de trésorerie, sans dette. Il doit régler 15 de rachats maintenant. Il lui manque 5 de liquidités immédiates, pas 5 de valeur patrimoniale.

S’il vend un actif valant 5 pour 5 nets, il peut payer les 15 : les investisseurs restants détiennent ensuite 85 d’actifs. Aucune moins-value de vente n’a été créée dans cette hypothèse. Une vente moins chère, des frais ou un délai modifieraient le résultat. Cet exemple ne crée aucun droit de retrait dans un fonds réel.

3. La dette amplifie la baisse de valeur pour les associés

Un autre véhicule possède un immeuble de 100 financé par 40 de dette et 60 de valeur nette. L’immeuble est réévalué à 80, la dette restant de 40. La valeur nette tombe à 40, soit une baisse de 33,3 %.

La créance bancaire n’est pas réduite automatiquement de 20 %. Cela ne garantit pas son remboursement : il faut encore les revenus, le financement à l’échéance et, le cas échéant, les conditions de réalisation de la garantie. Les provisions comptables et une éventuelle procédure collective ne sont pas modélisées.

Une perte à plusieurs étagesHypothèse fictive : un patrimoine sans dette passe de 100 à 80 M€. Une SCI détient toute la SCPI et un assureur toute la SCI en représentation de droits en unités de compte. La même baisse de 20 M€ se reflète dans trois valorisations. Les barres ne s’additionnent pas. l0g / SCPI / 06 Une perte à plusieurs étages Exemple entièrement fictif Montants en millions d’euros Valeur restante : 80 Moins-value : 20 Patrimoine de la SCPI 80 20 Participation de la SCI 80 20 Droits des assurés en UC 80 20 0 50 100 Une même moins-value de 20 M€. Détention intégrale à chaque étage. Sans dette, frais ni garantie en plus.
Calcul pédagogique l0g : 100 − 80 = 20 M€. Détention intégrale, aucune dette, aucun frais ni garantie additionnelle. Chaque barre reprend la même valeur initiale de 100, avec 80 restants et 20 de moins-value. Il ne s’agit ni de données Capimmo, ni d’une prévision. Les engagements en unités de compte sont supposés suivre la valeur du support.

Les conditions d’une propagation plus dangereuse

Une baisse de valorisation devient plus préoccupante lorsqu’elle entraîne des ventes contraintes. La BCE décrit le mécanisme pour les fonds ouverts : des retraits poussent à céder des actifs rapidement ; les prix obtenus affectent les valorisations ; d’autres investisseurs demandent à sortir. Des outils limitant ou retardant les rachats peuvent freiner cette boucle. Son analyse de mai 2026 est un exercice de modèle européen, pas une prévision sur les SCPI françaises. Source : BCE

Pour appliquer ce raisonnement à notre enquête, plusieurs conditions doivent se rejoindre. Le fonds doit effectivement manquer de ressources mobilisables. Les ventes doivent peser sur les prix d’actifs comparables. D’autres propriétaires doivent répercuter ces références dans leurs expertises ou subir les mêmes difficultés locatives. Le financement doit alors devenir plus contraignant ou les retraits s’accélérer. Une simultanéité de baisses ne suffit pas à établir toute cette chaîne.

Les files d’attente et les marchés secondaires des SCPI modifient précisément la transmission. Si une sortie reste en attente, ou si les parts sont vendues à un autre investisseur, le fonds n’a pas nécessairement à vendre un immeuble pour payer cette opération. La protection du portefeuille peut donc se traduire par une attente ou une décote supportée par le vendeur. Le coût est localisé différemment ; il n’a pas disparu. Source sur le mécanisme de retrait : AMF

Les signaux sectoriels demandent aussi du discernement. Au premier semestre 2026, les OPCI grand public enregistrent 337 millions d’euros de décollecte nette et les SC en unités de compte 265 millions, tandis que les SCPI collectent encore 2,2 milliards nets. Les deux décollectes reculent par rapport au semestre précédent ; pour les SC, elles restent supérieures aux 101 millions du premier semestre 2025. La base de comparaison change donc le diagnostic. Ce sont des flux, pas des pertes. Source : ASPIM

Une collecte nationale positive n’apporte pas automatiquement de l’argent aux véhicules en difficulté. Mais une hausse des sorties peut aussi accompagner une amélioration de la liquidité : la Banque de France explique qu’à fin 2025, la réalisation de cessions et la désactivation de certains outils de liquidité ont permis de satisfaire davantage de demandes. Elles ont ainsi contribué à la hausse de la décollecte des OPCI et SCI entre les troisième et quatrième trimestres. Le flux mesuré peut augmenter parce que l’argent recommence à sortir. Source : Banque de France, p. 44, soit p. 45 du PDF

Où s’arrête la mesure du risque

Le meilleur contre-argument à une conclusion de crise généralisée demeure le diagnostic de la Banque de France publié le 24 juin 2026 : elle juge alors le risque de crédit immobilier commercial contenu. Cette appréciation concerne la stabilité financière ; elle ne certifie ni le prix de revente d’une SCPI ni la disponibilité d’une ligne d’assurance-vie en septembre. Source : Banque de France

Les documents réunis permettent de conclure qu’une transmission de valorisation entre Primopierre et un support d’assurance-vie est décrite par le gestionnaire. Ils permettent aussi de distinguer l’exposition bancaire immobilière globale des prêts aux seules SCPI. Ils ne permettent pas de chiffrer une perte consolidée des assureurs et des banques imputable à ces fonds, ni d’établir qu’une crise systémique serait engagée. Sources : Capimmo et ACPR ACPR

Il manque surtout un rapprochement complet des participations par assureur, avec les quantités, les conventions de valorisation et la distinction entre unités de compte, fonds en euros et compte propre. Il faudrait lui joindre les paiements attendus, les restrictions éventuellement actives et les financements bancaires réellement associés aux véhicules, en incluant leurs filiales. Nous n’avons pas trouvé ce tableau consolidé dans les sources publiques exploitées. Cela ne signifie pas que les superviseurs n’en disposent pas.

Pour prolonger la surveillance, les informations décisives seront les ventes effectivement réglées, les demandes exécutées et encore en attente, les réserves mobilisables, les échéances et les dégradations de crédit identifiables. Une nouvelle baisse de part ne suffit pas à les remplacer.

La série s’achève donc sur une distinction pratique. L’épargnant peut déjà supporter une perte sans faillite du fonds ; l’assureur peut devoir trouver du cash sans supporter toute la moins-value ; la banque peut être exposée sans avoir perdu sa créance. Le danger supplémentaire apparaît lorsque plusieurs de ces contraintes doivent être résolues au même moment. C’est cette rencontre qu’il faut mesurer, plutôt que compter plusieurs fois les mêmes milliards.

Méthode et sources

Cette enquête utilise les publications des gestionnaires, de l’ASPIM, de l’AMF, de l’ACPR, de la Banque de France, de la BCE et les textes applicables à l’assurance. Les appréciations des gestionnaires sont attribuées ; elles ne constituent pas une vérification indépendante de leurs portefeuilles. Aucun entretien ni demande de commentaire n’a été réalisé. Les situations pédagogiques sont fictives. Le texte n’est pas une recommandation d’achat ou de vente.

Les observations n’ont pas toutes la même date : données bancaires de décembre 2025, flux du premier semestre 2026, allocation Capimmo de juillet, documents consultés jusqu’au 13 septembre. Les fiches AMF ont été consultées dans leur texte indexé, l’accès direct étant bloqué. Le texte de L131-4 a été relu sur Légifrance ; la version affichée est en vigueur depuis le 11 décembre 2016. Les PDF de Praemia, de l’ACPR et de la Banque de France ont été contrôlés directement.

La série complète

  1. SCPI : derrière les 31 % de baisse du montant en attente
  2. SCPI : le prix de la sortie
  3. SCPI : le rendement et les euros
  4. SCPI de bureaux : la facture des locaux vides
  5. SCPI : la dette impose son calendrier
Références détaillées et périmètres
  1. Praemia REIM France : SCI Capimmo : Reporting trimestriel T2 2026. Bulletin T2, observations au 3 juillet 2026. Pages 1–2 : valorisation, allocation et cessions. Déclarations du gestionnaire ; pas de rapprochement indépendant des participations.
  2. Praemia REIM France : SCI Capimmo : présentation et risques. Présentation commerciale et risques. Les chiffres clés du 4 septembre ne remplacent pas les postes d’allocation du bulletin de juillet.
  3. AMF : Placements collectifs : investir dans une société civile détenant de l’immobilier. Fiche du 20 novembre 2023 : composition des sociétés civiles, statut de l’assuré et agrément. Texte indexé consulté ; accès direct bloqué.
  4. ABE Infoservice (Banque de France, ACPR, AMF) : Assurance-vie : comprendre les contrats et les supports financiers. Engagement exprimé en unités de compte et risque de perte en capital.
  5. ABE Infoservice (Banque de France, ACPR, AMF) : Que faut-il savoir si vous avez conclu un contrat d’assurance vie ?. Délai général de paiement d’un rachat après réception des pièces nécessaires ; les exceptions légales sont examinées séparément.
  6. Légifrance : Code des assurances : article L131-4. Article L131-4, I à IV, version en vigueur depuis le 11 décembre 2016. Conditions et restrictions sur la partie concernée du contrat.
  7. AMF : Médiateur : SCPI : une demande de retrait, même régulière, peut être exécutée dans un délai indéterminé. Billet du 1er février 2024 sur la détention directe. Texte indexé consulté ; à lire avec les exceptions légales propres à l’assurance-vie.
  8. ASPIM / IEIF : Collecte et performance des fonds immobiliers grand public au premier semestre 2026. Statistiques professionnelles ASPIM/IEIF, premier semestre 2026 et stocks au 30 juin. Des mesures différentes, avec des participations croisées possibles.
  9. ACPR : Analyses et synthèses n°184 : Le financement de l’immobilier commercial par les banques françaises en 2025. Étude n°184 achevée le 2 juillet 2026. Cinq groupes, encours fin 2025. Tableau 1 p. 4, risque de crédit p. 16, périmètre p. 22.
  10. ACPR : N°184 : page de présentation. Présentation de l’étude n°184, actualisée le 30 juillet 2026. Résilience d’ensemble et vulnérabilités des professionnels de l’immobilier.
  11. Banque de France : Rapport sur la stabilité financière : Juin 2026. Rapport publié le 24 juin 2026 : appréciation de stabilité financière à cette date.
  12. Banque de France : Rapport sur la stabilité financière : Juin 2026, texte intégral. Page imprimée 44, page 45 du PDF : cessions, reprise des rachats et décollecte des OPCI/SCI fin 2025.
  13. Banque centrale européenne : Assessing the macroprudential impact of liquidity management tools for investment funds: a system-wide analysis. Analyse de modèle, mai 2026 : ventes forcées et outils de liquidité. Les réactions anticipées des investisseurs restent hors modèle ; aucune estimation transposée aux SCPI.

Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.

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