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Le renminbi tisse sa zone monétaire en Asie

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Analyse complète

Le récit est tentant : l’Asie se « dédollarise » et bascule vers le yuan. Les données racontent quelque chose de plus subtil. Le renminbi ne remplace pas le dollar. Il devient progressivement la monnaie de fonctionnement d’un espace économique centré sur la Chine : d’abord pour payer, de plus en plus pour financer, beaucoup moins pour épargner. C’est moins spectaculaire qu’un changement de monnaie dominante. C’est aussi beaucoup plus concret.

Cette enquête prolonge notre audit du récit de dédollarisation face aux chiffres en se concentrant sur les usages régionaux du renminbi.

D’abord, une précision : renminbi ou yuan ?

Le renminbi (RMB) est le nom de la monnaie chinoise. Le yuan est son unité de compte, comme la livre est l’unité de la livre sterling. Sur les marchés de change, on rencontre surtout le code CNY pour le renminbi onshore et CNH pour le renminbi offshore.

Dans cet article, « renminbi » désigne donc la monnaie et « yuan » les montants.

La distinction paraît scolaire. Elle devient utile dès qu’on essaie de comprendre ce qui est réellement en train de changer : une monnaie peut gagner du terrain dans les règlements commerciaux, le crédit, les marchés de change ou les réserves de banques centrales sans progresser au même rythme dans chacune de ces fonctions.

C’est exactement le cas du renminbi.

L’Asie centrale : petite base, accélération spectaculaire

Le point de départ est impressionnant. Selon le RMB Internationalization Report 2025 de la Banque populaire de Chine (PBOC), les règlements transfrontaliers en renminbi entre la Chine et les cinq pays d’Asie centrale, Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizstan et Tadjikistan, ont atteint 79,06 milliards de yuans en 2024, en hausse de 53,9 % sur un an.

Près de 70 % de ces flux relevaient du commerce de biens. Et pour le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan, la part du renminbi dans le règlement du commerce bilatéral de marchandises avec la Chine tournait autour de 25 % en 2024, puis d’environ 30 % au premier semestre 2025. Entre 2020 et 2024, la PBOC calcule une croissance annuelle moyenne de 59,1 % de l’usage transfrontalier du RMB dans la région.

Source : PBOC, RMB Internationalization Report 2025, pp. 97-98.

Deux vitesses, un même mouvement Règlements transfrontaliers en RMB avec la Chine, 2024 ASEAN 8 900 Md ¥ dont 2 400 Md ¥ pour le commerce de biens +50,7 % sur un an ASIE CENTRALE 79,06 Md ¥ près de 70 % liés au commerce de biens +53,9 % sur un an Source : PBOC, RMB Internationalization Report 2025. Les deux montants ne sont pas à la même échelle.
L’Asie centrale affiche une croissance très rapide, mais l’ASEAN constitue déjà un marché du renminbi d’un ordre de grandeur radicalement supérieur.

Le chiffre est spectaculaire. Le niveau l’est moins : 79 milliards de yuans représentent moins de 1 % des 8 900 milliards de yuans de règlements Chine-ASEAN la même année. L’Asie centrale est donc un laboratoire à très forte croissance, pas encore le centre de gravité du renminbi en Asie.

Cette nuance est essentielle.

Kazakhstan : le yuan monte aussi parce que le système russe se ferme

Le Kazakhstan fournit probablement le meilleur cas d’école pour éviter une erreur classique : confondre une hausse de la demande de yuan avec une préférence monétaire spontanée.

Dans son Financial Stability Report 2024, la Banque nationale du Kazakhstan constate que le dollar reste dominant sur son marché des changes. Sur le marché organisé, la paire CNY/KZT demeure petite : sa part n’a atteint que 2 % lors de ses mois les plus actifs de 2024.

Mais hors marché organisé, le mouvement est brutal. Les transactions CNY/KZT ont atteint 410 milliards de tenges en 2024, soit plus de 50 fois le volume de l’année précédente.

Et la banque centrale kazakhe fournit elle-même l’explication : les sanctions contre Gazprombank ont provoqué une demande supplémentaire de yuan sur les marchés organisé et de gré à gré.

Source : National Bank of Kazakhstan, Financial Stability Report of Kazakhstan 2024, section 1.2.5.

Autrement dit, une partie de la « yuanisation » régionale ne vient pas d’un référendum silencieux contre le dollar. Elle résulte de la fragmentation des circuits existants : quand une voie en roubles devient plus difficile, les acteurs cherchent une autre monnaie capable de régler le commerce avec la Chine.

Le résultat reste important. Mais la causalité change complètement l’interprétation.

Une monnaie devient vraiment utile quand la plomberie existe

Payer occasionnellement un fournisseur chinois en yuan est une chose. Construire un système bancaire dans lequel le yuan circule sans friction en est une autre.

C’est là que le mouvement devient structurel.

En juin 2025, Eldik Bank, au Kirghizstan, a obtenu le statut de participant direct à CIPS, le système chinois de paiement, de compensation et de règlement interbancaire transfrontalier en renminbi. En septembre 2025, la banque annonçait être la première d’Asie centrale à avoir effectivement lancé CIPS comme participant direct.

Puis, le 19 août 2026, Eldik Bank a franchi une étape supplémentaire : elle a commencé à proposer aux banques kirghizes et aux institutions financières étrangères de se connecter à CIPS comme participants indirects via sa propre infrastructure.

Sources : Eldik Bank, 18 juin 2025 ; 10 septembre 2025 ; 19 août 2026.

Quelques semaines plus tôt, le Kazakhstan avait renforcé l’autre étage de cette architecture. La Banque nationale du Kazakhstan et la PBOC ont signé fin juillet 2026 un nouvel accord bilatéral de swap de devises, valable trois ans et renouvelable. Il donne aux deux banques centrales un mécanisme d’accès à la liquidité dans leurs monnaies nationales.

Source : National Bank of Kazakhstan, 4 août 2026.

C’est la combinaison qui compte :

commerce en renminbi → banques capables de le régler → accès à CIPS → mécanismes de liquidité entre banques centrales.

On ne parle plus seulement d’entreprises qui choisissent une devise sur une facture. On construit la plomberie permettant à cette devise de fonctionner.

CIPS change d’échelle, mais CIPS n’est pas SWIFT

À fin juin 2026, CIPS comptait 210 participants directs et 1 619 participants indirects. Parmi ces derniers, 1 157 étaient situés en Asie, dont 542 en Chine continentale.

De janvier à juillet 2026, CIPS a traité 5,232 millions d’opérations, pour une valeur cumulée de 120 300 milliards de yuans. Sur le seul mois de juillet : 19 400 milliards de yuans.

Source : CIPS, statistiques opérationnelles, juillet 2026.
Source : CIPS, participants mondiaux, juin 2026.

Ces montants donnent parfois lieu à une comparaison trompeuse avec SWIFT.

CIPS et SWIFT ne mesurent pas la même chose. CIPS est une infrastructure de paiement, de compensation et de règlement du renminbi. SWIFT fournit principalement une infrastructure de messagerie financière multidevise. Le volume traité par CIPS ne peut donc pas être transformé en « part de marché contre SWIFT ».

Le meilleur contrepoint vient justement de SWIFT.

Dans son Global Currency Tracker d’août 2026, qui porte sur les paiements de juillet, le renminbi représente 3,10 % de la valeur des paiements mondiaux observés sur le réseau, au cinquième rang. Le dollar en représente 50,99 %.

Si l’on exclut les paiements à l’intérieur de la zone euro, le renminbi descend à 2,34 %, contre 59,58 % pour le dollar.

Source : SWIFT, Global Currency Tracker, août 2026.

Donc oui : le réseau RMB se densifie très vite. Non : il n’est pas en train de supplanter le réseau dollar à l’échelle mondiale.

L’ASEAN est le vrai centre de gravité

Si l’Asie centrale fournit les meilleurs signaux d’accélération géopolitique, l’ASEAN fournit les volumes.

En 2024, les règlements transfrontaliers en renminbi entre la Chine et l’ASEAN ont atteint 8 900 milliards de yuans, en hausse de 50,7 % sur un an. Le commerce de biens en représentait 2 400 milliards, en hausse de 21,8 %, et l’investissement direct 900 milliards, en hausse de 33,6 %.

Le rapport PBOC est toutefois incohérent sur un point : son chapitre régional indique 21,8 % pour la croissance des règlements liés au commerce de biens, tandis que son résumé exécutif donne 21,6 % pour la même mesure. Nous conservons ici le chiffre du chapitre détaillé, sans tirer de conclusion de cet écart de 0,2 point.

Entre 2020 et 2024, le volume total a plus que doublé, de 4 200 à 8 900 milliards de yuans.

La PBOC décrit en parallèle une infrastructure déjà beaucoup plus mature : à fin 2024, 150 institutions financières de l’ASEAN participaient à CIPS, dont 22 directement. CIPS avait traité cette année-là 954 000 opérations transfrontalières en RMB concernant l’ASEAN, pour 21 200 milliards de yuans, soit +95,6 % en valeur sur un an.

Source : PBOC, RMB Internationalization Report 2025, pp. 95-96.

Attention au vocabulaire : les 8 900 milliards ne correspondent pas uniquement à des exportations et importations. La statistique agrège plusieurs catégories de paiements et de flux financiers transfrontaliers. La confondre avec « 8 900 milliards de commerce facturé en yuan » gonflerait artificiellement l’histoire.

La donnée la plus directement commerciale est celle des 2 400 milliards de yuans de règlements RMB du commerce de biens Chine-ASEAN.

C’est déjà considérable.

Le crédit est peut-être le changement le plus profond

Une monnaie internationale ne sert pas seulement à payer. Elle sert à s’endetter.

Sur ce terrain, les données de la Banque des règlements internationaux (BIS) sont particulièrement intéressantes.

Entre le premier trimestre 2021 et le premier trimestre 2025, le crédit bancaire transfrontalier libellé en renminbi aux économies émergentes et en développement a augmenté cumulativement de 373 milliards de dollars, principalement vers des emprunteurs d’Asie-Pacifique.

Sur la même période, le crédit transfrontalier en dollars à ces emprunteurs a diminué cumulativement de 257 milliards de dollars.

La BIS identifie 2022 comme un point d’inflexion : le resserrement monétaire de la Fed et de la BCE a rendu les financements en dollars et en euros beaucoup plus coûteux au moment où les taux chinois restaient faibles.

Source : BIS, International banking statistics and global liquidity indicators at end-March 2025.

Il faut là encore résister au raccourci. Les 373 milliards de crédit RMB et les 257 milliards de baisse du crédit dollar ne prouvent pas un transfert mécanique, dollar pour dollar, d’une devise vers l’autre. Les emprunteurs, maturités, banques et usages ne sont pas nécessairement identiques.

Mais la coïncidence temporelle est suffisamment forte pour que la BIS elle-même parle d’un basculement vers le crédit en renminbi à partir de 2022.

Le FMI arrive au même mécanisme dans son rapport Article IV 2026 sur la Chine : les faibles taux chinois ont accru la demande étrangère de financement en RMB, tandis que l’expansion des banques de compensation, de CIPS et des accords de swap a réduit les coûts opérationnels de son utilisation.

Source : FMI, People’s Republic of China: 2025 Article IV Consultation, Box 6, janvier 2026.

Le renminbi peut donc progresser sans convaincre une banque centrale de remplacer ses Treasuries par des obligations chinoises : il suffit qu’une entreprise asiatique trouve moins cher ou plus pratique d’emprunter en RMB pour financer un commerce ou un investissement lié à la Chine.

C’est probablement la transformation à surveiller le plus attentivement.

Le dollar est encore caché à l’intérieur du marché du yuan

Voilà le paradoxe.

Le renminbi progresse rapidement sur le marché des changes. Dans l’enquête triennale 2025 de la BIS, il apparaît sur un côté de 8,5 % des transactions mondiales de change, contre 7 % en 2022, ce qui en fait l’une des monnaies les plus négociées au monde.

Source : BIS, OTC foreign exchange turnover in April 2025.

Mais 96 % des transactions de change impliquant le CNY avaient encore le dollar comme contrepartie en avril 2025.

Source : BIS, Renminbi propels the growth of EME currency trading, décembre 2025.

C’est un chiffre extraordinairement révélateur.

On peut faire croître fortement les échanges en yuan tout en renforçant temporairement le rôle du dollar comme monnaie-véhicule du marché du yuan.

Le même contraste apparaît dans les réserves.

Notre guide de lecture du COFER détaille le périmètre de cette statistique et le piège des effets de valorisation.

Au premier trimestre 2026, le renminbi représente 1,99 % des réserves de change mondiales suivies par le FMI. Le dollar en représente 57,13 %. Et le FMI précise que la petite hausse du RMB par rapport à 1,95 % le trimestre précédent provient principalement d’effets de valorisation.

Source : FMI, COFER, 1er juillet 2026.

Le plafond mondial reste très haut Part du dollar et du renminbi selon trois métriques différentes Paiements SWIFT, juil. 2026 USD 50,99 % CNY 3,10 % Réserves COFER, T1 2026 USD 57,13 % CNY 1,99 % Turnover FX, avr. 2025 USD 89,2 % CNY 8,5 % Sources : SWIFT, IMF COFER, BIS. FX : chaque transaction compte deux devises, les parts ne totalisent donc pas 100 %.
Le RMB gagne des usages, mais aucune des grandes métriques mondiales ne décrit aujourd’hui un remplacement du dollar.

Un chiffre kazakh à manier avec des pincettes

Le rapport de la PBOC contient une donnée étonnante : selon elle, la part du renminbi dans les réserves de change du Kazakhstan aurait atteint 19 % fin 2024, soit treize points de plus qu’un an auparavant.

La prudence s’impose.

Le FMI ne publie aucune composition par devise des réserves d’un pays individuel dans COFER : ces données sont confidentielles. Et le rapport public de la Banque nationale du Kazakhstan que nous avons consulté détaille la répartition entre or et actifs en devises, mais pas une ventilation permettant de confirmer publiquement ces 19 %.

Source de l’affirmation : PBOC, RMB Internationalization Report 2025, p. 98.
Sur la confidentialité des données pays : FMI, COFER FAQ.

Le chiffre peut être exact. Mais il ne bénéficie pas, dans les documents publics disponibles, de la même vérification indépendante que les volumes de change kazakhs.

Dans une histoire monétaire aussi politisée, cette distinction entre donnée officielle chinoise et donnée recoupable n’est pas un détail.

Ce qui change réellement : trois étages, trois vitesses

Pour comprendre le renminbi en Asie, il faut séparer trois fonctions.

1. La monnaie de règlement.
C’est là que la progression est la plus évidente. Une entreprise d’ASEAN ou d’Asie centrale qui achète des biens chinois peut éviter une conversion supplémentaire en dollars, réduire certains coûts de change et régler directement son partenaire en RMB.

2. La monnaie de financement.
C’est le deuxième étage, et probablement le plus important. Si les entreprises peuvent emprunter en RMB, lever des obligations en RMB ou trouver de la liquidité bancaire en RMB, la monnaie cesse d’être un simple moyen de paiement : elle devient une unité dans laquelle se construisent des bilans.

3. La monnaie de réserve et de valeur refuge.
C’est ici que le décrochage reste immense. À 1,99 % des réserves mondiales, le renminbi n’a pas encore acquis la profondeur, la liquidité, la convertibilité et le stock d’actifs sûrs accessibles qui caractérisent une grande monnaie de réserve.

Le FMI formule précisément les obstacles : restrictions persistantes sur les mouvements de capitaux, marchés offshore encore insuffisamment profonds, manque d’actifs sûrs en RMB accessibles mondialement et marché de couverture de change moins profond que ceux des principales monnaies internationales.

Le débat « dollar ou yuan ? » écrase donc une réalité beaucoup plus intéressante :

le renminbi peut devenir une grande monnaie régionale de transaction et de financement sans devenir une grande monnaie mondiale de réserve.

Pourquoi l’Asie est le terrain naturel

Le phénomène n’est pas mystérieux.

La Chine se trouve au centre d’une masse considérable de chaînes de valeur asiatiques. Lorsqu’un importateur achète en Chine, qu’un groupe chinois investit en ASEAN, qu’une banque finance un flux commercial chinois ou qu’un État dispose d’un swap avec la PBOC, la demande de RMB dispose d’un usage économique concret.

À cette géographie du commerce se sont ajoutés trois accélérateurs.

Le premier est le différentiel de taux. À partir de 2022, les politiques monétaires américaine et européenne se sont fortement resserrées alors que la Chine restait dans un environnement de taux beaucoup plus bas. Pour certains emprunteurs, le RMB est devenu une source de financement plus attractive.

Le deuxième est la géopolitique. L’exemple kazakh montre qu’une sanction frappant un canal russe peut déplacer brutalement la demande vers le yuan. D’autres acteurs peuvent chercher à réduire leur dépendance à une seule infrastructure ou à une seule devise, même sans vouloir sortir du dollar.

Le troisième est l’infrastructure. Un swap de banque centrale, une banque de compensation, un participant CIPS ou une paire de change directement négociable ne créent pas à eux seuls la demande. Mais ils abaissent le coût de son expression.

C’est une stratégie de réseau : moins le renminbi est pénible à utiliser, plus les flux liés à la Chine ont de raisons de rester en renminbi.

Ce que Pékin a réussi, et ce qu’il n’a pas encore réussi

La stratégie chinoise a déjà obtenu quelque chose de significatif : dans un nombre croissant de transactions impliquant directement la Chine, le dollar n’est plus techniquement indispensable.

C’est différent de dire que le dollar devient inutile.

Les chiffres SWIFT, BIS et FMI montrent au contraire qu’il reste la principale monnaie de paiement international, la principale monnaie des réserves et la monnaie-véhicule dominante du marché des changes. Même l’essor du CNY sur le FX passe encore presque entièrement par le dollar.

Le bulletin d’août 2026 de la Reserve Bank of Australia, publié le 27 août, aboutit à une lecture comparable : l’usage international du RMB progresse, mais reste minoritaire et devrait avancer graduellement tant que l’ouverture du compte de capital et la profondeur des marchés chinois demeurent limitées.

Mais une monnaie internationale ne conquiert pas nécessairement le monde d’un seul coup. Elle peut d’abord créer une zone d’utilité.

Dans l’ASEAN, cette zone dispose déjà de volumes. En Asie centrale, elle dispose d’une croissance rapide et d’un puissant moteur géopolitique. Dans le crédit bancaire asiatique, elle commence à produire des bilans libellés en RMB. Et CIPS fournit progressivement les rails qui relient ces usages.

Le changement est donc moins théâtral qu’une « fin du dollar ».

Il est peut-être plus durable.

La bonne question n’est plus « quand le yuan remplacera-t-il le dollar ? »

Elle est mal posée.

Le test pertinent consiste désormais à demander, pays par pays et secteur par secteur :

combien de transactions économiques liées à la Chine ont encore besoin du dollar pour exister ?

Si une entreprise malaisienne peut être facturée en RMB, se financer en RMB, couvrir son risque de change, régler via une banque connectée à CIPS et placer temporairement sa trésorerie dans des actifs RMB, la Chine a gagné quelque chose d’important même si la banque centrale malaisienne continue de conserver l’essentiel de ses réserves en dollars.

C’est cette architecture que les chiffres asiatiques commencent à rendre visible.

Le renminbi ne détrône pas le dollar.

Il construit autour de la Chine un espace dans lequel, transaction après transaction, le dollar devient optionnel.

Et c’est probablement ainsi qu’une zone monétaire commence.


Sources primaires et institutionnelles

Point de départ de l’enquête : Les Echos, « La Chine accélère son offensive monétaire en Asie centrale », 31 août 2026. Les chiffres et conclusions de cet article l0g ont été reconstruits à partir des sources primaires ci-dessus.

Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.

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