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Budget 2027 : les pertes des ménages et le risque pour la consommation

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Analyse complète

Dans la simulation publiée par l’OFCE le 16 octobre, le groupe situé tout en bas de l’échelle des niveaux de vie perd environ 100 euros par ménage en 2027, contre environ 500 euros pour celui situé tout en haut. Rapporté aux ressources, l’ordre s’inverse : la perte représente autour de 0,8 % du niveau de vie dans le premier groupe, contre 0,35 % dans le dernier. Ces deux lectures du même projet budgétaire racontent des expériences très différentes de l’effort demandé. Leur portée économique dépend ensuite des ajustements entre achats courants, épargne et dépenses reportées. 1

Le billet de Pierre Madec chiffre à 8,7 milliards d’euros la perte de revenu disponible en 2027 pour le panier de mesures étudié, par rapport à son scénario de référence. Il fournit une carte utile de leur première incidence. Pour comprendre le risque qui s’y attache, il faut ensuite suivre le chemin de l’argent jusqu’à la consommation, aux entreprises et aux recettes publiques, tout en regardant ce qu’une trajectoire de dette fragile peut coûter en financement. 1, 12, 13, 15

L’enquête commence cependant par un décalage de calendrier. La simulation porte sur des mesures de la copie gouvernementale initiale, alors que l’Assemblée avait déjà supprimé certaines d’entre elles avant sa publication. Les chiffres qui suivent conservent leur statut de résultats de ce scénario ; l’état parlementaire est présenté séparément, à partir des pièces disponibles au 20 octobre 2026. 1, 5, 6, 7

Pertes annuelles par niveau de vieDeux graphiques alignés présentent les 20 groupes classés par niveau de vie, du moins aisé au plus aisé. La perte moyenne en euros par ménage du groupe passe de 100 à 500 euros ; la variation proportionnelle passe de −0,83 % à −0,35 %, avec un maximum de perte de −0,89 % au troisième vingtile. Valeurs arrondies des infobulles OFCE. Effets simulés pour 2027, sept mesures, hors indemnités journalières.Pertes annuelles par niveau de vie2027 · OFCE · Ines / ERFS 2022Euros / ménage / an0−200−400−600Vingtile 1 · −100 €/ménage/an · −0,83 % du niveau de vie · arrondis OFCE1Vingtile 2 · −150 €/ménage/an · −0,77 % du niveau de vie · arrondis OFCE2Vingtile 3 · −200 €/ménage/an · −0,89 % du niveau de vie · arrondis OFCE3Vingtile 4 · −220 €/ménage/an · −0,88 % du niveau de vie · arrondis OFCE4Vingtile 5 · −230 €/ménage/an · −0,85 % du niveau de vie · arrondis OFCE5Vingtile 6 · −240 €/ménage/an · −0,82 % du niveau de vie · arrondis OFCE6Vingtile 7 · −240 €/ménage/an · −0,76 % du niveau de vie · arrondis OFCE7Vingtile 8 · −240 €/ménage/an · −0,71 % du niveau de vie · arrondis OFCE8Vingtile 9 · −240 €/ménage/an · −0,68 % du niveau de vie · arrondis OFCE9Vingtile 10 · −260 €/ménage/an · −0,67 % du niveau de vie · arrondis OFCE10Vingtile 11 · −280 €/ménage/an · −0,67 % du niveau de vie · arrondis OFCE11Vingtile 12 · −290 €/ménage/an · −0,68 % du niveau de vie · arrondis OFCE12Vingtile 13 · −300 €/ménage/an · −0,66 % du niveau de vie · arrondis OFCE13Vingtile 14 · −330 €/ménage/an · −0,66 % du niveau de vie · arrondis OFCE14Vingtile 15 · −340 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE15Vingtile 16 · −360 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE16Vingtile 17 · −400 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE17Vingtile 18 · −440 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE18Vingtile 19 · −440 €/ménage/an · −0,54 % du niveau de vie · arrondis OFCE19Vingtile 20 · −500 €/ménage/an · −0,35 % du niveau de vie · arrondis OFCE20% du niveau de vie0,0 %−0,5 %−1,0 %Vingtile 1 · −100 €/ménage/an · −0,83 % du niveau de vie · arrondis OFCE1Vingtile 2 · −150 €/ménage/an · −0,77 % du niveau de vie · arrondis OFCE2Vingtile 3 · −200 €/ménage/an · −0,89 % du niveau de vie · arrondis OFCE3Vingtile 4 · −220 €/ménage/an · −0,88 % du niveau de vie · arrondis OFCE4Vingtile 5 · −230 €/ménage/an · −0,85 % du niveau de vie · arrondis OFCE5Vingtile 6 · −240 €/ménage/an · −0,82 % du niveau de vie · arrondis OFCE6Vingtile 7 · −240 €/ménage/an · −0,76 % du niveau de vie · arrondis OFCE7Vingtile 8 · −240 €/ménage/an · −0,71 % du niveau de vie · arrondis OFCE8Vingtile 9 · −240 €/ménage/an · −0,68 % du niveau de vie · arrondis OFCE9Vingtile 10 · −260 €/ménage/an · −0,67 % du niveau de vie · arrondis OFCE10Vingtile 11 · −280 €/ménage/an · −0,67 % du niveau de vie · arrondis OFCE11Vingtile 12 · −290 €/ménage/an · −0,68 % du niveau de vie · arrondis OFCE12Vingtile 13 · −300 €/ménage/an · −0,66 % du niveau de vie · arrondis OFCE13Vingtile 14 · −330 €/ménage/an · −0,66 % du niveau de vie · arrondis OFCE14Vingtile 15 · −340 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE15Vingtile 16 · −360 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE16Vingtile 17 · −400 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE17Vingtile 18 · −440 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE18Vingtile 19 · −440 €/ménage/an · −0,54 % du niveau de vie · arrondis OFCE19Vingtile 20 · −500 €/ménage/an · −0,35 % du niveau de vie · arrondis OFCE2020 groupes : moins → plus aisés · Moyennes et arrondis OFCESources :S01
Pertes annuelles par niveau de vieDeux graphiques alignés présentent les 20 groupes classés par niveau de vie, du moins aisé au plus aisé. La perte moyenne en euros par ménage du groupe passe de 100 à 500 euros ; la variation proportionnelle passe de −0,83 % à −0,35 %, avec un maximum de perte de −0,89 % au troisième vingtile. Valeurs arrondies des infobulles OFCE. Effets simulés pour 2027, sept mesures, hors indemnités journalières.Pertes annuelles parniveau de vie2027 · OFCE · Ines / ERFS 2022Euros / ménage / an0−200−400−600Vingtile 1 · −100 €/ménage/an · −0,83 % du niveau de vie · arrondis OFCE1Vingtile 2 · −150 €/ménage/an · −0,77 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 3 · −200 €/ménage/an · −0,89 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 4 · −220 €/ménage/an · −0,88 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 5 · −230 €/ménage/an · −0,85 % du niveau de vie · arrondis OFCE5Vingtile 6 · −240 €/ménage/an · −0,82 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 7 · −240 €/ménage/an · −0,76 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 8 · −240 €/ménage/an · −0,71 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 9 · −240 €/ménage/an · −0,68 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 10 · −260 €/ménage/an · −0,67 % du niveau de vie · arrondis OFCE10Vingtile 11 · −280 €/ménage/an · −0,67 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 12 · −290 €/ménage/an · −0,68 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 13 · −300 €/ménage/an · −0,66 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 14 · −330 €/ménage/an · −0,66 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 15 · −340 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE15Vingtile 16 · −360 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 17 · −400 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 18 · −440 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 19 · −440 €/ménage/an · −0,54 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 20 · −500 €/ménage/an · −0,35 % du niveau de vie · arrondis OFCE20% du niveau de vie0,0 %−0,5 %−1,0 %Vingtile 1 · −100 €/ménage/an · −0,83 % du niveau de vie · arrondis OFCE1Vingtile 2 · −150 €/ménage/an · −0,77 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 3 · −200 €/ménage/an · −0,89 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 4 · −220 €/ménage/an · −0,88 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 5 · −230 €/ménage/an · −0,85 % du niveau de vie · arrondis OFCE5Vingtile 6 · −240 €/ménage/an · −0,82 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 7 · −240 €/ménage/an · −0,76 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 8 · −240 €/ménage/an · −0,71 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 9 · −240 €/ménage/an · −0,68 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 10 · −260 €/ménage/an · −0,67 % du niveau de vie · arrondis OFCE10Vingtile 11 · −280 €/ménage/an · −0,67 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 12 · −290 €/ménage/an · −0,68 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 13 · −300 €/ménage/an · −0,66 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 14 · −330 €/ménage/an · −0,66 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 15 · −340 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCE15Vingtile 16 · −360 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 17 · −400 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 18 · −440 €/ménage/an · −0,64 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 19 · −440 €/ménage/an · −0,54 % du niveau de vie · arrondis OFCEVingtile 20 · −500 €/ménage/an · −0,35 % du niveau de vie · arrondis OFCE2020 groupes : moins → plus aisésTous ménages · Arrondis OFCESources :S01

01 / Pertes annuelles par niveau de vie. Le classement dépend de l’unité : les pertes en euros augmentent avec le niveau de vie, tandis que leur poids relatif est plus fort dans le bas de la distribution. Moyennes sur tous les ménages du groupe, y compris ceux sans perte ; valeurs arrondies affichées par l’OFCE. La précision est limitée aux arrondis publiés. 1

Un chiffre attaché à une version du budget

Le projet de loi de finances et celui de financement de la sécurité sociale ont été déposés le 1er octobre. Le premier contenait un sous-plafond de 3 000 euros pour la part de l’abattement fiscal de 10 % correspondant aux pensions de retraite. Le 15 octobre, les députés ont adopté les amendements supprimant cet article 3. Cette suppression figure encore dans le montage parlementaire publié le 20 octobre, arrêté après la seconde séance du 19. Ce document reste provisoire, comme l’ensemble d’une réforme dont la procédure législative se poursuit. 2, 3, 5, 6

Le 14 octobre, l’adoption de l’amendement I-502 et de ses identiques avait également retiré le durcissement de l’impôt et de la CSG sur certaines indemnités journalières. L’OFCE examine ces dispositions dans un développement complémentaire, en dehors de ses principaux graphiques. Les reprendre aujourd’hui exige donc de préciser qu’elles appartiennent au projet initial. Le montant principal de 8,7 milliards exclut déjà ces indemnités ; il inclut, en revanche, le plafonnement de l’abattement des retraités supprimé le lendemain de ce premier vote. 1, 6, 7

Cette chronologie a une conséquence concrète. L’OFCE attribue environ 1,1 milliard de perte de revenu au plafonnement de l’abattement, mais le retrancher du total pour annoncer un nouveau « coût du budget » donnerait une précision artificielle. Il faudrait réexécuter la simulation avec le texte pertinent, les interactions entre prélèvements et prestations, ainsi que les autres modifications du panier. Le résultat publié documente une configuration ; une nouvelle configuration appelle un nouveau calcul. 1, 9

Le champ lui-même mérite de rester visible. L’étude examine plusieurs mesures concernant directement les ménages, principalement les pensions, les rémunérations publiques et les prestations. Les effets de l’ensemble des autres décisions budgétaires, notamment celles qui passent par les entreprises, les services publics ou l’investissement, relèvent d’une évaluation plus large. Le titre « budget 2027 » rassemble ici une enquête sur un mécanisme, avec un périmètre défini. 1, 2, 3

Le gel crée un écart avec une trajectoire

Un gel se comprend en comparant deux chemins. Dans le premier, une prestation évolue selon la revalorisation retenue dans le scénario contrefactuel, la trajectoire choisie en l’absence du gel. Dans le second, son montant reste stable. Le manque à gagner est l’écart entre ces chemins, même lorsque la somme versée sur le compte demeure identique à celle de l’année précédente. La variation nominale d’un revenu, son pouvoir d’achat et sa différence avec une politique de référence sont ainsi trois mesures distinctes. 1

L’OFCE retient notamment une revalorisation de 2,3 % en avril pour la prime d’activité et la base mensuelle des allocations familiales (BMAF), ainsi qu’une hypothèse de 2 % en octobre pour les paramètres de dépenses des aides au logement. Ce dernier taux est une hypothèse de calcul de l’étude. L’article 74 du PLF propose de suspendre les revalorisations de la prime d’activité et des paramètres de dépenses des aides au logement, avec la faculté de les rétablir par décret. Les paramètres de ressources des aides au logement, révisés en janvier, répondent à un autre calendrier. Pour les prestations familiales, le dossier gouvernemental annonce séparément une révision de leur base de calcul au 1er avril afin de neutraliser la revalorisation légale. 1, 2, 4

Le mois de départ change fortement le montant de la première année. Un écart qui commence en avril joue sur neuf mois en 2027 ; un écart qui commence en octobre, sur trois. L’OFCE évalue ainsi le gel de la prime d’activité à 723 millions d’euros en 2027 et 965 millions sur une année pleine, celui des paramètres des aides au logement à 81 puis 323 millions. Ces montants décrivent la montée en charge d’un même mécanisme. L’année pleine sert de comparaison sur douze mois, sous les hypothèses de l’exercice ; la lire comme une prévision autonome pour 2028 ferait disparaître les décisions et les évolutions qui pourraient intervenir entre-temps. 1

Le calendrier limite la perte en 2027Calendrier des gels : prime d’activité et BMAF en avril, aides au logement en octobre. Pertes de revenu disponible en 2027 et en année pleine, en millions d’euros : prime d’activité 723/965 ; BMAF 341/455 ; aides au logement 81/323 ; ARS 550/550. L’ARS est simulée par une réduction uniforme de 30 %, hypothèse OFCE ; les paramètres finaux restent à définir. L’année pleine compare douze mois sous les hypothèses de l’étude.Le calendrier limite la perte en 2027Revenu disponible · millions d’eurosJan.Avr.Oct.Déc.Prime + BMAF9 moisLogement3 mois2027Année pleine02505007501000Prime d’activitéPrime d’activité · 2027 : 723 M€723Prime d’activité · Année pleine : 965 M€965BMAFBMAF · 2027 : 341 M€341BMAF · Année pleine : 455 M€455Aides au logementAides au logement · 2027 : 81 M€81Aides au logement · Année pleine : 323 M€323ARS · hypothèseOFCEARS · hypothèse OFCE · 2027 : 550 M€550ARS · hypothèse OFCE · Année pleine : 550 M€550ARS : hypothèse OFCE −30 %Sources :S01S02S04
Le calendrier limite la perte en 2027Calendrier des gels : prime d’activité et BMAF en avril, aides au logement en octobre. Pertes de revenu disponible en 2027 et en année pleine, en millions d’euros : prime d’activité 723/965 ; BMAF 341/455 ; aides au logement 81/323 ; ARS 550/550. L’ARS est simulée par une réduction uniforme de 30 %, hypothèse OFCE ; les paramètres finaux restent à définir. L’année pleine compare douze mois sous les hypothèses de l’étude.Le calendrier limite laperte en 2027Revenu disponible · millions d’euros01041012Prime + BMAF9 moisLogement3 mois2027Année pleine05001000Prime d’activitéPrime d’activité · 2027 : 723 M€723Prime d’activité · Année pleine : 965 M€965BMAFBMAF · 2027 : 341 M€341BMAF · Année pleine : 455 M€455Aides au logementAides au logement · 2027 : 81 M€81Aides au logement · Année pleine : 323 M€323ARS · hypothèse OFCEARS · hypothèse OFCE · 2027 : 550 M€550ARS · hypothèse OFCE · Année pleine : 550 M€550ARS : hypothèse OFCE −30 %Sources :S01S02S04

02 / Le calendrier limite la perte en 2027. Neuf mois d’effet pour les gels d’avril, trois pour celui d’octobre. La comparaison sur douze mois suit les hypothèses de l’étude. Pour l’allocation de rentrée scolaire (ARS), le chiffrage repose sur une baisse uniforme de 30 % supposée par l’OFCE. Les barres représentent des pertes nettes de revenu disponible. 1, 2, 4

Le point d’indice de la fonction publique introduit une différence plus profonde. L’étude le compare à une hausse hypothétique de 1,8 %, calée sur l’inflation prévue pour 2027, alors que la revalorisation de cette rémunération dépend d’une décision spécifique, sans indexation légale automatique. Les quelque 1,7 milliard de revenu manquant estimés par l’OFCE expriment donc un écart à cette hypothèse de revalorisation. L’auteur le précise lui-même. Présenter ce poste suppose de rendre visible la hausse de référence choisie, ainsi que le champ des trois versants de la fonction publique et le passage au revenu net des ménages. 1

La somme de 8,7 milliards combine donc des écarts qui n’ont pas tous la même origine institutionnelle. Elle mesure leurs conséquences sur les revenus dans le scénario retenu. Pour en déduire une amélioration du solde public, il faudrait rapprocher dépenses brutes, impôts, cotisations, transferts entre administrations et hypothèses de référence sur un champ commun. Cette distinction devient décisive avant tout calcul de multiplicateur budgétaire. 1, 9, 12

Le montant en euros et le poids dans la vie quotidienne

Le niveau de vie permet de tenir compte de la taille du ménage. L’Insee le définit comme le revenu disponible divisé par les unités de consommation : le premier adulte compte pour une unité, les autres personnes de 14 ans ou plus pour une demi-unité et les enfants plus jeunes pour 0,3. Ce calcul reconnaît qu’une partie des dépenses, comme le logement, peut être partagée. Deux ménages disposant du même revenu total peuvent donc avoir des niveaux de vie différents. 8

Dans les données de l’OFCE, les ménages sont classés en vingt groupes ordonnés selon ce niveau de vie, les vingtiles. Les pertes moyennes en euros tendent à augmenter avec cette position. Leur poids relatif dessine une autre pente : il se situe autour de 0,8 à 0,9 % dans plusieurs groupes modestes, puis descend jusqu’à 0,35 % tout en haut. Le fait que la moitié la plus aisée supporte environ 64 % du montant total est compatible avec une charge proportionnellement plus lourde pour les groupes modestes. Les deux constats mesurent des dimensions différentes. 1

La moyenne masque aussi la fréquence des pertes. L’étude compte 22,4 millions de ménages perdants, avec une perte moyenne d’environ 390 euros parmi eux. Les montants par vingtile du premier graphique, eux, portent sur l’ensemble des ménages du groupe. Confondre les deux conduirait à sous-estimer le coût pour les ménages effectivement concernés. Dans les infobulles publiées, la proportion de perdants dépasse 85 % dans les groupes trois à huit ; elle est d’environ 59 % dans le dernier. 1

Ces résultats décrivent un cumul de dispositifs. Le ménage modestement rémunéré peut être concerné par la prime d’activité, les prestations familiales et les aides au logement. La protection d’un minimum social laisse donc ouverte la question des autres revenus du foyer. À l’inverse, la préservation de la revalorisation d’une petite pension se lit à l’échelle du bénéficiaire, alors que le niveau de vie dépend de toutes les ressources et de la composition du ménage. La distribution exige de suivre ces unités de calcul jusqu’au bout. 1, 3, 8

La cible sociale change avec l’instrument

L’opposition entre « retraités » et « actifs » donne une représentation trop grossière du panier étudié. Dans la simulation, 96 % de la perte liée au plafonnement de l’abattement fiscal des retraites est supportée par la moitié la plus aisée. Pour la réduction de l’allocation de rentrée scolaire modélisée par l’OFCE, 96 % de la perte revient au contraire à la moitié la moins aisée. Le gel de la prime d’activité pèse à 87 % sur cette moitié, celui des aides au logement à 95 %. Le nom administratif d’une mesure renseigne moins sur sa portée que le profil de ceux qu’elle atteint. 1

La répartition dépend de la mesureBarres normalisées à 100 % de la perte de chaque mesure. Parts supportées par la moitié moins aisée / plus aisée : prime d’activité 87/13 ; ARS 96/4 ; BMAF 70/30 ; aides au logement 95/5 ; plafonnement de l’abattement des retraités 4/96. Les totaux monétaires diffèrent. Le plafonnement de l’abattement a été supprimé le 15 octobre 2026 ; sa barre compare les incidences du projet initial simulé ; l’état parlementaire est traité séparément.La répartition dépend de la mesurePart de chaque perte · % · projet initial simuléMoitié moins aiséeMoitié plus aiséePrime d’activité87 %13 %ARS96 %4 %BMAF70 %30 %Aides au logement95 %5 %Plafondabattementretraite4 %96 %Plafond retraite supprimé le 15.10.2026Chaque barre = 100 % · Totaux en euros distinctsSources :S01S05S06
La répartition dépend de la mesureBarres normalisées à 100 % de la perte de chaque mesure. Parts supportées par la moitié moins aisée / plus aisée : prime d’activité 87/13 ; ARS 96/4 ; BMAF 70/30 ; aides au logement 95/5 ; plafonnement de l’abattement des retraités 4/96. Les totaux monétaires diffèrent. Le plafonnement de l’abattement a été supprimé le 15 octobre 2026 ; sa barre compare les incidences du projet initial simulé ; l’état parlementaire est traité séparément.La répartition dépend de lamesureProjet initial · Parts de perte (%)Moitié moins aiséeMoitié plus aiséePrime d’activité87 %13 %ARS96 %4 %BMAF70 %30 %Aides au logement95 %5 %Plafond abattementretraite4 %96 %Plafond retiré le 15.10.2026100 % par barre · Totaux € distinctsSources :S01S05S06

03 / La répartition dépend de la mesure. La composition de l’effort compte autant que son total. Les prestations pèsent surtout sur la moitié moins aisée ; le plafonnement de l’abattement des retraités, supprimé le 15 octobre, avait un profil inverse. Chaque barre a son propre dénominateur et son propre volume en euros. L’ARS repose sur l’hypothèse OFCE d’une baisse uniforme de 30 %. 1, 5, 6

La suppression du plafonnement de l’abattement retire donc, à ce stade, un instrument dont l’effort était fortement concentré dans la partie supérieure de la distribution. C’est une indication sur la direction du changement, toutes choses égales par ailleurs. La nouvelle répartition globale dépendra du reste du texte et des éventuelles mesures de remplacement. Le dossier disponible permet de qualifier la mesure retirée ; il laisse encore ouverte la photographie complète du budget qui sera finalement adopté. 1, 5, 6

L’allocation de rentrée scolaire appelle une autre prudence, liée à la construction du scénario. Le gouvernement inscrit une économie et annonce un recentrage dont les paramètres doivent être définis après concertation, en tenant compte de l’âge des enfants. Pour disposer d’une mesure calculable, l’OFCE retient une baisse uniforme de 30 %, qui produit 550 millions d’euros de perte de revenu sur son champ. Cette baisse de 30 % est donc une hypothèse de microsimulation. Un ciblage par âge ou une modification des plafonds de ressources pourrait atteindre d’autres familles, même avec une économie totale voisine. 1, 4

Pour les pensions, l’article 35 du PLFSS est également plus détaillé que l’image d’un couperet unique à 1 260 euros mensuels. Il prévoit une revalorisation complète jusqu’à ce montant total de pension, puis un lissage jusqu’à 1 281 euros, et ouvre la possibilité de coefficients fixés par décret au-delà, avec d’autres bandes de montants. La dérogation porte sur les pensions des régimes de base ; le total des pensions sert à déterminer la situation du bénéficiaire. Le scénario de gel et le traitement des complémentaires doivent donc être distingués des possibilités qu’ouvre le texte. 3

Le ménage choisit où absorber l’écart

Une baisse de revenu disponible peut se traduire par des achats réduits, par une moindre épargne ou par l’utilisation de sommes déjà mises de côté. Le partage dépend de ce qui reste réellement mobilisable au moment du choc, de sa durée attendue et des dépenses difficiles à reporter. Un logement constitue du patrimoine, mais sa valeur ne se transforme pas instantanément en trésorerie pour payer les dépenses du mois. C’est cette différence entre richesse et liquidités qui rend la répartition de l’effort économiquement importante. 14, 16

Les économistes appellent propension marginale à consommer la part d’une variation de ressources qui se retrouve dans la consommation, sur un horizon donné. Une étude de la Banque centrale européenne (BCE) publiée en 2025 estime des réponses différentes selon le revenu dans une analyse du canal des crédits immobiliers. Son dispositif, sa population et la nature du choc limitent la transposition à des prestations françaises gelées. Pour les mesures de 2027, la réaction reste à estimer : reprendre un coefficient international puis le multiplier par les 8,7 milliards donnerait l’apparence d’un calcul précis, sans établir le lien entre les deux. 11

Le statut de retraité fournit à lui seul trop peu d’informations. Un ménage peut disposer d’un revenu régulier et de faibles réserves liquides ; un autre peut absorber temporairement le manque à gagner en réduisant ses versements sur un placement. Le travail de la banque centrale autrichienne (OeNB) sur l’hétérogénéité des réponses à un revenu supplémentaire confirme surtout la nécessité de regarder les bilans des ménages. Il repose sur une question hypothétique de gain de loterie et présente des différences selon les pays : sa portée doit rester celle de cette enquête. 16

Le taux d’épargne national ne résout pas davantage la question. La Banque de France montre que la composition du revenu, notamment la place des revenus financiers, a contribué au maintien d’une épargne élevée en 2023-2024. Une moyenne nationale peut ainsi augmenter alors que les marges des ménages touchés par une mesure restent étroites. Pour évaluer le budget, la bonne information serait la capacité d’ajustement de ces ménages précis, au moment où l’écart de revenu apparaît. 10

Du compte du ménage au retour sur les finances publiques

L’étape suivante dépend des achats qui sont effectivement réduits. Une partie de leur valeur rémunère de la production française ; une autre correspond à des importations. Les travaux de l’Insee sur le contenu de la consommation montrent que cette composition varie fortement selon les produits. Leur photographie historique aide à comprendre le mécanisme, tandis qu’une estimation pour 2027 demanderait de connaître le panier marginalement sacrifié. La provenance d’un produit ne règle d’ailleurs pas à elle seule son effet budgétaire : sa vente peut aussi rémunérer de la distribution en France et procurer de la TVA. 17

Les entreprises exposées à une demande plus faible peuvent ensuite ajuster production, investissement ou emploi. Les revenus ainsi modifiés alimentent de nouveaux arbitrages de consommation. Les comparaisons des modèles français Mésange et ThreeME publiées en juillet 2026 illustrent ces enchaînements, ainsi que leur dépendance à l’instrument et à l’horizon. Un transfert versé à un ménage passe d’abord par son arbitrage de dépense, tandis qu’une commande publique crée une demande directe. Employer le même coefficient pour tous les postes effacerait cette différence. 12

Du revenu aux recettes publiquesSchéma qualitatif. La microsimulation estime le premier effet sur le revenu disponible. Les réactions de consommation et d’épargne, la répartition entre production intérieure et importations, l’emploi, les revenus et le retour vers recettes et prestations restent à estimer. Les emplois et revenus reviennent directement au revenu disponible ; un second retour passe par les recettes et prestations. Un canal distinct, conditionnel, relie dette et crédibilité, financement et investissement. Les flèches indiquent des relations qualitatives.Du revenu aux recettes publiquesRelations qualitatives à estimerRevenudisponibleArbitrage duménageConsommationÉpargne /désépargneProductionintérieureImportationsEmplois etrevenusRecettes etprestationsEffet simuléCanal conditionnelDette etcrédibilitéFinancementInvestissementSources :S01S09S12S13S14
Du revenu aux recettes publiquesSchéma qualitatif. La microsimulation estime le premier effet sur le revenu disponible. Les réactions de consommation et d’épargne, la répartition entre production intérieure et importations, l’emploi, les revenus et le retour vers recettes et prestations restent à estimer. Les emplois et revenus reviennent directement au revenu disponible ; un second retour passe par les recettes et prestations. Un canal distinct, conditionnel, relie dette et crédibilité, financement et investissement. Les flèches indiquent des relations qualitatives.Du revenu aux recettespubliquesRevenu simulé ; retours à estimerRevenu disponibleArbitrage du ménageConsommationÉpargne /désépargneProductionintérieureImportationsEmplois et revenusRecettes et prestationsCanal conditionnel du financementDette etcrédibilitéFinancerInvestirSources :S01S09S12S13S14

04 / Du revenu aux recettes publiques. Ines établit une incidence directe ; la suite demande des hypothèses de comportement et un bouclage macroéconomique. Le financement peut amortir ou modifier la trajectoire ; son incidence sur les taux reste à estimer. Les effets supplémentaires s’apprécient par rapport à ceux déjà intégrés à la prévision officielle. 1, 9, 12, 13, 14

Le circuit revient alors vers les comptes publics. Des bases fiscales moins dynamiques peuvent réduire les recettes ; certaines dépenses, comme les prestations de chômage, peuvent augmenter. C’est une des fonctions des stabilisateurs automatiques décrits par la BCE. Leur existence explique pourquoi le rendement après réaction de l’économie peut être inférieur au rendement initial d’une mesure. L’ampleur de cet écart exige toutefois une estimation propre au scénario étudié, avec ses taux d’imposition, ses délais et ses autres réactions économiques. 13

Cette boucle soulève aussi un problème de méthode dans la critique d’un budget. Une prévision publique peut déjà intégrer une partie des conséquences des mesures sur la consommation, l’emploi et les recettes. Ajouter ensuite une perte macroéconomique calculée à part risquerait de compter deux fois les mêmes effets. La comparaison utile porte sur deux trajectoires cohérentes, avec et sans le panier étudié, sous les mêmes hypothèses extérieures. Il faut alors expliciter ce qui a été intégré à chacune et les réactions qui restent hors modèle. 9, 12, 13

À ce stade, la microsimulation OFCE s’arrête avant ces réactions. La documentation d’Ines décrit un modèle statique dans son usage standard, destiné à mesurer des effets monétaires immédiats ; comportements et bouclage macroéconomique demandent des travaux supplémentaires. Les 8,7 milliards renseignent ainsi la première incidence sur le revenu. Une perte de consommation, une perte de PIB et un manque à gagner fiscal correspondants restent des résultats à produire. 1, 9

Le coût du financement fait partie du risque

Le passage du taux de marché à la charge payée par l’État est détaillé dans notre analyse des prix obligataires et du refinancement souverain, avec un simulateur de sensibilité.

La contre-enquête doit suivre le circuit dans l’autre sens. Une trajectoire budgétaire jugée moins soutenable peut augmenter la rémunération exigée par les prêteurs. À mesure que la dette est refinancée, une plus grande part des ressources publiques sert alors aux intérêts. Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) rapporte une sensibilité calculée par le gouvernement : une hausse permanente de 100 points de base, soit un point de pourcentage, sur l’ensemble des maturités à compter du 1er janvier 2027 ajouterait 3,4 milliards d’euros de charge la première année et 8,1 milliards la deuxième. Il s’agit de surcoûts annuels, sous cette hypothèse de taux. 15

La hausse des taux se transmet progressivementSensibilité gouvernementale citée par le HCFP : un choc permanent de plus 100 points de base sur toutes les maturités au 1er janvier 2027 accroîtrait la charge d’intérêts annuelle de 3,4 milliards d’euros en 2027 et de 8,1 milliards en 2028. Barres à échelle commune, montants annuels non cumulés. La transmission se fait avec les nouveaux emprunts et le refinancement. Cette sensibilité décrit un choc de taux hypothétique ; l’effet des mesures budgétaires sur les taux reste à estimer.La hausse des taux se transmet progressivementSensibilité gouvernementale citée par le HCFP+100 points de basePermanent · toutes maturités · 01.01.2027Surcoût annuel · Md€02468102027 · Surcoût annuel : +3,4 Md€+3,420272028 · Surcoût annuel : +8,1 Md€+8,12028Transmission au fil des émissions et du refinancementNouveaux empruntsDette refinancéeTaux moyenserviCharged’intérêtsSources :S15
La hausse des taux se diffuseSensibilité gouvernementale citée par le HCFP : un choc permanent de plus 100 points de base sur toutes les maturités au 1er janvier 2027 accroîtrait la charge d’intérêts annuelle de 3,4 milliards d’euros en 2027 et de 8,1 milliards en 2028. Barres à échelle commune, montants annuels non cumulés. La transmission se fait avec les nouveaux emprunts et le refinancement. Cette sensibilité décrit un choc de taux hypothétique ; l’effet des mesures budgétaires sur les taux reste à estimer.La hausse des taux sediffuseSensibilité citée par le HCFP+100 points de basePermanent · toutes maturités ·01.01.2027Surcoût annuel · Md€02468102027 · Surcoût annuel : +3,4 Md€+3,420272028 · Surcoût annuel : +8,1 Md€+8,12028Émissions et refinancementNouveauxempruntsDetterefinancéeTaux moyenserviCoût d’intérêtsSources :S15

05 / La hausse des taux se transmet progressivement. Le refinancement progressif de la dette étale la transmission : le surcoût annuel augmente à mesure que les conditions nouvelles s’appliquent aux émissions et refinancements. L’effet des mesures budgétaires sur les taux reste à estimer. 15

Cette sensibilité montre pourquoi le financement doit entrer dans l’analyse. Attribuer un gain de taux précis à un gel de prestation ou à une modification d’abattement fiscal demanderait une estimation spécifique. Entre le choix d’une mesure et la rémunération de la dette se trouvent une trajectoire d’ensemble, sa crédibilité, l’évolution des prix, la politique monétaire et les conditions de marché. La transmission a son calendrier, comme celle du revenu vers la consommation. 14, 15

Un travail du Fonds monétaire international (FMI) publié en juin 2026 traite explicitement cet arbitrage dans un modèle représentant une économie fortement endettée, calibrée sur la Belgique, la France et l’Italie. Le résultat dépend de la trajectoire sans ajustement et de la réaction du financement. Surtout, le scénario privilégiant les dépenses renforce l’aide ciblée aux ménages vulnérables tout en réduisant d’autres transferts. Sa composition donne une raison supplémentaire d’examiner qui supporte l’effort. L’exercice fournit un contrepoint théorique, avec des hypothèses propres, plutôt qu’une prévision du projet français. 14

Le HCFP situe cette tension dans la copie soumise pour 2027 : il juge optimiste la croissance gouvernementale de 1 %, qui suppose un raffermissement de la demande privée malgré un ajustement budgétaire plus marqué. La crédibilité de l’effort et celle du scénario d’activité doivent donc être examinées ensemble. Une économie annoncée paraît plus solide lorsqu’on peut expliquer à la fois son exécution, sa répartition et les comportements sur lesquels repose son rendement. 15

Reconstruire l’évaluation après les votes

La prochaine étape utile serait de reconstruire le panier effectivement retenu à l’issue de la discussion, avec les décrets et paramètres nécessaires à son application. Les mesures supprimées, les revalorisations rétablies et les modalités finales de l’allocation de rentrée scolaire changeraient le calcul de départ. Il faudrait ensuite rendre lisible le passage entre revenu disponible des ménages, dépenses et recettes des différents organismes publics, avant de raccorder ces résultats à une trajectoire de consommation et d’activité. 1, 2, 3, 4, 6, 9

Cette évaluation devrait documenter les liquidités des ménages touchés, la durée qu’ils attribuent au manque à gagner et les dépenses qu’ils ajustent. Elle pourrait alors comparer plusieurs répartitions d’un même effort, en suivant leurs effets sur les ménages, l’activité, le financement et le solde public. Les modèles étudiés montrent pourquoi ces dimensions peuvent interagir ; leur application au panier de 2027 demeure un travail distinct. 9, 12, 14

La répartition de l’effort doit entrer dans l’évaluation économique du budget. Elle détermine les ressources disponibles là où se prennent les décisions de dépense et d’épargne. Les données de l’OFCE rendent cette première répartition visible ; les votes parlementaires en ont déjà déplacé certaines composantes. Pour juger l’économie finalement obtenue, il faudra suivre ce mouvement jusqu’aux réactions des ménages et au coût du financement, en conservant le même scénario de référence à chaque étape. 1, 5, 6, 12, 14

Méthode et lecture des chiffres

Les graphiques reprennent les valeurs arrondies présentes dans les infobulles de la page OFCE, extraites le 20 octobre 2026. La publication présente quelques écarts internes : notamment 500 euros dans l’infobulle du dernier vingtile contre 510 dans l’annotation fixe, et 0,83 % pour le premier contre 0,84 % dans le texte. Nous conservons la série extraite, sans correction silencieuse. Les données individuelles, pondérations et programmes propres à cette simulation n’étant pas fournis avec le billet, l’extraction reproduit les résultats affichés et permet leurs contrôles arithmétiques ; elle ne reproduit pas la microsimulation elle-même. 1

L’étude mobilise Ines à partir de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux 2022 et d’une base législative 2024. L’actualisation des revenus et des pondérations fait partie des méthodes générales d’Ines ; la date d’enquête doit donc être lue avec le protocole de simulation. Le champ usuel porte sur les ménages ordinaires de France métropolitaine. Les références ci-dessous précisent les passages utilisés et leur portée. Aucun entretien ni échange avec les auteurs ou les administrations n’a été réalisé. 1, 9, 18

L’illustration d’ouverture est une création conceptuelle générée avec une IA.

Sources et pièces consultées

  1. S01 · Pierre Madec · OFCE · 2026-10-16 · Consulté le 20 octobre 2026.Budget 2027 : un effort inégalement réparti entre les ménagesEnsemble du billet, tableau 1, graphiques 1–3, encadré méthodologique et notes. Microsimulation statique du panier initial, hors indemnités journalières dans les graphiques. Données affichées arrondies, écarts internes explicités dans la section Méthode. Graphiques redessinés par l0g à partir des séries publiées, sous licence CC BY 4.0.
  2. S02 · Assemblée nationale · 2026-10-01 · Consulté le 20 octobre 2026.Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210 : texte initialArticles 2, 3 et 74, avec exposés des motifs. Version déposée. L’article 74 concerne prime d’activité et paramètres de dépenses des aides au logement, avec possibilité de rétablissement par décret. La base des prestations familiales relève d’une annonce distincte.
  3. S03 · Assemblée nationale · 2026-10-01 · Consulté le 20 octobre 2026.Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211Article 35 et son exposé ; annexe de trajectoire. Pensions de base : revalorisation complète jusqu’à 1 260 euros mensuels de pension totale, lissage jusqu’à 1 281 euros et possibilités de décrets au-delà. Projet initial, distinct d’une loi définitive.
  4. S04 · Gouvernement · Sécurité sociale · 2026-10-01 · Consulté le 20 octobre 2026.Budget 2027 : dossier de presse gouvernementalSection PLFSS p. 22 imprimée (page 144 du PDF), prestations familiales et allocation de rentrée scolaire ; page 30 du PDF, rémunérations publiques. Annonce de neutralisation de la revalorisation des prestations familiales par ajustement de base ; paramètres de l’ARS soumis à concertation. La baisse uniforme de 30 % est une hypothèse OFCE.
  5. S05 · Assemblée nationale · 2026-10-15 · Consulté le 20 octobre 2026.Scrutin public n° 8738, suppression de l’article 3Première séance du jeudi 15 octobre, objet du scrutin et adoption des amendements de suppression. Établit la suppression en séance du sous-plafond de l’abattement des pensions. La discussion législative se poursuit.
  6. S06 · Assemblée nationale · Direction de la séance · 2026-10-20 · Consulté le 20 octobre 2026.Montage provisoire du PLF 2027 au 20 octobreCouverture : état après la seconde séance du 19 octobre. Article 2, pp. 2–7 ; article 3 supprimé, p. 8. Document explicitement provisoire. Le fichier peut être remplacé à la même URL ; la copie datée et son empreinte fixent la pièce consultée. Aucune clôture de tous les votes du 20 octobre n’est revendiquée.
  7. S07 · Assemblée nationale · Estelle Mercier et cosignataires · 2026-10-14, adoption ; dépôt le 8 octobre · Consulté le 20 octobre 2026.Amendement I-502 à l’article 2 du PLF 2027Statut adopté le 14 octobre ; dispositif et exposé. Compte rendu de la deuxième séance du 14 octobre pour le vote avec les identiques. Suppression du durcissement de l’impôt et de la CSG des indemnités journalières concernées. Déposé le 8 octobre, adopté le 14.
  8. S08 · Insee · 2021-10-18 · Consulté le 20 octobre 2026.Définition : niveau de vieDéfinition et échelle d’équivalence. Revenu disponible du ménage divisé par les unités de consommation. Sert à distinguer revenu total, niveau de vie et composition du ménage.
  9. S09 · Insee · Drees · Cnaf · Date non indiquée · Consulté le 20 octobre 2026.Documentation du modèle InesPrésentation, champ et nature statique du modèle. Effets monétaires immédiats dans l’usage standard, sans comportements ni bouclage macroéconomique. Des travaux et modules additionnels peuvent traiter d’autres questions.
  10. S10 · Alice Carroy, Camille Thubin · Banque de France · 2025-03-21 · Consulté le 20 octobre 2026.Dans quelle mesure les revenus financiers ont-ils soutenu le taux d’épargne en France ?Billet 397, composition du revenu et épargne en 2023–2024. Composition du revenu et taux d’épargne en 2023–2024 ; portée distincte des réactions au panier de mesures pour 2027.
  11. S11 · BCE · Economic Bulletin 4/2025 · 2025 · Consulté le 20 octobre 2026.The transmission of monetary policy: from mortgage rates to consumptionSection 4 et note 10, réponse de consommation et construction des MPC. Dispositif sur le canal du crédit immobilier et chocs transitoires. Aucun coefficient transposé au panier français.
  12. S12 · DG Trésor · OFCE · 2026-07-09 · Consulté le 20 octobre 2026.Comparaison des propriétés des modèles macroéconomiques français ThreeME et MésangeSections 1.1.1 et 1.4.7, puis 2.2–2.3 : hypothèse de taux réel constant, finances publiques et variantes de dépenses et de TVA. Variantes théoriques par instrument et horizon, distinctes d’une simulation du PLF 2027. Elles ne chiffrent pas le canal de crédibilité souveraine. PDF joint à la page consulté.
  13. S13 · BCE · Economic Bulletin 6/2020 · 2020 · Consulté le 20 octobre 2026.Automatic fiscal stabilisers in the euro area and the COVID-19 crisisSections 2–4 : bases fiscales, cotisations, chômage et stabilisation. Utilisé pour les mécanismes généraux. Les simulations du contexte 2020 ne sont pas appliquées au budget 2027.
  14. S14 · Hong, Mohiuddin, Ouedraogo, Smirnov, Vaziri · FMI WP/26/121 · 2026-06 · Consulté le 20 octobre 2026.HANK-Based Fiscal Consolidation for a High-Debt Advanced Euro Area EconomyIntroduction, note 1 p. 6 imprimée, calibration et scénarios de consolidation. Économie représentative Belgique–France–Italie. Le scénario par les dépenses renforce l’aide ciblée. Conclusions conditionnelles à la trajectoire de dette et à la prime souveraine ; document de recherche des auteurs.
  15. S15 · Haut Conseil des finances publiques · 2026-09-25 · Consulté le 20 octobre 2026.Avis n° HCFP-2026-5 relatif aux PLF et PLFSS pour 2027§44 p. 14, prévision de croissance ; §115 p. 38 et §116 p. 39, intérêts et sensibilité aux taux ; graphique 20. Avis publié le 1er octobre. Choc gouvernemental permanent +100 pb toutes maturités au 1er janvier 2027 : +3,4 Md€ en 2027, +8,1 Md€ en 2028, surcoûts annuels. Aucun gain de taux attribué aux mesures étudiées.
  16. S16 · Albacete, Fessler, Pekanov · OeNB Working Paper 254 · 2024 · Consulté le 20 octobre 2026.The Role of MPC Heterogeneity for Fiscal and Monetary Policy in the Euro AreaMéthode HFCS, tableau 2 et annexe A4.6 France. Réponses déclarées à un gain de loterie hypothétique. Les différences internationales et de spécification empêchent d’en tirer une MPC uniforme des retraités français. Aucun coefficient réutilisé.
  17. S17 · Alexandre Bourgeois, Antonin Briand · Insee Première 1756 · 2019-06-05 · Consulté le 20 octobre 2026.Le « made in France » : 81 % de la consommation totale des ménages, mais 36 % seulement de celle des biens manufacturésDonnées 2015 ; contenu importé par produit et périmètres de consommation. Photographie historique, employée pour expliquer les différences de contenu. Aucun taux agrégé n’est appliqué aux dépenses marginales de 2027.
  18. S18 · Insee · Drees · Cnaf · 2025-02-03 · Consulté le 20 octobre 2026.Présentation du modèle InesSources statistiques, actualisation, prestations et prélèvements simulés. Documente la méthode générale. La disponibilité du code générique ne suffit pas à reproduire l’exercice spécifique de l’OFCE sans ses données et paramètres.

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N° 12 · 18 oct.
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