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Dette française : le renchérissement se joue aux échéances

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Sommaire et notions11 étapes · 2 notions
Analyse complète
Le 15 octobre 2026, la France a adjugé une obligation à coupon nul avec un rendement moyen à l’émission de 4,10 %. Le titre arrive à échéance le 25 novembre 2031. Son prix moyen d’émission, 81,45 euros pour 100 euros remboursés au terme du contrat, dit beaucoup plus sur la situation du Trésor que le zéro imprimé dans son nom. S03 S04
Ce détail permet de suivre le renchérissement de la dette sans perdre de vue la mécanique. Une obligation conserve ses engagements contractuels ; les nouvelles émissions s’ajustent au prix auquel les investisseurs acceptent de prêter. Pour le budget, l’effet dépend ensuite des titres qui expirent, des capitaux supplémentaires à lever et de la façon dont les intérêts sont enregistrés. Le calendrier peut étaler le choc pendant des années et prolonger la hausse des dépenses après un éventuel reflux des taux.
Notre reconstitution isole 165,642 milliards d’euros d’OAT à taux fixe arrivant à échéance en 2027. Dans un scénario de remplacement au pair à 4 %, leurs coupons annuels passeraient de 2,812 à 6,626 milliards. La différence de 3,814 milliards décrit le rythme annuel atteint après le dernier refinancement. Répartie sur les seuls jours de 2027 suivant chaque échéance, elle représente 2,189 milliards. Ce calcul de coupons, volontairement limité, explique le décalage ; il ne prédit pas les décaissements du budget. S07 M1
Un emprunt à coupon zéro peut coûter cher
L’adjudication du 15 octobre porte notamment sur 2,337 milliards d’euros de nominal de l’OAT zéro coupon novembre 2031. Au prix moyen publié, le Trésor doit recevoir environ 1,903 milliard lors du règlement prévu le 19 octobre. Il devra rembourser 2,337 milliards à l’échéance. L’écart atteint environ 433,5 millions sur la durée restante du titre. Le règlement est encore à venir à la date de cette analyse, et le calcul porte sur la tranche compétitive annoncée. S03 M1
Un coupon obligataire est le versement périodique prévu par le contrat. Le rendement rapporte tous les flux futurs au prix effectivement payé, en tenant compte du temps. Un investisseur peut donc accepter un coupon nul lorsque le remboursement final dépasse suffisamment son investissement initial. Les 18,55 euros de différence pour 100 euros de nominal ne constituent pas un taux annuel : ils s’accumulent sur toute la vie restante de l’obligation. S04 S11
Méthode et périmètre
Nominal compétitif : 2 337 millions d’euros ; prix moyen pondéré : 81,45 pour 100. Produit approximatif = 2 337 × 0,8145 = 1 903,4865 millions. Écart au remboursement = 433,5135 millions sur la durée restante, hors annualisation ; règlement prévu le 19 octobre 2026.
L’AFT peut ajouter de nouveaux titres à une obligation déjà existante, une opération appelée réouverture ou assimilation. Les titres partagent le même coupon et la même date de remboursement, mais chaque adjudication se fait aux conditions du moment. L’ancien détenteur conserve sa créance ; le nouvel acheteur paie un prix différent pour des flux identiques. La taille d’une souche facilite sa négociation, tandis que sa décote d’émission permet d’ajuster son rendement au marché. S11
C’est aussi la raison pour laquelle choisir un petit coupon ne procure aucune économie miraculeuse. À conditions de marché comparables, l’État reçoit moins d’argent à l’émission. Il peut alors devoir créer davantage de nominal pour réunir une même somme. En comptabilité nationale et en comptabilité générale, primes et décotes sont étalées sur la vie du titre ; leur traitement de trésorerie et celui des coupons dans le budget suivent d’autres règles. Ces différences changent la date d’apparition du coût, sans supprimer l’engagement économique. S11 S12
Huit ans de maturité moyenne, des besoins dès la semaine prochaine
Au 30 septembre 2026, la dette négociable de l’État atteint 2 896,181 milliards d’euros, avec une durée de vie moyenne de huit ans et 158 jours. Ce périmètre comprend les titres gérés par l’AFT. Il ne se confond pas avec la dette de l’ensemble des administrations publiques, qui inclut notamment les collectivités et les administrations de sécurité sociale. S02
Cette maturité moyenne offre une protection réelle : les obligations fixes déjà émises ne voient pas leur coupon recalculé à chaque variation de marché. Elle demeure pourtant une moyenne d’échéances. Elle ne signifie ni que le refinancement commencera dans huit ans, ni qu’un huitième précis de la dette est renouvelé chaque année. Un portefeuille peut mêler beaucoup de dette courte et quelques très longues obligations, tout en affichant une durée moyenne confortable.
Les bons du Trésor à taux fixe et à intérêt précompté, ou BTF, forment le canal rapide. Leur encours atteint 217,658 milliards d’euros à la même date, soit 7,5 % du stock négociable, et leur durée de vie moyenne est de 129 jours. Ils servent à couvrir des besoins courts ; lorsque les bons expirent, les conditions des nouveaux financements peuvent changer rapidement. Un stock stable peut ainsi donner lieu à de nombreuses émissions au fil de l’année. S02 M1
Méthode et périmètre
Dette négociable gérée par l’AFT au 30 septembre 2026 : 2 896 181 146 497 euros, dont 217 658 000 000 euros de BTF. Part des BTF = 7,5153448 %. Sensibilité illustrative du stock renouvelé intégralement à +1 point : 2 176 580 000 euros annuels, sous hypothèse de stock constant.
Sur un stock de BTF inchangé, un renchérissement de un point de pourcentage représenterait environ 2,18 milliards d’euros par an une fois tout ce stock renouvelé au nouveau taux. Ce montant est une sensibilité annualisée, sans hypothèse sur la date du choc ni sur les prochaines adjudications. Il ne faut donc pas le présenter comme une dépense supplémentaire certaine dès la première année. M1
La dette longue se transmet plus lentement, mais sur des volumes considérables. À cela s’ajoute une troisième voie, celle des obligations indexées : leur principal évolue avec un indice des prix, même en l’absence de nouvelle émission. Le budget est donc exposé à plusieurs calendriers simultanés, et une seule durée moyenne ne peut les résumer. S09 S10
Les contrats qui quittent le portefeuille en 2027
Pour observer cette transition, nous avons relevé les lignes de maturité 2027 dans le bulletin de septembre de l’AFT. Le tableau décrit les encours en date de règlement au 31 août 2026, et non une estimation définitive des remboursements de l’année suivante. Quatre OAT nominales à taux fixe représentent ensemble 165,642 milliards d’euros. Leurs coupons vont de zéro à 2,75 %. S07
Le 25 février concentre 35,818 milliards à coupon nul ; le 25 mai, 38,944 milliards à 1 %. Les deux échéances d’automne portent respectivement sur 30,797 milliards à 2,50 % et 60,083 milliards à 2,75 %. Le poids de février et de mai compte autant que celui d’octobre pour comprendre l’année : une dette renouvelée tôt commence plus vite à accumuler des intérêts aux nouvelles conditions. S07
Méthode et périmètre
Cliché AFT au 31 août 2026, p. 5. Les quatre lignes nominales totalisent 165 642 000 000 euros. La ligne indexée FR0011008705 est isolée : 21 737 000 000 × 1,40763 = 30 597 653 310 euros. Le total des cinq lignes, indexation acquise incluse, vaut 196 239 653 310 euros.
| ISIN | Échéance | Coupon | Nominal (€) |
|---|---|---|---|
| FR0014003513 | 2027-02-25 | 0 % | 35 818 000 000 |
| FR0013250560 | 2027-05-25 | 1 % | 38 944 000 000 |
| FR001400NBC6 | 2027-09-24 | 2,50 % | 30 797 000 000 |
| FR0011317783 | 2027-10-25 | 2,75 % | 60 083 000 000 |
Une cinquième ligne, remboursable en juillet, est indexée sur les prix de la zone euro. Son nominal de 21,737 milliards vaut déjà 30,598 milliards après application du coefficient d’indexation de fin août. Son coupon de 1,85 % est un coupon réel appliqué à un principal indexé. Le comparer directement à un taux nominal de 4 % conduirait à oublier l’inflation. Nous l’écartons donc du calcul de remplacement des quatre OAT classiques. S07 S10 S14
Ce relevé est une photographie de contrats, utile précisément parce que ses dates et ses montants sont vérifiables. D’ici leur échéance, l’AFT peut racheter des titres, modifier les encours par réouverture ou ajuster sa trésorerie. Le total des cinq lignes, indexation incluse au 31 août, ne doit donc pas être forcé pour coïncider avec la prévision de remboursement du PLF, construite à une autre date et avec des hypothèses de gestion. S05 S06 S07
Le supplément annuel s’installe par étapes
L’expérience consiste à remplacer chacune des quatre lignes fixes, le jour de son échéance, par un emprunt au pair de même nominal. Nous retenons des coupons nouveaux de 3 %, 4 % ou 5 %, constants dans chaque scénario. Émettre au pair signifie recevoir 100 pour 100 de principal : le coupon correspond alors au rendement à l’émission. Les nouveaux titres sont supposés rester en circulation au-delà de 2028. M1
La comparaison prend pour référence la prolongation fictive des anciens coupons sur le même principal. Ce choix répond à une question précise : quel rythme de versements périodiques remplacerait celui des contrats hérités ? Il ne reconstitue pas le coût actuariel historique des anciennes émissions, dont certaines ont elles aussi été vendues avec une prime ou une décote. L’exemple du coupon zéro oblige justement à garder cette distinction visible.
À 4 %, les nouveaux coupons atteignent 6,626 milliards en année pleine, contre 2,812 milliards pour les anciens. Mais tout le portefeuille ne bascule pas le 1er janvier. Le renouvellement de février installe un supplément annualisé de 1,433 milliard ; celui de mai porte ce rythme à 2,601 milliards. Les deux échéances suivantes l’élèvent à 3,063 puis à 3,814 milliards. M1
Méthode et périmètre
Hypothèses : remplacement au pair à la date contractuelle, nominal constant, coupon annuel de 4 %, sans rachat, nouvelle dette, frais ni indexation. Référence fictive : anciens coupons prolongés après maturité. La somme temporelle utilise ACT/365 : jours après remplacement jusqu’au 1er janvier 2028, bornes inclus/exclu. Les jours non ouvrés ne sont pas ajustés. Les décaissements effectifs dépendraient des dates de coupon des nouveaux titres.
La surface sous cet escalier représente le supplément de coupons réparti sur le temps : environ 2,189 milliards entre les échéances de refinancement et la fin de 2027. Le calcul utilise les jours calendaires réels et une année de 365 jours. Les 3,814 milliards mesurent un rythme annuel en sortie d’année ; les 2,189 milliards mesurent une somme attribuée à la fraction d’année déjà écoulée après chaque remplacement. Additionner ces deux résultats n’aurait aucun sens. M1
Il reste un étage supplémentaire avant la dépense effectivement payée. Si les nouveaux emprunts versent leur premier coupon un an après leur création, leur premier décaissement intervient en 2028. Une réouverture de souche, avec une autre date de coupon et des intérêts courus à l’émission, produit un calendrier différent. Notre mesure répartie dans le temps ne simule aucun de ces calendriers de caisse. Elle ne doit être ni ajoutée au PLF 2027, qui contient déjà ses propres hypothèses de financement, ni présentée comme une prévision alternative de sa charge. M1 S11
Le résultat le plus instructif apparaît dans le scénario à 3 %. Même à ce taux, inférieur à ceux de l’adjudication étudiée, la poche remplacée porterait environ 2,158 milliards de coupons annuels supplémentaires, dont 1,454 milliard attribué à 2027 selon la même convention. Une détente des conditions nouvelles peut donc coexister avec une hausse du rythme des coupons, simplement parce que les contrats qui disparaissent portaient des coupons plus faibles. S03 M1
Cette inertie fonctionne dans les deux sens. Les anciens coupons fixes faibles freinent d’abord la hausse des versements contractuels. Une fois les titres refinancés plus cher, ils retardent ensuite le bénéfice d’une baisse des taux. La vitesse de renouvellement transforme un choc de marché ponctuel en une succession d’engagements de longue durée. Ce risque de refinancement dépend du montant des échéances et des conditions disponibles à chacune d’elles.
Les emprunts nouveaux s’ajoutent au refinancement
Le remplacement de titres arrivés à échéance ne couvre qu’une partie du travail du Trésor. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit 340 milliards d’euros d’émissions à moyen et long terme, nettes des rachats. Sur ce même périmètre nominal, le remboursement du principal représente 179,5 milliards. La différence, 160,5 milliards, correspond à l’augmentation nette prévue de cette dette de plus d’un an. S06
Le mot « nettes » peut induire en erreur. Il signifie ici que les rachats anticipés sont déduits des émissions ; il ne signifie pas que les remboursements à l’échéance ont déjà été retirés. Présenter 340 milliards comme de la dette entièrement nouvelle surestimerait l’accroissement du stock. Présenter la totalité comme le simple remplacement de vieux emprunts ferait disparaître les besoins supplémentaires. S06
Méthode et périmètre
PLF déposé le 1er octobre 2026, article d’équilibre. 340 milliards d’émissions à moyen/long terme nettes des rachats − 179,5 milliards d’amortissements à valeur faciale = 160,5 milliards de variation nette. Les suppléments d’indexation sont traités séparément. Prévisions, distinctes de l’exécution.
Sur le plan de la trésorerie, le besoin prévu atteint 339,7 milliards. Il comprend notamment un déficit budgétaire à financer de 156,4 milliards, ainsi que les remboursements de capital et leurs ajustements. Le déficit contient déjà la charge budgétaire des intérêts : la rajouter une seconde fois fabriquerait un besoin de financement artificiel. La proximité entre 339,7 milliards de besoin de caisse et 340 milliards de titres émis ne rend pas les deux notions interchangeables. S06
La décote de notre obligation zéro coupon en donne une illustration immédiate. Les 100 euros de dette créés ne rapportent que 81,45 euros au prix de l’adjudication. À l’échelle du programme 2027, le tableau de financement prévoit un effet négatif de 8 milliards au titre des primes nettes des décotes. C’est une hypothèse de trésorerie, liée aux conditions d’émission, et non un poste de coupons payés dans l’année. S03 S06 S11
Les besoins supplémentaires exposent une fraction nouvelle du bilan aux taux courants, sans attendre la disparition d’un ancien titre. Ainsi, même un calendrier d’amortissement bien étalé protège imparfaitement un État qui continue d’accroître son endettement. La taille du flux annuel à financer doit être regardée en même temps que la maturité du stock.
L’inflation possède son propre échéancier
Pour une obligation indexée, l’engagement de remboursement augmente avec le niveau de l’indice de référence. Une provision annuelle pour charge d’indexation est enregistrée dans le budget, alors que le supplément de principal sera effectivement payé à l’échéance. L’État peut donc constater une dépense budgétaire avant le paiement du principal. Les coupons annuels évoluent également : le taux réel contractuel s’applique au principal indexé à chaque échéance de coupon. S09 S10 S12
Le PLF 2027 permet de suivre cette différence. Il prévoit 8,5 milliards de provision annuelle d’indexation, retirés du passage au besoin de trésorerie puisqu’ils ne sont pas immédiatement décaissés. Il prévoit aussi 9,7 milliards de suppléments d’indexation effectivement remboursés avec les titres arrivant à échéance. Ces deux chiffres portent sur des objets différents : l’un mesure une charge de l’année, l’autre le paiement d’une revalorisation accumulée sur les obligations remboursées. S06
Méthode et périmètre
Le tableau de financement retire 8,5 milliards de provision annuelle du déficit à financer et compte séparément 9,7 milliards d’indexation accumulée payée avec les titres remboursés. Les deux montants concernent des populations et périodes d’accumulation distinctes. Les coupons des obligations indexées varient aussi avec le principal indexé.
Les soustraire pour annoncer un « gain sur l’inflation » serait aussi trompeur que les additionner sans examiner leur comptabilisation. La neutralisation de la provision dans le tableau de financement évite de transformer une dépense sans paiement immédiat en un besoin de caisse fictif. Le remboursement des revalorisations passées, lui, réclame bien des fonds. S06 S12
Cela nuance l’idée selon laquelle l’inflation allégerait mécaniquement la dette. Elle peut accroître le PIB nominal et certaines recettes, ce qui améliore certains ratios ; elle augmente aussi directement les engagements indexés. Le bilan dépend de la composition de la dette, du comportement des recettes et des dépenses, ainsi que des rendements exigés sur les émissions suivantes. Aucun de ces mécanismes, pris isolément, ne permet de conclure à un bénéfice net pour les finances publiques.
Prix de marché et paiements contractuels
Il faut également distinguer le bilan de l’emprunteur de celui de son créancier. Lorsqu’une hausse des rendements fait baisser le prix d’une OAT existante, le détenteur subit une moins-value de marché. Le Trésor, lui, conserve les paiements prévus au contrat. Un prix inférieur sur le marché secondaire ne réduit pas automatiquement le principal à rembourser. S04 S11
L’État peut racheter un titre avant son terme, mais l’opération réclame de la trésorerie et doit être replacée dans l’ensemble de son financement. Remplacer une ancienne obligation décotée par un nouvel emprunt au rendement plus élevé ne crée pas, à lui seul, une économie économique égale à la décote. La comparaison doit porter sur les flux futurs et leur valeur actualisée. S11
Cette différence de temporalité explique comment une crise de prix peut précéder la hausse des dépenses publiques. Des investisseurs confrontés à une baisse de valeur peuvent vouloir réduire leurs positions avant que le budget n’ait versé davantage d’intérêts. Leur réaction est un canal de risque plausible, sans constituer ici la preuve d’une vente forcée observée. Notre collecte ne mesure ni les appels de marge ni les positions des détenteurs ; elle ne permet pas de diagnostiquer une crise de liquidité à partir du seul taux à dix ans.
La persistance des taux pèse sur l’ajustement budgétaire
Le 16 octobre, l’indicateur TEC 10 de l’AFT atteint 4,79 %. Il décrit un rendement à maturité constante de dix ans, pas le taux de chaque adjudication ni celui appliqué au stock entier. Le même jour, un entretien publié par Reuters rapporte l’appréciation du FMI : la France dispose d’amortisseurs à court terme, mais une persistance de coûts élevés compliquerait son ajustement budgétaire. S01 S13
Les données d’émission apportent un contrepoint concret aux scénarios d’assèchement immédiat. L’AFT indiquait avoir réalisé 85 % de son programme annuel à la fin septembre. Pour l’obligation zéro coupon du 15 octobre, le rapport entre les demandes et le montant adjugé atteint 2,30. Des investisseurs ont donc accepté de financer cette tranche au prix fixé par l’adjudication. Un taux de couverture ne garantit pas les conditions des prochaines émissions ; il décrit la demande exprimée dans une opération donnée. S03 S05
Le risque budgétaire pertinent est celui d’une succession de refinancements plus chers, éventuellement accompagnée de besoins nouveaux plus élevés. Le ralentissement de cette transmission laisse du temps pour agir. Il peut aussi donner l’illusion que le mouvement de marché reste sans conséquence, jusqu’à ce que les engagements s’accumulent dans plusieurs exercices.
Une ancienne simulation de l’AFT, reprise par le Sénat en novembre 2025, illustre cet effet. Un choc permanent de un point sur l’ensemble de la courbe y augmente la charge annuelle de 3,2 milliards à un an, 23,5 milliards à cinq ans et 33,5 milliards à neuf ans. Ces montants sont des surcoûts annuels aux horizons indiqués, et non une facture cumulée. Leur millésime interdit de les présenter comme une simulation actualisée en octobre 2026 ; ils montrent la forme de la transmission, pas le montant à inscrire aujourd’hui dans le prochain budget. S08
Le meilleur contre-argument à une lecture alarmiste demeure donc solide : une dette longue, des conditions de marché susceptibles de se détendre et la possibilité de réduire les besoins supplémentaires offrent des marges d’adaptation. Leur efficacité dépend du moment où elles interviennent. Une baisse des taux obtenue avant une grosse échéance ne produit pas le même résultat qu’une baisse survenant juste après la fixation du coût du nouvel emprunt.
Le budget reste marqué par les contrats déjà signés
Pour 2027, les crédits proposés réunissent 72,373 milliards pour la charge de la dette et de la trésorerie, et 561 millions pour la charge de dette de SNCF Réseau reprise par l’État. Leur somme, 72,934 milliards, correspond à l’ordre de grandeur de 72,9 milliards annoncé par l’AFT. Ce sont des prévisions budgétaires, pas des dépenses exécutées. Elles ne mesurent pas non plus la totalité des intérêts de toutes les administrations publiques. S05 S06
Un écart documentaire appelle toutefois une réserve. La page de l’AFT affiche une charge prévue de 62,6 milliards pour 2026, tandis que l’exposé du PLF déposé annonce une augmentation de charge de 9,6 milliards entre son révisé 2026 et 2027. Ces indications ne se raccordent pas directement au total de 72,9 milliards. Nous n’avons pas trouvé de rapprochement public suffisamment explicite pour attribuer l’écart à une révision ou à un changement de périmètre. L’article conserve donc le niveau 2027 vérifié dans les programmes et ne calcule aucune hausse globale à partir de ces bases non réconciliées. S05 S06
La soutenabilité dépend finalement de la charge moyenne effectivement supportée, de la croissance nominale et du solde budgétaire avant intérêts. Lorsque le coût moyen monte, un effort sur les dépenses ou les recettes peut être en partie absorbé par les engagements financiers hérités. Si cet effort réduit en même temps l’activité, son effet sur le ratio de dette devient plus incertain. Une relation comptable permet d’identifier ces tensions ; elle ne suffit pas à prévoir le comportement de l’économie ou la réaction des investisseurs.
Le calendrier donne néanmoins une conclusion robuste. La hausse des taux touche les nouvelles opérations immédiatement, puis les exercices budgétaires à mesure que les contrats se remplacent et que leurs flux arrivent. Pour la poche étudiée, les échéances de février et de mai 2027 accélèrent cette transition ; celles d’automne prolongent son effet au-delà de l’année. La question à suivre est donc très concrète : à quelles conditions seront financés les montants qui sortent, et combien faudra-t-il emprunter en plus ?
Méthode et limites
Les données de marché sont arrêtées au 16 octobre 2026 ; la collecte a été vérifiée le 17 octobre. Le relevé par titre est volontairement figé au 31 août, date du tableau AFT utilisé. Le scénario porte seulement sur les quatre OAT nominales de maturité 2027, sans nouvelle émission après ce cliché, sans rachat, sans dette courte et sans indexation. Les méthodes sous les figures donnent les données, les conventions de jours et les formules du calcul en euros nominaux. Les scénarios à 3 %, 4 % et 5 % n’ont aucune probabilité associée. Ils comparent des coupons sous hypothèses, sans prétendre reconstituer l’intégralité du coût effectif des anciennes émissions. M1
Pour prolonger : l’arbitrage français entre maturités et risque de renouvellement complète ce relevé par titre. L’épisode consacré au prix de la sortie suit la transmission des ventes de marché aux nouvelles émissions ; l’analyse du budget 2027 et son modèle permettent d’examiner d’autres hypothèses, sous son périmètre propre.
Sources et calculs
Sources consultées le 17 octobre 2026. Les périodes d’observation restent propres à chaque document ; le PLF 2027 est un projet de loi.
- [S01] Agence France Trésor. TEC 10 du jour. 2026-10-16.
- [S02] Agence France Trésor. Encours de la dette négociable au 30 septembre 2026. 2026-09-30.
- [S03] Agence France Trésor. Adjudication du 15 octobre 2026 : 12 milliards d’euros d’OAT moyen terme. Adjudication 2026-10-15 ; règlement prévu 2026-10-19.
- [S04] Agence France Trésor. OAT 0,00 % 25 novembre 2031, FR0014002WK3. Caractéristiques contractuelles ; historique 2021 à octobre 2026.
- [S05] Agence France Trésor. Budget de l’État : présentation du PLF 2027 et actualisation 2026. Prévisions budgétaires 2026 et 2027.
- [S06] Gouvernement / Assemblée nationale. Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210. Prévisions pour 2027 ; révisé 2026 et LFI 2026 distingués.
- [S07] Agence France Trésor. Bulletin mensuel n° 436, septembre 2026, page 5. Encours en date de règlement au 2026-08-31.
- [S08] Sénat / données AFT. PLF 2026, rapport n° 139, annexe 12 : Engagements financiers de l’État. Scénario de sensibilité publié en 2025, horizons 1, 5 et 9 ans.
- [S09] Agence France Trésor. Présentation des OATi. Règles contractuelles consultées le 2026-10-17.
- [S10] Agence France Trésor. Présentation des OAT€i. Règles contractuelles consultées le 2026-10-17.
- [S11] Assemblée nationale. Rapport sur le projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes de l’année 2024, tome I, n° 1492. Comptes 2024 et règles de traitement des primes/décotes.
- [S12] Assemblée nationale. Rapport n° 2847, tome I : provision pour charge d’indexation des OAT. Description du mécanisme comptable.
- [S13] Reuters. Rise in French yields is manageable now, but consolidation pressure might grow, IMF says. Entretien publié le 2026-10-16. Texte Reuters republié par MarketScreener.
- [S14] Agence France Trésor. OAT€i 1,85 % 25 juillet 2027, FR0011008705. Caractéristiques de l’échéance 2027.
Cet article ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.
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