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ASML : la seconde vie financière des machines à puces

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Analyse complète
Une machine de lithographie continue de rapporter à ASML longtemps après sa livraison. Il faut entretenir sa source lumineuse, maintenir sa précision, remplacer des pièces et, parfois, acheter de quoi accélérer sa cadence. Au troisième trimestre 2026, cet ensemble de services et de mises à niveau a produit 3,289 milliards d’euros de revenus. Son rôle dans les profits mérite désormais autant d’attention que les ventes de machines. 1, 2
Le sujet dépasse la fidélité des clients. Lorsque les fabricants de puces veulent produire davantage, augmenter la capacité d’un équipement déjà raccordé et qualifié peut avoir une valeur considérable. ASML dispose alors d’une seconde occasion de monétiser une technologie dont le client a déjà fait le cœur de son usine. La question devient très concrète : quelle part du gain industriel revient au fabricant de puces, et quelle part peut revenir à son fournisseur ?
Les comptes donnent une première réponse, avec une limite importante. Au premier semestre 2026, en normes européennes IFRS, les services et options expliquent presque toute l’augmentation du profit brut. Cette comparaison est toutefois sensible à l’augmentation de l’amortissement du développement capitalisé. Les documents permettent de mesurer ce basculement comptable ; ils laissent encore inconnus le bénéfice opérationnel propre au parc installé et la rentabilité de chaque contrat. 5 ; calculs l0g
Une machine peut avoir plusieurs vies commerciales
La lithographie projette les motifs d’un circuit sur une plaque de silicium, le wafer. Elle intervient à plusieurs étapes de fabrication. Les systèmes EUV utilisent l’ultraviolet extrême pour les couches les plus exigeantes ; d’autres couches et procédés utilisent notamment le DUV, l’ultraviolet profond. Une machine doit combiner résolution, précision d’alignement et cadence, tout en restant disponible dans une ligne industrielle. 13
Son utilité peut donc évoluer sans remplacement complet. Une intervention peut améliorer le déplacement des plaques, la puissance de la source, le logiciel ou la précision du procédé. ASML décrit précisément ces leviers dans sa documentation produit et son offre d’assistance. Un équipement déjà livré constitue une plateforme sur laquelle de nouvelles performances peuvent être vendues. 12, 13
La durée de cette relation compte. Dans son rapport annuel 2025, ASML indique qu’environ 95 % des systèmes vendus au cours des trente années précédentes sont encore utilisés. Cette donnée décrit la longévité des équipements, selon le constructeur. Le taux d’utilisation et la valeur des contrats de maintenance en cours restent à établir séparément. Une machine peut rester utile dans une production moins avancée tout en générant un revenu annuel très différent de celui d’un système EUV récent. 3, p. 18
Pour comprendre l’économie du parc, il faut ainsi suivre deux mouvements. Les livraisons élargissent le nombre d’équipements susceptibles de recevoir des services. Les évolutions techniques augmentent les prestations qu’ASML peut vendre sur certaines générations. La croissance du revenu dépend également de l’intensité d’utilisation et du calendrier des interventions. Le nombre de machines forme donc une base de travail à compléter par leur usage et les prestations vendues.
Au T3 2026, les revenus de services et d’options sur le terrain progressent de 67,6 % sur un an, contre 50,8 % pour les systèmes. Ils représentent 28,2 % des ventes du trimestre. Leur accélération apporte 1,327 milliard d’euros à une hausse totale du chiffre d’affaires de 4,146 milliards, soit environ 32 %. Les systèmes restent donc le premier moteur en valeur absolue, tandis que le parc installé gagne en importance. 2 ; calculs l0g
Méthode et périmètre
Revenus US GAAP en milliards d’euros, T3 2025 et T3 2026. Systèmes : 5,5538 puis 8,3732 ; services et options : 1,9622 puis 3,2888. Totaux : 7,516 et 11,662. Les barres partagent une échelle de zéro à 12 Md€. Croissance des services : 67,6 %. Leur contribution à la hausse totale se calcule 1,3266 / 4,1460 = 32,0 %.
Un même poste, plusieurs calendriers de revenu
ASML appelle cette activité Installed Base Management, ou gestion du parc installé. La ligne comptable correspond aux ventes de services et d’options sur le terrain. Elle réunit des prestations dont les rythmes économiques diffèrent. L’expression « revenu récurrent » doit être réservée à la partie qui le justifie.
Un contrat de maintenance peut rémunérer la disponibilité d’équipes et de pièces pendant une période. Le revenu est alors généralement reconnu progressivement, à mesure que le service de disponibilité est fourni. Des clauses de performance peuvent faire varier la rémunération. Les interventions ponctuelles et pièces facturables suivent, elles, leur propre livraison ou réalisation. 4, note 2
D’autres recettes suivent l’usage. Dans le modèle OnPulse décrit par ASML, la maintenance de la source lumineuse est rémunérée en fonction du nombre d’impulsions. Une usine qui fait tourner davantage ses outils peut ainsi accroître cette composante de revenu. Le lien avec l’activité du client devient plus direct que dans un simple forfait annuel. 4, note 2
Les mises à niveau ajoutent une troisième dynamique. Certaines options sont reconnues lors de leur livraison ; une intervention nécessitant une installation significative peut donner lieu à une reconnaissance au fil de son avancement. Le revenu dépend donc de la nature de la prestation et des obligations contractuelles. Une vague d’upgrades peut produire un excellent trimestre sans devenir un abonnement identique le trimestre suivant. 4, note 2
Méthode et périmètre
Schéma qualitatif de reconnaissance du revenu, fondé sur la note 2 des comptes US GAAP 2025. Les contrats de disponibilité sont généralement reconnus au fil de la prestation ; OnPulse suit le nombre d’impulsions. Les options peuvent être reconnues à la livraison ou selon l’avancement d’une installation significative. Les tracés décrivent les rythmes contractuels et ne représentent ni des montants ni la part réelle de chaque revenu.
Cette diversité explique le relief du T3. Dans les propos préparés de la conférence du 14 octobre, la direction attribue le dépassement d’environ 400 millions d’euros de sa prévision de parc installé à la demande de mises à niveau de productivité, en EUV comme en DUV. Elle relie aussi la marge brute du groupe de 57,5 % à des composantes très rentables au sein de cette activité. Ces commentaires désignent un moteur précis ; la marge de l’activité entière reste inconnue. 6, p. 1
La distinction est importante pour la suite. Le forfait de maintenance, l’utilisation de la source et la grande intervention technique ne réagissent pas de la même manière à un ralentissement. Le forfait peut apporter de la visibilité. Les consommables sensibles à l’usage peuvent ralentir avec la production. Un chantier de modernisation peut être avancé, retardé ou regroupé. Appliquer une seule règle de récurrence à leur somme ferait disparaître l’essentiel du mécanisme.
Le basculement apparaît dans le profit brut
Le rapport semestriel statutaire donne un détail que le tableau trimestriel US GAAP ne fournit pas : le coût des ventes est séparé entre systèmes et services/options. On peut donc calculer le profit brut de chaque ensemble, c’est-à-dire le revenu restant après les coûts directement classés en coût des ventes. La recherche, les frais commerciaux et les autres charges doivent encore être financés ensuite. 5, p. 5 et 12
Entre les premiers semestres 2025 et 2026, le profit brut des services et options passe de 2,185 à 3,164 milliards d’euros. Celui des systèmes reste proche de 6,04 milliards. La hausse totale de 982 millions se décompose en 979,1 millions pour les services et options et 2,9 millions pour les systèmes. Le premier poste explique ainsi 99,7 % de l’augmentation, dans ce référentiel et sur cette période. 5 ; calculs l0g
Méthode et périmètre
S1 2025 contre S1 2026, EU-IFRS, données non auditées et non revues par un auditeur externe. Profit brut systèmes : 6 038,2 puis 6 041,1 M€ ; services et options : 2 185,2 puis 3 164,3 M€. Variations : +2,9 et +979,1 M€. L’augmentation des amortissements de développement capitalisé influence cette comparaison. Le profit brut doit encore financer la recherche et les autres charges ; il reste distinct du bénéfice opérationnel et des flux de trésorerie. Les comparaisons US GAAP suivent un autre traitement comptable.
Ce résultat demande une lecture comptable attentive. ASML explique que la baisse de sa marge brute globale en IFRS, de 53,3 % à 50,9 %, tient principalement à l’augmentation de l’amortissement de dépenses de développement capitalisées. Certaines dépenses ont été inscrites à l’actif puis sont progressivement imputées aux résultats. Leur calendrier d’amortissement peut modifier la comparaison entre activités et entre périodes. Le rapport semestriel, non audité et non revu par un auditeur externe, le précise. 5, p. 4-7
Les comptes US GAAP suivent un autre traitement de ces dépenses. Il serait donc trompeur de prolonger le graphique IFRS avec la marge trimestrielle américaine, ou d’y transposer les 99,7 %. Le calcul décrit un partage de variation du profit brut IFRS. Il ne mesure ni la totalité de l’amélioration industrielle, ni un flux de trésorerie, ni la contribution aux bénéfices nets.
Le niveau reste aussi instructif que la variation. Au S1 2026, les services et options représentent environ 34,4 % du profit brut IFRS, pour 29 % du chiffre d’affaires. Les systèmes en produisent encore près des deux tiers. Et, en US GAAP sur l’ensemble de 2025, la marge brute calculée des services/options était de 50,9 %, contre 53,5 % pour les systèmes. La supériorité de rentabilité du parc installé varie donc avec le contenu des prestations, le cycle et le référentiel ; elle ne doit pas être posée comme une loi permanente. 3, p. 54 ; 5 ; calculs l0g
Vendre du débit dans une usine déjà équipée
La valeur d’un upgrade se comprend du côté du client. Une machine plus rapide peut absorber davantage de passages de wafers dans le même emplacement. Le fabricant évite alors, pour cette capacité supplémentaire, certaines contraintes associées à l’installation d’un outil additionnel. La valeur exacte dépend du prix de l’intervention, de sa durée, de la demande et de l’organisation de la ligne.
Un exemple récent donne l’échelle : le rapport annuel 2025 décrit une mise à niveau logicielle PEP-E portant la productivité du NXE:3800E de 220 à 230 wafers par heure. Le gain de cadence est de 4,5 %. Cette performance est annoncée par le constructeur ; sa traduction dans la production finale dépend de chaque usine cliente. 4, section Product sustainability ; calcul l0g
La nuance physique est décisive. Un wafer traverse plusieurs opérations, souvent plusieurs étapes de lithographie. Une hausse de cadence sur une machine n’augmente la production de puces vendables que si d’autres contraintes le permettent. Une étape d’inspection saturée, un procédé plus lent ou un rendement de fabrication dégradé peuvent limiter le gain. Les wafers par heure décrivent la capacité d’une étape donnée. La production finale de puces dépend de l’ensemble de la ligne.
Pour ASML, cette valeur créée ouvre un espace de négociation. Le prix peut être discuté au regard de la capacité supplémentaire et du coût évité par le client. Celui-ci conserve cependant des choix : accepter la performance disponible, différer l’intervention, réorganiser la production ou préférer un autre investissement. L’utilité technique du fournisseur renforce sa position ; les contrats et les gains réellement capturables déterminent la facture.
La chronologie des prix mérite également attention. Dans la vidéo accompagnant les résultats du T3, la direction indique avoir conclu de nouvelles négociations tarifaires avec ses principaux clients. Leur effet serait partiel en 2027 puis pleinement visible à partir de 2028. Le commentaire porte sur les négociations du groupe, avec une ventilation entre machines et upgrades encore inconnue. Leur effet attendu appartient aux exercices suivants ; la marge du T3 2026 repose sur les conditions déjà appliquées. 7
L’arrêt de la machine entre dans le calcul
Une modernisation lourde peut retirer temporairement une capacité très demandée. Ce coût de transition aide à comprendre pourquoi la décision dépasse la simple comparaison des cadences.
Lors de son Investor Day de septembre 2021, ASML présentait un passage du NXT:1960 au NXT:1980 : six semaines d’intervention pour faire évoluer la cadence de 230 à 295 wafers par heure. L’exemple est historique. La durée et les conditions d’une intervention actuelle demandent une évaluation propre à chaque chantier. Il fournit toutefois un bon support pour isoler l’arbitrage industriel. 8, diapositive 22
Supposons qu’une machine puisse conserver sa cadence initiale sans interruption et que la machine modernisée retrouve immédiatement la cadence annoncée après quarante-deux jours d’arrêt. On conserve les mêmes taux de disponibilité et de charge avant et après. Le rattrapage du volume cumulé se produit alors environ 191 jours après le début du chantier, soit près de 149 jours après la remise en route. Ce résultat est un calcul pédagogique ; ASML ne le publie pas comme délai de retour sur investissement. 8 ; scénario l0g
Méthode et périmètre
Cas technique historique NXT:1960 vers NXT:1980 présenté par ASML en septembre 2021, cadence de 230 à 295 passages de wafers par heure. Scénario l0g : arrêt de 42 jours, disponibilité et charge communes de 100 %, redémarrage immédiat et aucun autre goulot. Point de rattrapage depuis le début de l’arrêt : 42 × 295 / (295 − 230) = 190,615 jours, soit 148,615 jours après la remise en route. Sur 365 jours : 2 014 800 passages contre 2 286 840, soit +13,5 %. Il s’agit de volumes à une étape, distincts de puces finies et d’un retour financier.
Le raisonnement est simple : pendant l’arrêt, la trajectoire sans intervention continue de produire. Une fois la machine relancée, le gain de cadence comble progressivement ce retard. La formule du point de rattrapage depuis le début du chantier est : durée d’arrêt × cadence après / différence de cadence. Elle compare deux volumes, sans valoriser le prix de l’upgrade, les marges du client ou le coût du capital.
Sur un horizon de 365 jours et à disponibilité et charge constantes de 100 %, le modèle donne environ 2,287 millions de passages après modernisation, contre 2,015 millions sans intervention. Le gain cumulé est de 13,5 %, inférieur aux 28,3 % de gain de cadence à régime établi. Une disponibilité ou une charge commune plus faible réduit les deux volumes ; elle laisse ici le point de rattrapage inchangé. Une montée en cadence progressive ou des taux différents modifieraient le résultat. [Scénario l0g, paramètres techniques historiques de 8]
l0g / ASML / CAPACITÉ INDUSTRIELLE
Le prix de l’arrêt, mesuré en production
Une machine accélérée peut d’abord perdre du terrain pendant son arrêt. Comparez les volumes cumulés avec une machine qui continue de tourner à sa cadence initiale.
Faire varier les hypothèses
SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE : 230 puis 295 passages par heure et six semaines d’arrêt proviennent d’un exemple ASML de 2021. L’horizon de 365 jours, la disponibilité de 90 % et la charge de 80 % sont des hypothèses l0g.
- Volume avec la cadence initiale
- passages
- Volume avec la modernisation
- passages
- Écart de volume cumulé
- passages
- Rattrapage depuis le début de l’arrêt
- jours
+13,5 % · Écart sur l’horizon choisi
Le rattrapage se situe dans l’horizon affiché. Après la remise en route : 148,6 jours.
Millions de passages de wafer
Hypothèses, formule et source
La disponibilité représente la fraction du temps où la machine peut fonctionner ; la charge représente la part de cette capacité mobilisée. Le modèle applique les mêmes taux aux deux trajectoires. La cadence après intervention est atteinte immédiatement au redémarrage. Les autres étapes de l’usine, la montée en cadence, les coûts, les prix et les marges restent hors du calcul.
Rattrapage depuis le début = durée d’arrêt × cadence après ÷ (cadence après − cadence avant), lorsque la cadence augmente.
Les paramètres techniques historiques concernent le passage NXT:1960 vers NXT:1980 présenté en 2021. ASML indiquait que des périodes de moindre utilisation pouvaient faciliter les interventions matérielles longues.
ASML Investor Day 2021, diapositives 21–22
Tous les calculs restent dans cette page. Les réglages sont conservés uniquement pendant son ouverture.
ASML soulignait déjà en 2021 que les périodes de moindre utilisation pouvaient faciliter les mises à niveau matérielles longues. Le mécanisme crée une ambiguïté intéressante : des clients peuvent profiter d’un creux de production pour moderniser leurs outils, tandis qu’une usine saturée doit valoriser très cher chaque semaine d’arrêt. Les services liés à l’usage et les upgrades peuvent donc réagir différemment au même cycle. 8, diapositive 21
Une ancienne trajectoire 2030 rattrapée par les perspectives 2026
En novembre 2024, ASML présentait pour 2030 des scénarios de revenus de parc installé compris entre 11 et 13 milliards d’euros. Les trois cas reposaient sur la croissance du parc et les prestations supplémentaires vendues aux clients. C’était une construction de long terme, conditionnelle, établie à cette date. 9, diapositives 15-16
Les neuf premiers mois de 2026 apportent déjà 8,538 milliards d’euros de revenus réalisés. En y ajoutant les quelque 3,7 milliards envisagés par la direction pour le T4, on obtient environ 12,2 milliards pour l’année. Ce total implicite entre dans l’ancienne fourchette 2030. Il dépend encore de la réalisation du dernier trimestre ; il ne constitue pas un résultat annuel publié. 2, 6 ; calcul l0g
Méthode et périmètre
Services et options US GAAP. Année 2025 réalisée : 8,193 Md€. Neuf mois 2026 réalisés : 8,5381 Md€. Perspective du 14 octobre pour le T4 : environ 3,7 Md€, soit un total implicite de 12,2381 Md€ si elle se réalise. La zone en pointillés de 11 à 13 Md€ correspond aux scénarios 2030 du 14 novembre 2024, et non à une prévision actualisée. Réalisé, prévision trimestrielle et scénario historique restent visuellement séparés sur la même échelle.
La comparaison montre la vitesse de l’accélération, avec deux précautions. Un scénario présenté en 2024 n’est pas automatiquement la prévision encore pertinente pour 2030. Et la composition des revenus de 2026 peut comporter une vague de mises à niveau dont la répétition reste à observer. Le niveau atteint et la cadence durable répondent à deux questions différentes.
Pour tester la solidité du mouvement, les prochaines publications devront permettre de suivre la continuité des revenus, les explications sur leur composition et la trajectoire des coûts. Une demande soutenue pour les upgrades peut améliorer durablement le potentiel du parc. Elle peut aussi concentrer aujourd’hui des interventions qu’un client aurait réalisées plus tard. Les comptes disponibles ne permettent pas de chiffrer séparément ces effets.
La frontière politique traverse aussi l’atelier
La présence d’une machine chez un client ne garantit pas que toute pièce, tout logiciel ou toute assistance future puisse lui être fourni librement. La politique néerlandaise de contrôle des biens stratégiques couvre également des transferts de technologies et certains services, dont la réparation ou la maintenance. Le statut d’une intervention dépend du produit, de la destination, de l’utilisateur et des règles applicables. 10
Les Pays-Bas ont par exemple annoncé le 15 janvier 2025 un élargissement visant des technologies de mesure et d’inspection, entré en vigueur le 1er avril suivant. Leur communication décrit une instruction des autorisations au cas par cas, distincte d’une interdiction générale de toutes les exportations. Ces deux dates et cette portée doivent être conservées lorsqu’on relie les annonces politiques au revenu d’ASML. 11
Méthode et périmètre
Schéma de mécanisme réglementaire. Les règles dépendent notamment du produit, de la destination, de l’utilisateur et de la prestation. Les deux branches décrivent seulement les interventions soumises à autorisation : accord selon ses conditions, délai ou refus. Le schéma ne statue sur aucune licence particulière, ne suppose aucune interdiction générale et ne chiffre aucune perte de revenus.
Le risque économique concerne donc aussi la durée de la relation. Si une autorisation nécessaire est retardée ou refusée, le fournisseur peut perdre ou différer une intervention ; le client peut rencontrer des contraintes de maintenance ou de modernisation. Leur ampleur dépend du stock de pièces, des solutions autorisées et des conditions d’exploitation. Aucun document public consulté ne permet d’estimer une perte de chiffre d’affaires précise pour l’ensemble du parc chinois dans un tel scénario.
L’évaluation exige une cartographie par type d’équipement et de prestation. La répartition géographique des ventes de machines, à elle seule, ne donne pas l’exposition des revenus de maintenance. La longévité physique du parc peut soutenir les recettes pendant des années, tout en allongeant la période pendant laquelle une décision réglementaire peut affecter cette relation.
Une source de profits plus précieuse, une rente encore à qualifier
Le parc installé donne à ASML une capacité remarquable : vendre successivement l’outil, son fonctionnement et une partie de son amélioration. La valeur peut venir d’un meilleur usage du capital déjà engagé par le client, ce qui explique l’intérêt des upgrades lorsque la capacité industrielle devient difficile à ajouter.
Les chiffres confirment l’importance croissante de ce moteur. La contribution au profit brut IFRS du premier semestre est forte ; le T3 confirme une accélération du revenu et la direction désigne les mises à niveau comme un facteur de marge. Les systèmes restent cependant dominants dans le profit brut en niveau, et la comparaison doit respecter les traitements comptables. 2, 5, 6
Pour parler de rente économique au sens strict, il faudrait mesurer le rendement de cette activité après l’ensemble de ses coûts, rapporté au capital et aux risques nécessaires pour la fournir. Les résultats publics n’isolent pas ce calcul. Le prix des interventions, la répartition des frais de recherche, les coûts de terrain et les clauses négociées demeurent largement hors champ.
La conclusion documentée est plus précise : les machines déjà vendues deviennent un relais majeur de croissance et, selon les périodes, d’amélioration du profit brut. Leur valeur dépend de leur utilisation, des gains techniques encore accessibles et du droit de les fournir. Comprendre ASML exige désormais de suivre, avec les installations, le travail et les revenus que chaque génération peut encore produire.
Méthode et limites
Enquête documentaire arrêtée au 1er novembre 2026. Les chiffres sont exprimés en euros nominaux. Le T3 US GAAP se termine le 27 septembre 2026 ; le S1 EU-IFRS le 28 juin 2026. Les comparaisons conservent leurs référentiels respectifs. Les pourcentages de contribution et marges par catégorie sont calculés à partir des données publiées, en conservant les différences de période et de périmètre.
Les performances des machines, la longévité du parc et les explications opérationnelles proviennent d’ASML. Aucune mesure indépendante des usines clientes, aucun contrat privé et aucun entretien n’ont été obtenus. Les textes gouvernementaux servent à vérifier le mécanisme réglementaire, sans déterminer les licences applicables à chaque machine. Les propos préparés et la vidéo de direction ont été consultés ; le document préparé ne contient pas la séance complète de questions-réponses.
L’atelier compare des volumes théoriques à une étape de lithographie. Il n’est ni un modèle de production complet ni une estimation du rendement financier d’un upgrade. Les paramètres historiques sont sourcés et les hypothèses du simulateur restent modifiables localement.
Prolonger l’enquête
Les contraintes de cadence rejoignent celles de l’énergie dans notre analyse de TSMC et du risque électrique des data centers. La pile de contraintes des semi-conducteurs replace la lithographie dans son environnement industriel. Côté financement, le prix du calcul et la dette adossée aux GPU montrent une autre façon de valoriser des équipements déjà installés.
Sources
- Résultats du troisième trimestre 2026
Communiqué ASML ; chiffres US GAAP et commentaires de la direction.
Passages et périmètre
Période : T3 clos le 27 septembre 2026. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- États financiers US GAAP, T3 2026
Exhibit 99.3, dépôt SEC ; tableaux p. 2 et 6 ; non audités.
Passages et périmètre
Période : T3 et neuf mois clos le 27 septembre 2026 ; comparatifs 2025. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- Rapport stratégique 2025
Rapport annuel ASML ; p. 18, 54 et 58. Captures de ces pages consultées. Longévité du parc : déclaration de l’émetteur.
Passages et périmètre
Période : Exercice 2025 ; scénario 2030 rappelé. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- Rapport annuel 2025, US GAAP
Note 2 : reconnaissance du revenu ; sections Product sustainability et Financial performance. Redirection documentaire ASML. Le PEP-E est documenté page 171, avec le tableau de productivité page 177.
Passages et périmètre
Période : Exercice clos le 31 décembre 2025. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- Rapport semestriel statutaire 2026, EU-IFRS
Exhibit 99.4 ; p. 5, 6, 7 et 12. Ni audité ni revu par un auditeur externe. Les coûts par activité sont disponibles ici, contrairement au tableau trimestriel US GAAP.
Passages et périmètre
Période : S1 clos le 28 juin 2026 ; comparaison au S1 clos le 29 juin 2025. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- T3 2026 : propos préparés de la conférence résultats
Six pages ; p. 1 : upgrades et marge ; p. 2 : perspectives ; p. 4 : capacité. Ce document précède la séance de questions-réponses.
Passages et périmètre
Période : Résultats T3 ; perspectives T4 et exercice 2026. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- T3 2026 : transcription de la vidéo de direction
Transcription de la vidéo de direction : négociations tarifaires conclues, effets partiels attendus en 2027 puis complets en 2028. Commentaire du groupe, sans ventilation machines/upgrades.
Passages et périmètre
Période : Résultats T3 2026 et perspectives. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- Investor Day 2021 : Customer Support
Wayne Allan ; diapositives 21-22 : arbitrage arrêt / upgrade et cas NXT:1960 vers NXT:1980. Document historique, pas une offre actuelle.
Passages et périmètre
Période : Présentation du 29 septembre 2021. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- Investor Day 2024 : modèle financier
Roger Dassen ; diapositives 15-16 : scénarios Installed Base Management 2030 à 11, 12 et 13 Md€.
Passages et périmètre
Période : Scénarios 2030 présentés en novembre 2024. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- Pays-Bas : politique de contrôle des exportations stratégiques
Source gouvernementale ; biens, logiciels, technologie et services stratégiques. Ne détermine pas le statut individuel d’une intervention.
Passages et périmètre
Période : Page de politique publique consultée le 1er novembre 2026. Le périmètre individuel de chaque autorisation demande une vérification propre.
- Pays-Bas : renforcement annoncé des contrôles sur les semi-conducteurs
Annonce du 15 janvier 2025, entrée en vigueur le 1er avril : technologies de mesure et d’inspection. Autorisations examinées au cas par cas.
Passages et périmètre
Période : Annonce et modification de 2025. Le périmètre individuel de chaque autorisation demande une vérification propre.
- ASML : assistance et services clients
Documentation commerciale officielle : maintenance, diagnostic, pièces et assistance. Prestations annoncées par le fournisseur.
Passages et périmètre
Période : Offre présentée à la consultation du 1er novembre 2026. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- ASML : système TWINSCAN NXE:3800E
Documentation technique du constructeur. Principes d’augmentation de productivité ; aucun rendement industriel indépendant mesuré.
Passages et périmètre
Période : Page produit consultée le 1er novembre 2026. Les performances et explications du constructeur restent attribuées à ASML.
- AFM : dépôt du rapport semestriel 2026
Registre de l’autorité néerlandaise : vérification de la date de publication ; pas une validation économique de l’analyse.
Passages et périmètre
Période : Rapport semestriel 2026. Le périmètre individuel de chaque autorisation demande une vérification propre.
// l’hebdo l0g
N° 14 · 1 nov.Les dossiers à retenir, leurs limites et les prochaines vérifications.
Lire la revue ↗Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.
// historique des révisions
- publication
- révision
Les corrections substantielles suivent la politique de correction et sont consignées dans le changelog éditorial.
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