// définition

SLAR

Short-Term Liquid Assets Ratio

actifrevu il y a 21 j
Macro & banques centrales

Définition courte

Ratio de liquidité construit par des chercheurs de la Réserve fédérale à partir des formulaires N-PORT : cash et équivalents, T-bills de 90 jours ou moins, repos américains de 90 jours ou moins et STIV américains, rapportés aux actifs nets d'un fonds. Outil de mesure, pas minimum réglementaire.

fiche de référence

Comprendre le mécanisme

Le Short-Term Liquid Assets Ratio mesure le coussin d'actifs très courts des fonds obligataires d'entreprise américains à partir de leurs déclarations N-PORT. Il aide à voir ce qui absorbe les rachats avant une vente d'obligations, sans constituer un seuil réglementaire ni une promesse de liquidité.

Ce que le ratio additionne

Le numérateur rassemble quatre poches identifiables dans le formulaire N-PORT : le cash et les équivalents de cash, les bons du Trésor américain arrivant à échéance dans 90 jours ou moins, les opérations de pension américaines de même maturité maximale et les véhicules américains d'investissement à court terme, ou STIV. Le dénominateur est l'actif net du fonds. Un SLAR de 5 % signifie donc que cinq dollars sur cent d'actif net répondent à cette définition opérationnelle. Cela ne signifie pas que les 95 dollars restants seraient invendables.

Ce choix compte parce qu'un relevé du seul cash sous-estime le premier rideau de liquidité. Dans l'échantillon agrégé de la Fed, les STIV représentent plus de la moitié des actifs liquides pendant la plupart des périodes, autour de 3,2 % des actifs nets. Le repo pèse environ 1,5 %, le cash environ 0,4 %, tandis que les T-bills courts restent une composante mineure. Le coussin dépend ainsi de marchés monétaires non bancaires qui sont liquides en temps normal, mais dont le fonctionnement peut lui-même se tendre.

Interpréter le niveau et la trajectoire

Sur l'ensemble de la période, le fonds moyen affiche un SLAR de 4,7 % et le fonds médian de 3,4 %. L'écart interquartile va d'environ 1,5 % à 7,2 %. Cette dispersion interdit de transformer la moyenne en norme. Deux fonds au même ratio peuvent porter des obligations très différentes, subir des profils de rachats distincts et disposer de lignes de crédit ou de règles de gestion qui ne figurent pas au numérateur.

La direction du ratio est souvent plus informative que son niveau isolé. Au premier trimestre 2020, le SLAR agrégé pondéré par les actifs recule de 6,5 % à 4,9 % pendant le choc de rachats, avant une reconstitution. Entre les deuxième et troisième trimestres 2025, il baisse de 5,1 % à 4,3 % après des sorties importantes. Ce mouvement est compatible avec l'usage d'un coussin pour payer des investisseurs. Il ne prouve cependant pas, à lui seul, qu'un fonds est proche d'une vente forcée.

N-PORT et la liquidité reconstituée

Les fonds enregistrés déclarent mensuellement leurs positions dans N-PORT. Les données publiques donnent notamment le type d'actif, l'émetteur, le domicile, l'échéance et la valeur. En revanche, la classification réglementaire de liquidité de chaque position demandée à l'item C.7 n'est pas publiée. Les auteurs reconstruisent donc une mesure observable à partir des caractéristiques des instruments et rapprochent N-PORT du formulaire annuel N-CEN pour identifier les fonds domestiques ouverts investis à long terme en dette d'entreprise.

L'échantillon retient les fonds dont la maturité moyenne pondérée atteint au moins trois ans et dont la dette d'entreprise émise aux États-Unis représente au moins 55 % de l'actif net. Les ETF sont exclus. Ces critères produisent une population cohérente pour l'étude, mais ils restent des choix de recherche. Le ratio ne doit pas être transposé sans adaptation aux fonds européens, aux fonds de prêts, aux ETF obligataires ou aux stratégies mondiales.

Ce qu'un suivi utile doit ajouter

Un diagnostic de liquidité confronte le SLAR aux flux nets, à la concentration des porteurs, à la qualité et à la profondeur du portefeuille, aux appels de marge, aux facilités de crédit et au calendrier de règlement. Il vérifie aussi la composition du coussin : un dollar de cash, un repo et une part de STIV peuvent porter des contraintes opérationnelles différentes. La maturité très courte réduit le risque de taux, mais ne supprime ni le risque de contrepartie ni le risque de marché.

Le bon usage est donc comparatif et daté. On suit un même fonds dans le temps, on compare des stratégies proches et on documente les changements de composition. Une baisse après des rachats peut montrer que le tampon a joué son rôle. Une baisse persistante combinée à des sorties, à des actifs difficiles à céder et à un marché monétaire tendu mérite davantage d'attention. Le SLAR ouvre l'enquête ; il ne rend pas son verdict.

Analyses l0g

Sources primaires