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Google et McKinsey : qui garantit le carbone des pâturages ?

Garanties de lectureDatée, sourcée, sans tracker
Niveaux de preuveProfondeur 2 : référence · 3 niveaux détectés
Sommaire et notions1 étapes · 2 notions
Analyse complète
Un même arbre peut rendre plusieurs services, à des dates très différentes. Il apporte de l’ombre au bétail, accumule du carbone pendant sa croissance et peut, un jour, fournir du bois vendu par l’éleveur. L’accord annoncé le 19 octobre par Google, McKinsey et la coalition Symbiosis repose sur cette combinaison. Pour en comprendre la valeur climatique, il faut suivre le carbone au-delà de la plantation, et l’argent au-delà de la signature. [1][2]
Selon Symbiosis, Google et McKinsey ont engagé des achats futurs portant sur l’élimination de 320 000 tonnes de CO₂ sur dix ans auprès de Working Trees. Google en confirme 270 000 ; le solde attribuable à McKinsey ressort donc à 50 000 tonnes par différence. Symbiosis rattache ces accords à 8 700 hectares de pâturages dégradés ou semi-dégradés, au sein d’un programme plus large de 50 000 hectares en Amazonie du Sud-Est et dans le Cerrado central. Reuters confirme l’annonce, sans apporter une vérification indépendante des résultats biologiques futurs. [1][2][3]
Ce modèle relève du silvopastoralisme, qui associe arbres, fourrage et élevage sur une même surface. Le montage a un intérêt réel : rémunérer l’introduction d’arbres sans demander aux exploitants d’abandonner immédiatement leur activité. Il soulève aussi une question de financement particulièrement concrète. Les travaux commencent avant que les crédits existent ; le revenu du bois arrive selon un autre calendrier ; la permanence du carbone doit rester crédible après la dernière livraison commerciale. L’enquête documentaire permet de préciser ces articulations, tout en laissant ouvertes les clauses que les parties n’ont pas publiées.
Données et limites du graphique
{
"announced": "2026-10-19",
"total_tonnes_CO2": 320000,
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"residual_method": "320000 - 270000; not a disclosed bilateral contract",
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"prepayment": null,
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"S01",
"S02",
"S03"
]
}Financer les plantations avant la livraison des crédits
Le terme offtake désigne ici un engagement d’achat d’une production future. Un développeur qui connaît une partie de ses débouchés peut présenter un dossier plus solide à des investisseurs. Il reste cependant à financer la période durant laquelle les arbres sont entretenus sans produire encore de crédits livrables. La présentation publique du guide publié en juin par Symbiosis et CrossBoundary décrit cette différence entre sécurité de la demande et risque de livraison. [7]
La présence de Google aide à répondre à une question commerciale : trouvera-t-on un client ? Elle ne répond pas, à elle seule, aux questions de production. Combien de plants survivront ? Quand les contrôles autoriseront-ils l’émission des unités ? Qui devra apporter des fonds supplémentaires si l’entretien coûte davantage ou si une vérification est retardée ? Un acheteur financièrement solide peut devenir créancier d’un vendeur incapable de livrer.
Les communications consultées ne donnent ni le prix des crédits carbone, ni les échéances de paiement, ni les garanties détaillées des deux accords. Il serait donc abusif de multiplier 320 000 tonnes par un prix générique du marché pour annoncer un investissement, ou de présenter cet engagement comme une somme déjà versée aux éleveurs. Un paiement à la livraison laisse un besoin de financement en amont ; une avance réduit ce besoin, mais expose davantage l’acheteur. Le contrat détermine où cette exposition se loge. [1][2][7]
Working Trees explique prendre en charge l’essentiel des coûts initiaux d’installation. L’Arbor Day Impact Fund avait déjà annoncé, le 11 mai, un partenariat apportant des capitaux au développement du programme. Un autre financeur, Enduring Planet, décrit un financement-relais ayant aidé l’entreprise à couvrir ses opérations pendant une levée de fonds. Ces sources sont intéressées, mais elles établissent au moins que l’architecture financière et les travaux précèdent l’annonce d’octobre. Elles ne permettent pas d’affecter chaque euro ou dollar à ses hectares. [4][5][6]
Cette antériorité appelle une lecture raisonnable. Un pilote peut démontrer une capacité d’exécution et rendre possible une extension grâce à de nouveaux acheteurs. Son existence ne suffit donc pas à invalider l’additionnalité, c’est-à-dire le supplément de bénéfice climatique réellement apporté par le projet. En revanche, elle oblige à distinguer les surfaces déjà engagées de celles qui dépendent des nouveaux contrats. Un programme annoncé à 50 000 hectares, des hectares soutenus par un accord et des hectares effectivement plantés ne décrivent pas le même avancement.
Données et limites du graphique
{
"type": "General financing mechanism",
"documented_milestones": [
"2025-08-25 Verra consultation",
"2026-05-11 Arbor Day partnership",
"2026-10-19 offtake announcement"
],
"payment_schedule": "not public",
"source_ids": [
"S05",
"S07",
"S09"
]
}Un téléphone mesure le tronc ; le crédit exige un scénario de référence
Pour limiter le coût des relevés, Working Trees utilise une application permettant de documenter des arbres avec un téléphone. La technologie possède une base scientifique identifiable : une étude publiée dans Forests en 2023 compare les diamètres estimés par l’application à des mesures manuelles, lors d’essais en Virginie. Elle rapporte une erreur quadratique moyenne de 2,71 centimètres et une forte relation statistique entre les deux séries. Ce sont des résultats sur la mesure du diamètre, pas une précision de « 95 % » sur le carbone. [14][21]
Les auteurs signalent un biais de sous-estimation et les liens professionnels de plusieurs d’entre eux avec Working Trees. Ces liens sont déclarés ; ils n’annulent pas l’intérêt du travail. Ils invitent à distinguer une comparaison expérimentale, même publiée après évaluation scientifique, d’une vérification indépendante de l’ensemble du projet brésilien. La publication ne certifie ni ses parcelles, ni ses futurs crédits. [14]
La différence devient évidente avec un exemple. Une photographie peut aider à retrouver un arbre, contrôler sa localisation et suivre sa croissance. Elle ne dit pas combien de carbone aurait été stocké sur cette parcelle sans le programme. Pour transformer un relevé en bénéfice attribuable au projet, il faut construire ce scénario alternatif, puis examiner les émissions occasionnées par les travaux, les incertitudes et les éventuels déplacements d’activité.
La méthode VM0047 de Verra fournit un cadre de référence pour ce raisonnement. Son approche surfacique utilise une comparaison dynamique avec des zones témoins afin d’évaluer la performance et la référence au fil des vérifications. Les critères de Symbiosis demandent également une comparaison robuste et un suivi de terrain. Nous décrivons ici les exigences des référentiels ; les pièces accessibles n’ont pas permis de vérifier leur application complète à chacune des surfaces de cet accord. [11][8]
Verra a bien publié en août 2025 un avis de consultation pour « Working Trees – Scaling Brazilian Silvopasture », renvoyant au projet VCS 5184. Mais le contenu actuel de cette fiche n’a pas été lisible dans cette recherche. Il serait incorrect d’en déduire un volume nul de crédits, une certification déjà acquise ou un statut actuel de validation. La consultation constitue une trace documentaire ; le registre, ses documents de projet et ses rapports de vérification doivent permettre d’aller plus loin. [9][10]
Le schéma suivant utilise volontairement des quantités fictives pour rendre le passage du stock au crédit compréhensible. Il ne reconstitue aucun calcul de Working Trees. Son intérêt est de montrer pourquoi une tonne observée dans la végétation ne devient pas automatiquement une tonne livrable à un acheteur.
Données et limites du graphique
{
"status": "Hypothetical illustration, not Working Trees data or VM0047 implementation",
"unit": "tCO2e of illustrative net climate accounting",
"gross_growth": 100,
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"uncertainty_deduction": 10,
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"reservation_is_not_an_emission": true,
"source_ids": [
"S11",
"S12",
"S13"
]
}Les vaches peuvent rester, et la production se déplacer
Garder les bovins sur place présente un avantage plausible : éviter qu’un projet de plantation expulse entièrement l’élevage vers une autre zone. Cela ne suffit pourtant pas à établir que toute pression extérieure disparaît. Si la parcelle continue d’accueillir des animaux mais produit moins de poids vif par hectare, une partie de la production peut être reportée ailleurs. Ce déplacement, appelé fuite dans la comptabilité carbone, se juge sur les volumes et les usages des terres, au-delà de la présence visible du troupeau. Les principes de créditation et les critères de Symbiosis demandent de traiter ce risque. [13][8]
Une méta-analyse brésilienne publiée le 28 juillet 2026 apporte un contrepoint utile aux promesses de rendement. Elle rassemble 45 articles, à partir d’une recherche bibliographique arrêtée au 10 février 2024. Les résultats moyens publiés indiquent, par rapport à des pâturages sans arbres, un taux d’accumulation du fourrage inférieur de 30 %, un chargement animal inférieur de 12 % et un gain de poids vif par hectare inférieur de 14 %. La concentration en protéines du fourrage augmente de 17 % ; le gain quotidien individuel des animaux ne présente pas de différence statistiquement significative. [15]
Ces chiffres ne prédisent pas le résultat de Working Trees. Les expériences comparées sont hétérogènes ; beaucoup utilisent des eucalyptus et des pâturages témoins gérés dans des conditions comparables, plutôt que la remise en état de pâtures dégradées visée par le programme. Le type d’arbre, la densité, la pluie et la gestion du couvert modifient les résultats. Surtout, la valeur du bois peut compenser économiquement une moindre production bovine. Une rentabilité agricole améliorée peut ainsi coexister avec un bilan physique de viande plus modeste. [15]
Cette distinction change la question à poser au développeur. L’indicateur pertinent n’est pas seulement le bien-être des animaux sous les arbres, ni le revenu total de la ferme. Il faut suivre ce que deviennent la production par surface, les achats d’aliments et les terres mobilisées ailleurs. Un gain local doit être comparé aux conséquences qu’il entraîne hors de la parcelle.
L’argument inverse mérite autant d’attention. Une réhabilitation bien conçue peut améliorer une pâture très dégradée et limiter le besoin d’en ouvrir une autre. Le maintien d’un revenu d’élevage réduit aussi la rupture économique imposée au propriétaire. La bonne comparaison porte alors sur des exploitations et des trajectoires comparables, avec une observation prolongée. La moyenne d’une littérature agronomique ne remplace pas cette démonstration, mais elle rend insuffisante une promesse générale d’amélioration automatique.
Données et limites du graphique
{
"paper_date": "2026-07-28",
"search_cutoff": "2024-02-10",
"articles_reported": 45,
"control": "Open pasture; same metric normalised to 100",
"not_project_forecast": true,
"confidence_intervals": "Not transcribed; visual shows published rounded point estimates only",
"high_heterogeneity": true,
"observations": [
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"unit_original": "kg dry matter/ha/day"
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{
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"published_percent_change": -12,
"index": 88,
"unit_original": "animal units/ha; 1 AU = 450 kg liveweight"
},
{
"metric": "liveweight_gain_per_hectare",
"published_percent_change": -14,
"index": 86,
"unit_original": "kg liveweight/ha"
},
{
"metric": "crude_protein_concentration",
"published_percent_change": 17,
"index": 117,
"unit_original": "% dry matter; relative difference, not percentage points"
}
],
"individual_daily_gain": "No statistically significant difference reported; not assigned zero effect",
"source_ids": [
"S15"
]
}Le bois donne une raison de conserver les arbres, puis de les couper
Le revenu du bois constitue l’une des idées les plus intéressantes du montage. Lorsque le flux de paiements carbone ralentit ou s’arrête, un exploitant doit toujours avoir intérêt à maintenir le système. Symbiosis présente la récolte des essences commerciales comme une source de revenu à long terme et précise que les cycles de coupe entrent dans la quantification du carbone. Il faut conserver cette précision : la récolte n’est pas une anomalie découverte derrière le communiqué. [1]
Elle crée néanmoins une articulation délicate entre deux objectifs. La plantation doit produire un actif dont la vente sera attractive, tout en maintenant une quantité de carbone compatible avec les crédits vendus. Le résultat dépend du calendrier des rotations, de la croissance des arbres restants, des replantations et de l’usage du bois récolté. Un plan bien conçu peut organiser cette continuité ; une simple addition des arbres initialement plantés ne permet pas de l’évaluer.
La coupe transfère une partie du carbone vers d’autres réservoirs. Certains produits conservent du carbone pendant des décennies ; les résidus, les pertes de transformation et les différentes fins de vie suivent d’autres trajectoires. Les valeurs de référence du GIEC distinguent notamment des demi-vies de deux ans pour le papier, vingt-cinq ans pour les panneaux et trente-cinq ans pour les sciages. Ces durées servent à modéliser des catégories de produits ; elles ne décrivent ni les ventes futures de Working Trees ni les règles exactes de ses contrats. [16][17]
Notre graphique part d’une quantité de carbone déjà entrée dans une catégorie de produits en usage, sans nouvel apport. Une demi-vie de trente-cinq ans laisse la moitié de ce stock dans cette catégorie après trente-cinq ans, puis un quart après soixante-dix ans. Sortir de cette catégorie ne signifie pas nécessairement être immédiatement émis dans l’atmosphère : le recyclage et le stockage en fin de vie appellent d’autres comptes. C’est précisément pourquoi la destination du bois compte autant que sa présence initiale dans un arbre. [16][17]
Pour ce projet, la pièce déterminante serait une trajectoire complète et prudente des stocks, avec ses hypothèses de récolte et ses obligations de suivi. Il faudrait pouvoir relier les quantités créditées à ce qui reste sur pied, à ce qui entre effectivement dans des produits et aux pertes attendues. La promesse de revenu commercial renforce l’incitation à entretenir une plantation ; elle rend en même temps indispensable la transparence de ce passage entre réservoirs.
Données et limites du graphique
{
"status": "IPCC default-based teaching cohort, not Working Trees projection",
"initial_in_use_pool_index": 100,
"additional_inflows": 0,
"formula": "C(t)=100*2**(-t/half_life)",
"half_lives_years": {
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},
"pool_outflow_not_necessarily_immediate_emission": true,
"source_ids": [
"S16",
"S17"
]
}Le risque de livraison et le risque de disparition n’arrivent pas au même moment
Deux accidents très différents peuvent toucher un achat carbone. Avant l’émission du crédit, le projet peut accumuler moins de carbone que prévu ou ne pas satisfaire les contrôles à temps. L’acheteur reçoit alors moins d’unités, plus tard, ou doit en chercher d’autres. Après créditation, un incendie ou une perte de stock non prévue peut remettre en cause un bénéfice déjà comptabilisé. Les garanties financières et les mécanismes de compensation des pertes biologiques ne répondent donc pas exactement au même événement. [7][12][13]
Un dispositif de réserve peut mettre de côté une partie des unités afin de traiter des pertes selon les règles du programme. Une assurance ou une garantie contractuelle peut couvrir certaines dépenses de remplacement ou d’indemnisation. Leurs conditions, les exclusions et la solidité des engagements sont décisives. Rien dans les annonces consultées ne permet d’attribuer à ces accords un taux de réserve particulier ou une garantie intégrale contre tous les risques.
Il existe même une tension financière entre protection et déploiement. Si l’acheteur exige beaucoup de trésorerie immobilisée en garantie, cette somme ne peut plus financer les travaux. Le développeur doit mobiliser davantage de capital, réduire son expansion ou négocier un prix supérieur. Symbiosis et CrossBoundary identifient explicitement ce coût des sûretés. Une meilleure protection apparente de l’acheteur peut donc renchérir la production des crédits qu’il souhaite obtenir. [7]
Le mécanisme peut aussi fonctionner dans le bon sens. Des jalons crédibles, des contrôles indépendants et un partage clair des conséquences d’un retard peuvent éviter d’exiger une garantie uniforme et coûteuse. Ce serait un moyen de diriger davantage d’argent vers les plantations sans ignorer le risque. Mais il s’agit d’une logique de conception contractuelle, pas d’une clause que l’on pourrait attribuer à Google ou McKinsey faute de publication des accords.
Enfin, réparer une perte financière et rétablir un bénéfice atmosphérique sont deux opérations différentes. Une indemnisation permet éventuellement d’acheter une autre unité ; elle ne fait pas repousser immédiatement le stock détruit. La qualité du remplacement et son calendrier restent donc pertinents, même lorsque la comptabilité commerciale du contrat est soldée.
À qui appartient le bénéfice climatique d’un pâturage ?
Les arbres introduisent un flux d’absorption de CO₂, tandis que le troupeau conserve ses propres émissions, notamment le méthane de la digestion. Les documentations de la FAO expliquent que ce flux dépend entre autres de l’alimentation et des caractéristiques des animaux. Suivre le carbone des arbres ne suffit donc pas à calculer le bilan climatique du bœuf produit sur la parcelle. [23]
Il faut aussi distinguer une amélioration par unité produite de l’évolution du total. Dans un exemple purement arithmétique, une intensité d’émissions réduite de 20 % et une production augmentée de 25 % laissent les émissions totales inchangées. Cette identité ne préjuge d’aucune trajectoire du programme ; elle explique pourquoi un indicateur de performance agricole ne devrait pas être traduit directement en tonnes évitées.
Une seconde difficulté apparaît lorsque plusieurs entreprises parlent des mêmes arbres. L’exploitant peut documenter le carbone présent sur son terrain ; un acheteur de viande peut suivre ses émissions de chaîne d’approvisionnement ; Google ou McKinsey peuvent acquérir des crédits issus de l’absorption supplémentaire. Ces observations peuvent coexister. Leur utilisation pour revendiquer des compensations ou atteindre des objectifs exige cependant une attribution cohérente du bénéfice.
La version 1.1 du Land Sector and Removals Standard du GHG Protocol, publiée en juin 2026 et applicable à partir de janvier 2027, explicite cette séparation. Elle distingue l’inventaire physique des comptes ajustés pour les crédits émis, et demande d’éviter que des réductions ou absorptions transférées comme compensation servent également à atteindre un objectif au sein de la chaîne d’origine. Il s’agit d’un référentiel comptable, pas d’une accusation de double comptage dans cet accord. [19][20]
Données et limites du graphique
{
"accounting": "physical inventory, credit issuance and use are distinct",
"effective_date": "2027-01-01",
"example": {
"status": "Arithmetic example only; no farm forecast",
"baseline_output": 100,
"baseline_intensity": 100,
"scenario_output": 125,
"scenario_intensity": 80,
"total_emissions_index": 100,
"formula": "125 * 80 / 100"
}
}La cohérence écologique exige la même attention aux périmètres. Replanter une ancienne pâture dégradée et accroître le couvert arboré d’une savane native répondent à des situations différentes. Un travail publié en 2017 dans Science Advances a montré, dans le Cerrado, que l’accumulation de carbone liée à l’expansion du couvert ligneux pouvait s’accompagner d’une perte de biodiversité. Cette étude ne porte pas sur Working Trees. Elle justifie de vérifier l’histoire des parcelles plutôt que d’assimiler automatiquement « davantage d’arbres » à une restauration. [18]
Les critères publics de Symbiosis demandent d’ailleurs des droits fonciers et carbone solides, des garanties sociales et une conception adaptée aux écosystèmes. Ces exigences donnent au lecteur un point de comparaison. Il reste à pouvoir examiner les engagements pris avec les propriétaires : partage des recettes, entretien, droits de récolte, durée des obligations et conséquences d’une cession du terrain. Le consentement initial d’un exploitant et la continuité d’un système sur plusieurs décennies supposent des protections qui survivent aux changements de propriétaire. [8]
La preuve climatique dépend du suivi des parcelles
L’accord rassemble une demande identifiée et un modèle agricole qui cherche à faire tenir ensemble plusieurs revenus. La documentation montre aussi des travaux et des partenaires financiers antérieurs. Ce sont des éléments plus substantiels qu’une promesse de plantation sans débouché. Ils rendent plausible le rôle de ces contrats dans le passage à une plus grande échelle. [2][4][5]
La conclusion climatique demande d’autres pièces. Les parcelles et leur histoire établissent la référence ; le suivi agronomique permet d’apprécier les déplacements de production ; les trajectoires de récolte expliquent la durée du stockage. Les rapports indépendants et les mouvements du registre doivent ensuite relier ces résultats aux crédits livrés et utilisés. Les contrats, au moins dans leurs dispositions essentielles, diraient enfin qui finance un retard ou une perte.
L’opération peut donc constituer un financement utile d’une transition agricole, sans que les 320 000 tonnes annoncées soient déjà un résultat climatique vérifié. Sa solidité dépendra de la capacité à rendre compatibles les intérêts de ceux qui achètent les crédits, de ceux qui entretiennent les arbres et de ceux qui vendront le bois. La signature réunit ces acteurs. Les prochaines années diront si leurs calendriers tiennent ensemble.
La distinction entre crédits carbone et empreinte d’un produit permet de prolonger cette lecture des bénéfices revendiqués. Le TFFF et son portefeuille obligataire illustrent une autre architecture de financement des forêts, avec leurs propres règles de paiement et de partage du risque.
Méthode et limites
Enquête documentaire arrêtée au 20 octobre 2026, sur une annonce du 19 octobre. Les quantités contractées sont séparées des réalisations physiques, les référentiels de leur application au projet et les études externes des résultats propres à Working Trees. Aucun entretien ni audit de terrain n’a été conduit. Les contrats complets et le contenu actuel de la fiche de registre n’ont pas pu être examinés. Les exemples chiffrés sont identifiés comme fictifs ; la courbe des produits du bois utilise des paramètres génériques du GIEC. Les originaux sont liés, mais ne sont pas archivés intégralement dans le dossier.
Sources et pièces consultées
- Symbiosis Announces New Carbon Offtake Agreements with Working Trees
Accords agrégés : 320 000 tonnes sur dix ans ; 8 700 hectares au sein d’un programme de 50 000 hectares. Récoltes de bois annoncées comme intégrées à la quantification.
- Working Trees to remove 270,000 tons of CO2 in Brazil
Google confirme une quantité contractée de 270 000 tonnes de CO₂ auprès de Working Trees.
- Google, McKinsey strike Brazil carbon removal deal with silvopasture project
Recoupe l’existence de l’annonce, le volume agrégé, la durée et les surfaces annoncées.
- Working Trees : présentation du modèle
Le développeur décrit sa prise en charge de l’essentiel des coûts initiaux et ses opérations pilotes.
- Arbor Day Impact Fund, Working Trees Partner to Unlock Catalytic Finance for Reforestation
Partenariat de financement catalytique annoncé avant les accords d’octobre.
- Working Trees partners with Enduring Planet to scale silvopasture deployment
Cas présenté par le prêteur : relais de financement des opérations pendant une levée de fonds.
- Symbiosis Coalition and CrossBoundary Group Release the Carbon Offtake Guide
Analyse des risques de livraison, des sûretés et du coût de la trésorerie immobilisée. Distinction entre demande sécurisée et production effective.
- Quality Criteria
Critères publics : référence dynamique, mesures de terrain, fuites, droits fonciers et carbone, bénéfices sociaux et adéquation écologique.
- Projects Open for Public Comment: August 25, 2025
Liste Working Trees – Scaling Brazilian Silvopasture ; lien vers VCS 5184 ; clôture de consultation indiquée au 20 septembre 2025.
- VCS 5184 : fiche de registre liée par Verra
Identifiant et destination du lien vérifiés depuis S09. Accès tenté à la fiche actuelle.
- VM0047 Afforestation, Reforestation, and Revegetation, v1.1
Présentation de l’approche surfacique et de son benchmark dynamique ; cadre utilisé pour expliquer la comparaison au scénario de référence.
- ABACUS Label Guidance, v1.0
Risques de permanence, durabilité économique des stocks et articulation avec les mécanismes de réserve.
- Core Carbon Principles
Additionnalité, permanence, quantification robuste, absence de double comptage et vérification indépendante.
- Measuring Tree Diameter with Photogrammetry Using Mobile Phone Cameras
Comparaison application / mesures manuelles en Virginie ; R² = 0,95, RMSE = 2,71 cm ; biais et liens professionnels déclarés.
- Forage Responses and Beef Cattle Performance in Silvopasture Systems: A Meta-Analysis of Tropical and Subtropical Regions of Brazil
45 articles déclarés ; effets moyens arrondis publiés : fourrage −30 %, chargement −12 %, poids vif/ha −14 %, protéines +17 % ; hétérogénéité importante.
- 2019 Refinement to the 2006 IPCC Guidelines, Volume 4, Chapter 12: Harvested Wood Products
Valeurs de demi-vie du tableau 12.3 : papier 2 ans, panneaux 25 ans, sciages 35 ans. Modèle de décroissance de premier ordre.
- Wood products and carbon storage
Explication de la durée de stockage dans les produits du bois et de la notion de demi-vie.
- The biodiversity cost of carbon sequestration in tropical savanna
Étude dans le Cerrado : augmentation du couvert ligneux et du carbone pouvant s’accompagner de pertes de biodiversité. Sert à distinguer savane native et pâturage dégradé.
- Land Sector and Removals Standard v1.1
Distinction inventaire physique / ajustements pour crédits ; exigences 29 et 30 relatives à qualité et double comptage ; reporting des crédits séparé.
- Land Sector and Removals Standard : publication et calendrier
Publication de la version 1.1 et entrée en application annoncée au 1er janvier 2027.
- Measuring Tree Diameter with Photogrammetry Using Mobile Phone Cameras : dépôt institutionnel
Recoupe les auteurs, la date, le DOI et l’objet de l’étude des mesures de diamètre.
- The Carbon Offtake Guide : page de présentation
Confirme la publication et l’intitulé du guide conjoint cité en S07.
- Enteric methane
Origine digestive du méthane des ruminants ; variation selon aliments, état des animaux et autres facteurs.
// l’hebdo l0g
N° 12 · 18 oct.Les dossiers à retenir, leurs limites et les prochaines vérifications.
Lire la revue ↗Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.
// historique des révisions
- publication
- révision
Les corrections substantielles suivent la politique de correction et sont consignées dans le changelog éditorial.
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